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Économie · Notions fondamentales

Offre et demande

Sur un marché, le prix s’ajuste jusqu’à égaliser la quantité que les vendeurs veulent vendre (l’offre) et celle que les acheteurs veulent acheter (la demande) : c’est le prix d’équilibre.

Mis à jour le 5 min de lecture

La loi de l’offre et de la demande est le modèle de base de la microéconomie. Elle explique pourquoi le prix des fraises baisse en juin, pourquoi les billets d’avion coûtent plus cher pendant les vacances ou pourquoi les loyers montent dans les villes attractives. Le principe : quand un bien est recherché et rare, son prix monte ; quand il est abondant et peu demandé, son prix baisse.

La demande : plus c’est cher, moins on achète

En règle générale, la quantité demandée diminue quand le prix augmente. Deux raisons :

  • l’effet de substitution : quand un bien devient plus cher, on se reporte sur des biens concurrents (le train plutôt que l’avion) ;
  • l’effet revenu : à revenu égal, un prix plus élevé réduit ce que l’on peut acheter (le pouvoir d’achat).

Sur un graphique avec le prix en ordonnée et la quantité en abscisse, la courbe de demande est décroissante.

Ce qui déplace la demande

Si un autre facteur que le prix change, c’est toute la courbe qui se déplace :

  • le revenu des acheteurs ;
  • le prix des biens substituables (beurre et margarine) ou complémentaires (voiture et carburant) ;
  • les goûts, la mode, l’information (une étude sur les bienfaits d’un aliment) ;
  • le nombre d’acheteurs (croissance démographique, arrivée de touristes) ;
  • les anticipations (on achète avant une hausse de prix annoncée).

L’offre : plus c’est cher, plus on produit

À l’inverse, la quantité offerte augmente avec le prix : un prix plus élevé rend la production plus rentable, attire de nouveaux producteurs et justifie d’utiliser des moyens plus coûteux. La courbe d’offre est croissante.

Ce qui déplace l’offre

  • le coût des facteurs de production (salaires, énergie, matières premières) ;
  • la technologie (une innovation baisse les coûts et augmente l’offre) ;
  • les conditions naturelles (une sécheresse réduit l’offre de blé) ;
  • les impôts et subventions ;
  • le nombre de producteurs.

L’équilibre du marché

Les deux courbes se croisent en un point : le prix d’équilibre et la quantité d’équilibre.

  • Si le prix est au-dessus de l’équilibre, l’offre dépasse la demande : il y a un excédent (des invendus). Les vendeurs baissent leurs prix.
  • Si le prix est en dessous, la demande dépasse l’offre : il y a une pénurie (files d’attente, ruptures de stock). Les prix montent.

Le marché tend ainsi vers l’équilibre sans qu’aucune autorité ne fixe le prix. C’est l’intuition de la « main invisible » d'Adam Smith, formalisée par Alfred Marshall dans ses Principes d’économie (1890) : il comparait l’offre et la demande aux deux lames d’un ciseau, aucune ne coupant seule.

Exemples de déplacements

ÉvénementEffetPrixQuantité
Mauvaise récolte de caféOffre en baisseHausseBaisse
Une nouvelle usine ouvreOffre en hausseBaisseHausse
Hausse des revenusDemande en hausse (bien normal)HausseHausse
Un produit passe de modeDemande en baisseBaisseBaisse
Vague de chaleurDemande de climatiseurs en hausseHausseHausse

Les chocs d’offre sur l’énergie (1973, 1979, 2022) ont ainsi fait flamber les prix et alimenté l'inflation.

L’élasticité : à quel point la demande réagit-elle ?

L'élasticité-prix mesure la variation en pourcentage de la quantité demandée quand le prix varie de 1 %.

  • Demande élastique (élasticité supérieure à 1 en valeur absolue) : les acheteurs réagissent fortement. C’est le cas des biens qui ont des substituts (une marque de soda).
  • Demande inélastique (inférieure à 1) : la quantité varie peu. C’est le cas des biens essentiels sans substitut immédiat : carburant à court terme, médicaments, tabac pour les fumeurs.

Cela explique pourquoi les taxes sur le tabac ou le carburant rapportent beaucoup : la consommation baisse peu quand le prix monte. On calcule aussi une élasticité-revenu : elle distingue les biens normaux (la demande augmente avec le revenu), les biens de luxe (elle augmente plus que proportionnellement) et les biens inférieurs (elle baisse quand le revenu augmente). Pour les calculs, voir calcul de pourcentage.

Quand l’État intervient sur les prix

  • Prix plafond (prix maximum, par exemple un encadrement des loyers) : s’il est fixé sous l’équilibre, il peut créer une pénurie.
  • Prix plancher (prix minimum, par exemple un salaire minimum ou un prix agricole garanti) : s’il est fixé au-dessus de l’équilibre, il peut créer un excédent. L’ampleur réelle de ces effets fait l’objet de nombreux travaux empiriques et de débats.
  • Taxes : elles augmentent le prix payé et réduisent la quantité échangée ; leur charge est partagée entre acheteurs et vendeurs selon les élasticités.

Les limites du modèle

Le modèle suppose une concurrence parfaite : beaucoup d’acheteurs et de vendeurs, des produits identiques, une information complète, une libre entrée sur le marché. La réalité s’en écarte souvent :

  • monopoles et oligopoles : quelques entreprises peuvent influencer les prix ;
  • asymétrie d’information : le vendeur d’une voiture d’occasion en sait plus que l’acheteur (George Akerlof, 1970) ;
  • externalités : la pollution n’est pas intégrée dans le prix du bien qui la cause ;
  • biens publics : l’éclairage public ou la défense ne peuvent pas être vendus à l’unité ;
  • comportements non rationnels : effets de mode, panique, spéculation.

Ces « défaillances de marché » justifient, selon les courants, une intervention plus ou moins forte de l’État.

Questions fréquentes

Qui a formulé la loi de l’offre et de la demande ?

L’idée est ancienne (on la trouve chez Smith ou Cournot), mais la représentation graphique moderne est due à Alfred Marshall en 1890.

Existe-t-il des biens dont la demande augmente avec le prix ?

Oui, rarement. Les biens de Veblen (produits de luxe recherchés parce qu’ils sont chers) et les biens de Giffen (biens de base dans des ménages très pauvres) sont les exceptions classiques.

Pourquoi les prix montent-ils pendant les vacances ?

La demande de transport et d’hébergement augmente fortement alors que l’offre (nombre de sièges, de chambres) est fixe à court terme : le prix d’équilibre monte.

L’offre et la demande s’appliquent-elles au travail ?

Oui : sur le marché du travail, les entreprises demandent du travail et les actifs l’offrent ; le salaire joue le rôle de prix. Le modèle est toutefois discuté, car le salaire influence aussi la demande globale. Voir chômage.

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