Littérature · Genres et analyse
La comédie
La comédie est une pièce de théâtre qui met en scène des personnages ordinaires pour faire rire et critiquer les mœurs. Elle se termine en général bien, par un mariage ou une réconciliation.
Mis à jour le 4 min de lecture
La comédie est, avec la tragédie, l’un des deux grands genres du théâtre classique. Elle peint les travers des hommes et de la société pour les rendre ridicules. Selon une formule latine souvent associée à Molière, elle « corrige les mœurs par le rire » (castigat ridendo mores). Le genre est très varié : de la farce la plus simple à la comédie de caractère la plus profonde.
Les origines
La comédie naît à Athènes au Ve siècle av. J.-C., lors des fêtes de Dionysos. Aristophane (Les Nuées, Lysistrata, Les Grenouilles) pratique une comédie satirique qui se moque des hommes politiques et des philosophes, dont Socrate. À Rome, Plaute et Térence imitent la comédie grecque nouvelle de Ménandre : intrigues amoureuses, pères avares, valets rusés. Molière s’en inspirera (L’Avare vient de Plaute, Les Fourberies de Scapin de Térence).
Au XVIe siècle, la commedia dell’arte italienne, jouée par des troupes professionnelles, repose sur l’improvisation et des personnages types masqués (Arlequin, Pantalon, Colombine, le Docteur). Elle influence profondément le théâtre français.
Les types de comédie
| Type | Caractéristiques | Exemples |
|---|---|---|
| Farce | Courte, comique grossier : coups, ruses, gestes | La Farce de maître Pathelin (XVe siècle) ; Molière, Le Médecin malgré lui |
| Comédie d’intrigue | Rebondissements, quiproquos, ruses | Molière, Les Fourberies de Scapin ; Beaumarchais, Le Mariage de Figaro |
| Comédie de caractère | Peinture d’un personnage dominé par un vice | Molière, L’Avare, Le Misanthrope, Tartuffe |
| Comédie de mœurs | Satire d’un milieu ou d’une époque | Molière, Les Précieuses ridicules ; Lesage, Turcaret |
| Comédie-ballet | Comédie mêlée de musique et de danse | Molière, Le Bourgeois gentilhomme, Le Malade imaginaire |
| Comédie sentimentale | Analyse délicate du sentiment amoureux | Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard (1730) |
| Comédie larmoyante | Mêle le rire et l’attendrissement | Nivelle de La Chaussée (XVIIIe siècle) |
| Vaudeville | Intrigue rapide, quiproquos, adultères bourgeois | Labiche, Un chapeau de paille d’Italie ; Feydeau, Le Dindon |
Les formes du comique
| Forme | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Comique de gestes | Coups, chutes, grimaces, mimiques | Les coups de bâton dans le sac de Scapin |
| Comique de mots | Jeux de mots, répétitions, jargon, déformations | « Sans dot ! » dans L’Avare ; le latin des médecins |
| Comique de situation | Quiproquos, malentendus, personnages cachés | Orgon caché sous la table dans Tartuffe |
| Comique de caractère | Défaut d’un personnage poussé à l’extrême | L’avarice d’Harpagon, l’hypocondrie d’Argan |
| Comique de mœurs | Satire des usages d’un milieu | Les précieuses, les médecins, les marquis |
| Comique de répétition | Retour d’une réplique ou d’une situation | « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » |
Pour le vocabulaire du théâtre (quiproquo, aparté, didascalie), voir le vocabulaire du théâtre.
La comédie classique
Au XVIIe siècle, Molière élève la comédie au rang de grand genre. La « grande comédie » classique adopte les règles de la tragédie : cinq actes, alexandrins, trois unités. Ses personnages sont des bourgeois, ses sujets la vie familiale et sociale : mariages forcés, pères tyranniques, hypocrites, pédants. Le dénouement est heureux, souvent grâce à une reconnaissance ou à l’intervention du roi. Voir Molière.
Le rire selon Bergson
Dans Le Rire (1900), le philosophe Henri Bergson explique que le comique naît « du mécanique plaqué sur du vivant » : un être humain qui se comporte comme une machine, répète les mêmes gestes, s’obstine dans une idée fixe. C’est le cas des personnages de Molière, prisonniers de leur manie. Bergson souligne aussi que le rire suppose une certaine insensibilité et a une fonction sociale : il punit la raideur.
Comédie et tragédie
| Comédie | Tragédie | |
|---|---|---|
| Personnages | Bourgeois, valets, gens ordinaires | Rois, princes, héros |
| Sujets | Vie privée, argent, mariage | Pouvoir, honneur, passion, destin |
| Dénouement | Heureux (mariage, réconciliation) | Malheureux (mort, exil) |
| Langue | Familière ou soutenue, prose ou vers | Soutenue, alexandrins |
| But | Faire rire et corriger les mœurs | Susciter terreur et pitié |
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une farce et une comédie ?
La farce est une forme courte et populaire, fondée sur le comique de gestes et de situation. La comédie, plus élaborée, peint des caractères et des mœurs et peut faire réfléchir.
Qu’est-ce qu’une comédie de caractère ?
Une comédie centrée sur un personnage dominé par un défaut (avarice, hypocrisie, misanthropie), comme L’Avare ou Tartuffe de Molière.
Quelles sont les formes du comique ?
Le comique de gestes, de mots, de situation, de caractère, de mœurs et de répétition.
Une comédie doit-elle faire rire ?
Pas nécessairement aux éclats. Le Misanthrope fait plutôt sourire et réfléchir. Ce qui définit la comédie est surtout son cadre ordinaire et son dénouement heureux.