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Géographie · Le monde

L’accès à l’eau dans le monde

L’eau douce est inégalement répartie et inégalement accessible : selon l’ONU, environ 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité et 3,5 milliards à un assainissement sûr.

Mis à jour le 3 min de lecture

L’eau est une ressource indispensable à la vie, à l’agriculture, à l’industrie et à l’énergie. La planète en contient d’immenses quantités, mais l'eau douce accessible ne représente qu’une très petite part du total. Son accès est l’un des grands enjeux de développement, étudié au lycée avec les ressources et les inégalités (voir aussi le cycle de l’eau).

Une ressource abondante mais mal répartie

Eau sur TerrePart (environ)
Eau salée (océans, mers)97,5 %
Eau douce2,5 %
dont glaciers et calottes polairesprès de 70 % de l’eau douce
dont eaux souterrainesprès de 30 % de l’eau douce
dont lacs, rivières, atmosphèremoins de 1 % de l’eau douce

La répartition géographique est très inégale : quelques pays (Brésil, Russie, Canada, États-Unis, Chine, Indonésie…) concentrent une grande partie des ressources renouvelables, tandis que le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord ou l’Asie centrale en manquent.

Mesurer le manque d’eau

Mais le manque d’eau n’est pas seulement physique. On distingue :

  • la pénurie physique, quand la ressource manque (zones arides) ;
  • la pénurie économique, quand l’eau existe mais que les infrastructures (forages, canalisations, stations de traitement) font défaut. C’est le cas de nombreux pays d’Afrique subsaharienne.

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement

Selon l’OMS et l’UNICEF (programme commun de suivi, données du début des années 2020) :

  • environ 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité ;
  • environ 3,5 milliards n’ont pas accès à des toilettes et un assainissement sûrs ;
  • plusieurs centaines de millions de personnes pratiquent encore la défécation à l’air libre.

Les conséquences sont lourdes : maladies diarrhéiques, choléra, mortalité infantile. Dans les zones rurales, la corvée d’eau, qui peut prendre des heures par jour, revient le plus souvent aux femmes et aux filles, ce qui pèse sur leur scolarisation. Dans les villes, les habitants des bidonvilles paient souvent l’eau plus cher, auprès de vendeurs privés, que les quartiers raccordés.

Qui consomme l’eau ?

UsagePart des prélèvements mondiaux (environ)
Agriculture (irrigation)70 %
Industrie et énergie20 %
Usages domestiques10 %

L’irrigation est donc le premier usage. Elle a permis d’augmenter les rendements agricoles (voir sécurité alimentaire), mais elle épuise certaines nappes et assèche des lacs. L’exemple le plus connu est celui de la mer d’Aral, en Asie centrale, qui a perdu l’essentiel de sa surface depuis les années 1960 à cause du détournement de ses fleuves pour irriguer le coton.

Les tensions autour de l’eau

Plus de 260 bassins fluviaux sont partagés entre plusieurs pays. Le pays situé en amont peut contrôler le débit du pays situé en aval :

FleuveTensions
NilÉthiopie (Grand barrage de la Renaissance) face à l’Égypte et au Soudan
Tigre et Euphratebarrages turcs, inquiétude de la Syrie et de l’Irak
Jourdainpartage entre Israël, la Jordanie, la Syrie et les Territoires palestiniens
Mékongbarrages chinois et laotiens, inquiétude du Cambodge et du Vietnam
Industraité de 1960 entre l’Inde et le Pakistan, régulièrement contesté

Les géographes parlent plus souvent de tensions et de coopérations que de véritables « guerres de l’eau » : de nombreux traités de partage existent.

Les solutions

  • Économiser : irrigation au goutte-à-goutte, réparation des fuites des réseaux urbains.
  • Augmenter la ressource : barrages, transferts d’eau, forages, dessalement de l’eau de mer (très utilisé dans le Golfe, en Israël, en Espagne), réutilisation des eaux usées traitées.
  • Équiper : réseaux d’eau potable, stations d’épuration, latrines.
  • Gouverner : gestion par bassin versant, tarification, coopération internationale.

L’ONU a reconnu en 2010 le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit de l’homme. L’objectif de développement durable n° 6 vise l’accès universel d’ici 2030.

Questions fréquentes

Quel pays a le plus d’eau douce ?

Le Brésil possède les ressources en eau douce renouvelables les plus importantes du monde, grâce au bassin de l’Amazone. La Russie, le Canada et les États-Unis suivent.

La France manque-t-elle d’eau ?

Globalement non, mais les sécheresses estivales se multiplient et des restrictions d’usage sont fréquentes dans de nombreux départements. Le sud et l’ouest du pays connaissent des tensions croissantes entre agriculture, tourisme et usages domestiques.

Qu’est-ce que l’eau virtuelle ?

C’est l’eau utilisée pour produire un bien. Par exemple, produire 1 kg de bœuf nécessite plusieurs milliers de litres d’eau. Importer des produits agricoles revient donc à importer de l’eau « virtuelle ».

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