Littérature · Œuvres
Le Lièvre et la Tortue
Le Lièvre et la Tortue est une fable de La Fontaine (livre VI, 1668). La Tortue parie qu’elle arrivera au but avant le Lièvre ; trop sûr de lui, celui-ci flâne et part trop tard. Morale : rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Mis à jour le 3 min de lecture
Le Lièvre et la Tortue est la dixième fable du livre VI de La Fontaine, dernier livre du premier recueil. Reprise d’Ésope, elle raconte une course perdue d’avance qui finit à l’inverse de ce que tout le monde attendait. Sa morale, placée en tête, est devenue un proverbe.
La morale
La fable s’ouvre sur sa leçon : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. » Autrement dit, la vitesse ne sert à rien si l’on ne commence pas au bon moment. Le récit qui suit en est la démonstration, introduite comme un exemple : le Lièvre et la Tortue en sont le témoignage.
Résumé
La Tortue propose au Lièvre un pari : elle atteindra un but fixé avant lui. Le Lièvre se moque d’elle et lui conseille de se soigner, tant l’idée lui paraît folle. La Tortue maintient son pari. On fixe le but et l’enjeu.
La Tortue part aussitôt, lentement, « en sénateur », sans s’arrêter. Le Lièvre, lui, juge qu’il a tout le temps : quatre pas lui suffiront. Il broute, dort, regarde d’où vient le vent, et laisse la Tortue aller son train. Il trouverait même déshonorant de partir trop tôt. Quand enfin il s’élance comme une flèche, il est trop tard : la Tortue arrive la première. Elle se moque à son tour : à quoi lui a servi sa vitesse ? Et elle, qui porte sa maison sur son dos, a gagné.
Les personnages
| Personnage | Caractère | Symbole |
|---|---|---|
| La Tortue | Lente, persévérante, prudente, sûre d’elle | La constance, l’effort régulier |
| Le Lièvre | Rapide, vaniteux, moqueur, négligent | Le talent gâché par l’orgueil et la paresse |
Les qualités naturelles s’opposent : le Lièvre a la vitesse, la Tortue n’a que la régularité. La fable montre que le talent ne suffit pas.
La structure
| Étape | Contenu |
|---|---|
| La morale | Annoncée dès le premier vers, puis présentée comme prouvée par l’exemple qui suit |
| Le pari | Défi de la Tortue, moquerie du Lièvre, choix du but et des enjeux |
| La course | Départ immédiat de la Tortue, longue flânerie du Lièvre |
| Le dénouement | Arrivée de la Tortue, élan inutile du Lièvre, réplique ironique finale |
Le style
- L’ironie : le Lièvre trouve indigne de lui de se presser ; c’est sa fierté qui le perd.
- Les comparaisons : la Tortue avance avec la gravité d’un sénateur, le Lièvre part comme un trait.
- L’oxymore : la Tortue « se hâte avec lenteur ».
- Le renversement final : la Tortue reprend la moquerie du Lièvre et la retourne contre lui.
- Le rythme : la longue description des occupations du Lièvre ralentit le récit, tandis que la Tortue avance.
Une leçon souvent mal comprise
On résume parfois la fable par « la lenteur l’emporte sur la vitesse ». Ce n’est pas exactement la morale : La Fontaine ne dit pas qu’il faut être lent, mais qu’il faut partir à temps. Le Lièvre aurait gagné s’il était parti au bon moment. La fable condamne la négligence et l’excès de confiance, et valorise la persévérance.
Pistes d’analyse pour un élève
- Montrer comment le récit illustre la morale placée au début.
- Comparer les deux personnages : qualités, défauts, comportements pendant la course.
- Étudier l’ironie de la réplique finale de la Tortue.
- Appliquer la morale à une situation scolaire : réviser régulièrement plutôt qu’au dernier moment.
Exercice corrigé
- Où est la morale ? Au premier vers, avant le récit.
- Pourquoi le Lièvre perd-il ? Parce qu’il est trop sûr de sa vitesse et part trop tard, après avoir perdu son temps.
- Que veut dire « partir à point » ? Partir au bon moment, ni trop tôt ni trop tard.
Questions fréquentes
Quelle est la morale du Lièvre et la Tortue ?
« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point » : la rapidité ne sert à rien si l’on ne commence pas à temps. La persévérance l’emporte sur le talent négligé.
Pourquoi la Tortue gagne-t-elle ?
Parce qu’elle part tout de suite et avance sans s’arrêter, tandis que le Lièvre perd son temps à brouter et à dormir.
Qui a inventé Le Lièvre et la Tortue ?
La fable vient d’Ésope, fabuliste grec du VIe siècle av. J.-C. La Fontaine l’a reprise en vers en 1668.