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Géographie · Le monde

La transition démographique

La transition démographique est le passage d’un régime où natalité et mortalité sont élevées à un régime où elles sont faibles. Entre les deux, la mortalité baisse avant la natalité et la population augmente fortement.

Mis à jour le 3 min de lecture

La transition démographique est un modèle qui décrit l’évolution de la population d’un pays au fil de son développement. Formulé au milieu du XXe siècle par des démographes (dont l’Américain Frank Notestein et le Français Adolphe Landry), il est au programme de géographie de seconde (thème « territoires, populations et développement : quels défis ? ») et de SES. Il permet de comprendre pourquoi la population mondiale a explosé au XXe siècle et pourquoi sa croissance ralentit aujourd’hui.

Les indicateurs à connaître

IndicateurDéfinitionFormule
Taux de nataliténombre de naissances pour 1 000 habitants en un annaissances ÷ population × 1 000
Taux de mortaliténombre de décès pour 1 000 habitants en un andécès ÷ population × 1 000
Accroissement natureldifférence entre naissances et décèsnaissances − décès
Taux d’accroissement naturelnatalité − mortalité, souvent exprimé en %(TN − TM) ÷ 10
Indice de féconditénombre moyen d’enfants par femme—

Le seuil de renouvellement des générations est d’environ 2,1 enfants par femme dans les pays où la mortalité est faible : en dessous, chaque génération est moins nombreuse que la précédente (hors migrations).

Les quatre phases de la transition

PhaseNatalitéMortalitéCroissanceSituation
1. Régime traditionneltrès élevée (35-45 ‰)très élevée et irrégulièrefaible ou nulleEurope avant le XVIIIe siècle
2. Début de transitionreste élevéebaisse rapidetrès forte (« explosion démographique »)Europe au XIXe siècle, pays du Sud après 1950
3. Fin de transitionbaisse à son tourcontinue de baisser lentementforte puis ralentieInde, Maghreb dans les années 1990-2010
4. Régime modernefaible (10-12 ‰)faiblefaible, nulle ou négativeEurope, Japon, Chine aujourd’hui

Sur un graphique, on trace deux courbes (natalité et mortalité) : l'écart entre elles représente l’accroissement naturel. Il est maximal au milieu de la transition.

Pourquoi la mortalité baisse-t-elle d’abord ?

  • progrès de l'alimentation (fin des grandes famines) ;
  • progrès de l'hygiène (eau potable, égouts) ;
  • progrès de la médecine (vaccination, antibiotiques) ;
  • recul de la mortalité infantile.

Ces progrès s’appliquent rapidement, alors que les comportements familiaux changent plus lentement.

Pourquoi la natalité baisse-t-elle ensuite ?

  • Scolarisation des filles et travail des femmes ;
  • urbanisation : en ville, les enfants coûtent plus cher et ne travaillent plus aux champs (voir urbanisation) ;
  • baisse de la mortalité infantile : il n’est plus nécessaire d’avoir beaucoup d’enfants pour que certains survivent ;
  • diffusion de la contraception ;
  • parfois, des politiques démographiques volontaristes (Chine, Iran, Inde).

Où en sont les pays du monde ?

SituationExemplesIndice de fécondité (ordre de grandeur, années 2020)
Encore en phase 2-3Niger, Tchad, Mali, RD Congo5 à 6 enfants par femme
Fin de transitionInde, Égypte, Mexique2 à 3
Transition achevéeFrance, États-Unis1,6 environ
Fécondité très basseJapon, Italie, Chine, Corée du Sud1 à 1,3 ; moins de 1 en Corée du Sud

L'Afrique subsaharienne est la dernière grande région en pleine transition : elle concentrera une grande partie de la croissance démographique mondiale d’ici 2100.

Après la transition : une « cinquième phase » ?

Dans plusieurs pays, la natalité tombe sous la mortalité : la population diminue naturellement. C’est le cas du Japon, de l’Italie, de l’Allemagne (compensé par l’immigration), de la Russie, de la Chine depuis 2022 ou de la Corée du Sud. Certains auteurs parlent de cinquième phase, marquée par le vieillissement de la population et un déclin démographique.

Exercice corrigé

Un pays de 20 millions d’habitants enregistre 700 000 naissances et 200 000 décès en un an.

  • Taux de natalité : 700 000 ÷ 20 000 000 × 1 000 = 35 ‰.
  • Taux de mortalité : 200 000 ÷ 20 000 000 × 1 000 = 10 ‰.
  • Taux d’accroissement naturel : 35 − 10 = 25 ‰, soit 2,5 % par an.
  • La mortalité est déjà basse et la natalité encore forte : le pays est en phase 2.

Questions fréquentes

La transition démographique est-elle valable pour tous les pays ?

C’est un modèle général observé partout, mais son rythme varie énormément : la France a mis environ deux siècles, la Corée du Sud ou l’Iran quelques décennies seulement.

Pourquoi la France est-elle un cas particulier ?

La natalité française a commencé à baisser dès la fin du XVIIIe siècle, presque en même temps que la mortalité. La France a donc connu une croissance démographique plus faible que ses voisins au XIXe siècle.

Qu’est-ce que le dividende démographique ?

Pendant la fin de la transition, la part des actifs dans la population est maximale par rapport aux enfants et aux personnes âgées. Si les emplois suivent, cela peut accélérer la croissance économique, comme en Asie de l’Est à partir des années 1970.

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