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Économie · Notions fondamentales

Croissance économique

La croissance économique est l’augmentation durable de la production de biens et de services d’une économie. Elle se mesure par la variation du PIB en volume, c’est-à-dire corrigée de l’inflation.

Mis à jour le 4 min de lecture

Quand l’Insee annonce que l’économie française a progressé de 0,8 % en 2025, il parle de croissance économique : le PIB réel de 2025 est supérieur de 0,8 % à celui de 2024. La croissance conditionne l’emploi, les revenus, les recettes publiques et la capacité à financer la dette. Mais elle soulève aussi des questions sur sa soutenabilité écologique et sur sa répartition.

Comment mesure-t-on la croissance ?

Taux de croissance = (PIB réel de l’année N − PIB réel de l’année N−1) ÷ PIB réel de l’année N−1 × 100

On utilise le PIB réel (en volume) pour ne pas confondre production supplémentaire et hausse des prix. Pour apprécier l’évolution du niveau de vie, on suit le PIB par habitant : une croissance de 1 % avec une population qui augmente de 1 % ne change pas la production par personne.

Quelques ordres de grandeur

Période ou paysCroissance annuelle moyenneRemarque
France, Trente Glorieuses (1945-1975)environ 5 %Reconstruction, rattrapage, exode rural
France, 2025+0,8 %Insee, mai 2026
Chine, années 1980-2000environ 10 %Rattrapage rapide

Une règle utile : à 2 % de croissance par an, le PIB double en 35 ans environ (règle de 70, cousine de la règle de 72).

D’où vient la croissance ?

On peut produire plus de deux façons : en utilisant plus de facteurs de production, ou en les utilisant mieux.

Les facteurs de production

  • Le travail : nombre d’actifs, durée du travail. La croissance démographique et l’entrée des femmes sur le marché du travail ont fortement augmenté la quantité de travail au XXe siècle.
  • Le capital : machines, bâtiments, infrastructures, logiciels. L’investissement accroît le stock de capital.

La productivité globale des facteurs

En 1957, Robert Solow (prix Nobel 1987) montre qu’une grande partie de la croissance américaine ne s’explique pas par l’augmentation du travail et du capital, mais par un « résidu » : le progrès technique. On l’appelle productivité globale des facteurs. Il recouvre les innovations, l’organisation du travail, la qualité de la main-d’œuvre.

Les théories de la croissance endogène

À partir des années 1980, Paul Romer (prix Nobel 2018) et Robert Lucas expliquent le progrès technique lui-même : il résulte d’investissements dans la recherche, l'éducation (capital humain) et les infrastructures, qui produisent des effets positifs pour toute l’économie. L’État a donc un rôle à jouer. Joseph Schumpeter avait déjà placé l’innovation et l’entrepreneur au cœur de la dynamique du capitalisme, avec la notion de destruction créatrice ; Philippe Aghion et Peter Howitt l’ont formalisée (Aghion et Howitt ont reçu le prix Nobel 2025 avec Joel Mokyr).

Les institutions

Droits de propriété, stabilité politique, État de droit, lutte contre la corruption : selon les travaux de Daron Acemoglu, Simon Johnson et James Robinson (prix Nobel 2024), la qualité des institutions explique une large part des écarts de richesse entre pays.

Croissance effective et croissance potentielle

La croissance potentielle est celle que l’économie peut atteindre durablement sans provoquer d’inflation, compte tenu de ses ressources. La croissance effective fluctue autour : quand elle est inférieure au potentiel, il y a sous-emploi des capacités ; quand elle est supérieure, l’économie surchauffe. L’écart entre les deux est l'écart de production (output gap). La succession de phases d’expansion et de récession forme le cycle économique.

Les effets de la croissance

Effets positifsLimites et effets négatifs
Hausse du niveau de vie moyenInégalités possibles dans la répartition des gains
Créations d’emplois (voir chômage)Épuisement des ressources naturelles
Recettes fiscales plus élevéesÉmissions de gaz à effet de serre, pollution
Allègement du poids de la dette publiqueLe PIB ne mesure pas le bien-être

Les débats sur la croissance

  • Les limites physiques : en 1972, le rapport au Club de Rome Les Limites à la croissance (dit rapport Meadows) alerte sur l’impossibilité d’une croissance matérielle infinie dans un monde fini.
  • La croissance verte : selon ses partisans, le progrès technique et les énergies renouvelables peuvent permettre de découpler croissance et émissions. Un découplage relatif est observé dans plusieurs pays développés ; l’ampleur du découplage absolu nécessaire reste débattue.
  • La décroissance et la post-croissance : ces courants proposent de réduire la production matérielle dans les pays riches et de viser d’autres indicateurs de prospérité. Voir développement durable.
  • La stagnation séculaire : hypothèse, relancée par Lawrence Summers en 2013, d’un ralentissement durable de la croissance dans les pays avancés.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une croissance négative ?

Une baisse du PIB réel. Si elle dure, on parle de récession.

Quelle différence entre croissance et développement ?

La croissance est quantitative (plus de production). Le développement est qualitatif : santé, éducation, réduction de la pauvreté. On peut avoir de la croissance sans développement, si les gains sont captés par une minorité.

Qu’est-ce que l’acquis de croissance ?

La croissance annuelle qui serait obtenue si le PIB restait, jusqu’à la fin de l’année, au niveau du dernier trimestre connu. L’Insee l’utilise dans ses notes de conjoncture.

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