Géographie · Le monde
L’étalement urbain
L’étalement urbain est l’extension des surfaces urbanisées autour des villes, plus rapide que la croissance de leur population. Il consomme des terres agricoles et naturelles et allonge les déplacements.
Mis à jour le 3 min de lecture
L'étalement urbain (en anglais urban sprawl) désigne la croissance spatiale des villes vers leur périphérie, sous forme de lotissements, de zones d’activités, de centres commerciaux et d’infrastructures. On parle d’étalement lorsque la surface urbanisée augmente plus vite que la population : la ville devient moins dense.
Comment se manifeste l’étalement urbain ?
En partant du centre vers la périphérie, on observe généralement :
- Le centre-ville, ancien et dense.
- Les banlieues, urbanisées au XIXe et au XXe siècle, en continuité du centre.
- Le périurbain, où des lotissements pavillonnaires s’insèrent dans des villages et des espaces agricoles (voir périurbanisation).
- Le long des axes routiers : zones commerciales et logistiques, rocades, échangeurs.
Le paysage typique de l’étalement est celui des entrées de ville : grandes surfaces, parkings, panneaux publicitaires, ronds-points.
Les causes
- Le désir de maison individuelle avec jardin, fortement ancré dans de nombreux pays.
- Le prix du foncier, plus bas en périphérie qu’au centre.
- L’automobile, qui permet d’habiter loin de son travail ; la construction de routes et de rocades.
- Les stratégies des communes périphériques, qui ouvrent des terrains à la construction pour attirer des habitants.
- Le déplacement des activités : centres commerciaux, entrepôts, zones d’activités recherchent de grands terrains accessibles en voiture.
Les conséquences
| Domaine | Conséquences |
|---|---|
| Environnement | perte de terres agricoles et d’espaces naturels, fragmentation des habitats, perte de biodiversité, imperméabilisation des sols qui aggrave les inondations |
| Climat et énergie | dépendance à la voiture, hausse des émissions de gaz à effet de serre, empreinte carbone plus élevée |
| Économie | coût élevé des réseaux (routes, eau, assainissement) pour la collectivité, budget transport lourd pour les ménages |
| Société | allongement des trajets domicile-travail, isolement des personnes sans voiture, déclin de certains centres-villes |
L’étalement urbain dans le monde
- Amérique du Nord : modèle de la suburb pavillonnaire ; des villes comme Atlanta ou Houston s’étendent sur des milliers de km² avec des densités très faibles.
- Europe : étalement plus modéré, mais réel autour de la plupart des agglomérations depuis les années 1970.
- Pays du Sud : l’étalement prend souvent la forme de quartiers d’habitat informel en périphérie (voir bidonvilles) et, pour les classes aisées, de résidences fermées.
Le cas de la France
En France, environ 20 000 à 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été artificialisés chaque année au cours des années 2010, soit l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de terrains de football. La loi Climat et résilience de 2021 a fixé un objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) à l’horizon 2050, avec une étape intermédiaire : diviser par deux le rythme de consommation d’espaces sur 2021-2031 par rapport à la décennie précédente. Les modalités d’application de cet objectif ont depuis fait l’objet de débats et d’assouplissements.
Comment limiter l’étalement urbain ?
- Densifier les villes existantes : construire sur les friches industrielles, surélever, combler les « dents creuses ».
- Renouveler les centres : réhabiliter les logements vacants des centres-villes et des centres-bourgs.
- Développer les transports en commun (tramways, RER, bus à haut niveau de service) pour réduire la dépendance à la voiture.
- Planifier : documents d’urbanisme (en France, PLU et SCoT), ceintures vertes (comme la green belt de Londres, créée dans les années 1930-1940).
- Encourager les modèles de ville durable et d’écoquartiers.
Exercice corrigé
Une agglomération passe de 400 000 à 440 000 habitants (+ 10 %) pendant que sa surface urbanisée passe de 100 à 130 km² (+ 30 %).
- Densité initiale : 400 000 ÷ 100 = 4 000 hab./km².
- Densité finale : 440 000 ÷ 130 ≈ 3 385 hab./km².
- La surface croît trois fois plus vite que la population et la densité baisse : il y a bien étalement urbain.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre étalement urbain et périurbanisation ?
L’étalement urbain désigne l’extension physique de la ville. La périurbanisation désigne l’installation de citadins dans des communes rurales autour des villes, d’où ils continuent à travailler en ville. La périurbanisation est l’une des formes de l’étalement urbain.
L’étalement urbain est-il seulement négatif ?
Il répond à une demande réelle de logements plus grands et moins chers. Mais ses coûts environnementaux et collectifs sont élevés, ce qui explique les politiques actuelles de densification.
Qu’est-ce qu’une friche urbaine ?
Un terrain autrefois occupé (usine, gare, caserne) et aujourd’hui abandonné. Reconvertir les friches permet de construire sans consommer de nouvelles terres.