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Histoire de la musique
La musique occidentale savante se découpe en six grandes périodes : médiévale, Renaissance, baroque, classique, romantique et moderne. Au XXe siècle s’y ajoutent le jazz, le rock et les musiques électroniques.
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L’histoire de la musique occidentale est d’abord celle d’une écriture : à partir du moment où l’on note les sons sur une portée (XIe siècle), les œuvres peuvent être transmises, analysées et complexifiées. Chaque période se définit par des formes (messe, fugue, sonate, symphonie, opéra), une manière d’organiser les sons (modes, tonalité, atonalité) et des instruments dominants. Les dates des périodes sont des repères conventionnels : les styles se chevauchent toujours.
Frise chronologique de la musique occidentale
| Période | Dates repères | Caractéristiques | Compositeurs majeurs |
|---|---|---|---|
| Antiquité | Avant 500 | Musique monodique, théorie grecque des modes et des intervalles (Pythagore) | Très peu de partitions conservées |
| Moyen Âge | Vers 500-1400 | Chant grégorien, naissance de la notation, premières polyphonies, troubadours | Hildegarde de Bingen, Pérotin, Guillaume de Machaut |
| Renaissance | Vers 1400-1600 | Polyphonie vocale raffinée, imprimerie musicale, messe et madrigal | Josquin des Prés, Palestrina, Roland de Lassus, Clément Janequin |
| Baroque | 1600-1750 | Basse continue, naissance de l’opéra, concerto, fugue | Monteverdi, Lully, Vivaldi, Bach, Haendel, Rameau |
| Classique | 1750-1820 | Clarté, forme sonate, symphonie, quatuor à cordes, piano-forte | Haydn, Mozart, Beethoven (débuts) |
| Romantique | 1820-1900 | Expression des sentiments, virtuosité, orchestre élargi, musique à programme | Schubert, Chopin, Liszt, Berlioz, Wagner, Verdi, Brahms, Tchaïkovski |
| Moderne | 1900-1945 | Impressionnisme, atonalité, dodécaphonisme, néoclassicisme | Debussy, Ravel, Stravinsky, Schoenberg, Bartók |
| Contemporaine | Depuis 1945 | Sérialisme, musique concrète, minimalisme, spectralisme | Boulez, Messiaen, Stockhausen, Ligeti, Reich, Glass |
La musique médiévale (vers 500-1400)
La musique du Moyen Âge est d’abord religieuse et vocale. Le chant grégorien, associé au pape Grégoire Ier (590-604) mais fixé en réalité à l’époque carolingienne, est une monodie : une seule ligne mélodique chantée à l’unisson, sans accompagnement, en latin. Il repose sur les modes ecclésiastiques, ancêtres de nos gammes.
Vers 1025-1030, le moine bénédictin Guy d’Arezzo perfectionne la notation sur lignes et nomme les notes ut, ré, mi, fa, sol, la d’après les premières syllabes de l’hymne à saint Jean-Baptiste (Ut queant laxis). Le si sera ajouté plus tard, et ut deviendra do au XVIIe siècle (voir les bases du solfège).
La polyphonie (plusieurs voix simultanées) se développe à partir du IXe siècle avec l'organum. Vers 1200, l'école de Notre-Dame de Paris, avec Léonin et Pérotin, compose des organa à trois et quatre voix. Au XIVe siècle, l'Ars nova de Philippe de Vitry et Guillaume de Machaut (Messe de Nostre Dame, première messe polyphonique complète attribuée à un seul compositeur) raffine le rythme. Parallèlement, la musique profane fleurit avec les troubadours (langue d’oc) et les trouvères (langue d’oïl). Ce contexte est développé dans la fiche Moyen Âge.
La Renaissance (vers 1400-1600)
La Renaissance musicale est l’âge d’or de la polyphonie vocale : les voix, égales en importance, s’imitent les unes les autres (contrepoint imitatif). L’école franco-flamande domine l’Europe avec Guillaume Dufay, Johannes Ockeghem puis Josquin des Prés. À Rome, Palestrina incarne l’idéal d’une polyphonie intelligible, conforme aux exigences du concile de Trente.
En 1501, l’imprimeur vénitien Ottaviano Petrucci publie le premier recueil de musique polyphonique imprimée avec des caractères mobiles, l'Harmonice Musices Odhecaton. La musique circule désormais largement. Les genres profanes se multiplient : madrigal italien, chanson française (Clément Janequin, La Guerre), et la musique instrumentale gagne en autonomie (luth, violes, orgue).
Le baroque (1600-1750)
Le baroque naît en Italie avec une révolution : la basse continue, ligne de basse jouée en permanence par un clavecin ou un orgue et un instrument grave, sur laquelle se pose une mélodie accompagnée. Elle rend possible l'opéra : L’Orfeo de Claudio Monteverdi (Mantoue, 1607) est considéré comme le premier chef-d’œuvre du genre.
Le système tonal (majeur/mineur) remplace progressivement les modes. Les formes instrumentales s’imposent : concerto (Vivaldi, Les Quatre Saisons, publiées en 1725), sonate, suite de danses, fugue. En France, Jean-Baptiste Lully fonde la tragédie lyrique à la cour de Louis XIV ; Jean-Philippe Rameau lui succède. La période se clôt symboliquement avec la mort de Jean-Sébastien Bach en 1750. Détails dans la fiche musique baroque.
La période classique (1750-1820)
En réaction à la complexité baroque, le style classique recherche la clarté, l’équilibre et les mélodies accompagnées simples. La forme sonate (exposition, développement, réexposition) structure la plupart des œuvres. L’orchestre se stabilise (cordes, bois par deux, cors, trompettes, timbales) et la symphonie devient le genre instrumental roi, avec le quatuor à cordes pour la musique de chambre.
Le centre de gravité est Vienne, où travaillent les trois grands classiques : Joseph Haydn (104 symphonies), Wolfgang Amadeus Mozart et le jeune Ludwig van Beethoven. Le piano-forte remplace le clavecin. Voir le classicisme musical.
Le romantisme (1820-1900)
Le XIXe siècle place l'émotion individuelle au centre. Beethoven ouvre la voie avec sa Symphonie n° 3 « Héroïque » (1804) et sa Neuvième (1824), qui intègre un chœur. Le romantisme multiplie les formes libres et brèves (lied, nocturne, prélude, impromptu) comme les œuvres monumentales.
- Le piano devient l’instrument roi : Chopin, Schumann, Liszt.
- La musique à programme raconte une histoire : Symphonie fantastique de Berlioz (1830), poèmes symphoniques de Liszt.
- L’opéra atteint des sommets : Verdi (La Traviata, 1853), Wagner (Tristan et Isolde, 1865 ; la Tétralogie), Bizet (Carmen, 1875).
- Les écoles nationales puisent dans le folklore : Russie (Moussorgski, Tchaïkovski), Bohême (Dvořák, Smetana), Norvège (Grieg).
Le mouvement fait écho au romantisme littéraire. Voir la fiche musique romantique.
La musique moderne et contemporaine (depuis 1900)
Le XXe siècle remet en cause la tonalité elle-même.
- Impressionnisme musical : Claude Debussy (Prélude à l’après-midi d’un faune, 1894) et Maurice Ravel (Boléro, 1928) privilégient les couleurs, les gammes par tons et les modes anciens.
- Rupture rythmique : la création du Sacre du printemps de Stravinsky au Théâtre des Champs-Élysées le 29 mai 1913 provoque un scandale resté célèbre.
- Atonalité et dodécaphonisme : Arnold Schoenberg abandonne la tonalité puis invente vers 1923 une méthode fondée sur les douze sons de la gamme chromatique ; ses élèves Berg et Webern la prolongent.
- Après 1945 : sérialisme intégral (Boulez, Stockhausen), musique concrète de Pierre Schaeffer (1948), musique électroacoustique, minimalisme américain (Steve Reich, Philip Glass), spectralisme français (Grisey, Murail).
Les musiques populaires du XXe siècle
L’enregistrement (phonographe d’Edison, 1877 ; disque 78 tours, puis microsillon en 1948) et la radio transforment l’écoute. Des musiques populaires venues des États-Unis conquièrent le monde :
| Genre | Naissance | Repères |
|---|---|---|
| Blues | Fin XIXe s., sud des États-Unis | Robert Johnson, B.B. King |
| Jazz | Vers 1900-1910, La Nouvelle-Orléans | Louis Armstrong, Duke Ellington, Miles Davis |
| Rock | Années 1950 | Elvis Presley, les Beatles, les Rolling Stones |
| Hip-hop | 1973, le Bronx (New York) | DJ Kool Herc, Grandmaster Flash |
| Musique électronique | Années 1970-1980 | Kraftwerk, house de Chicago, techno de Detroit |
En France, la chanson française forme une tradition propre, de Charles Trenet à Jacques Brel et Georges Brassens.
Questions fréquentes
Quelles sont les grandes périodes de la musique classique ?
Au sens large, on distingue la musique médiévale, la Renaissance, le baroque (1600-1750), la période classique (1750-1820), le romantisme (1820-1900) et la musique moderne puis contemporaine. Au sens strict, « musique classique » désigne seulement la période 1750-1820 de Haydn et Mozart.
Quel est le premier opéra de l’histoire ?
La Dafne de Jacopo Peri (vers 1598) est généralement citée comme le premier opéra, mais sa musique est presque entièrement perdue. L’Euridice de Peri (1600) est le plus ancien conservé ; L’Orfeo de Monteverdi (1607) est le premier chef-d’œuvre du genre.
Qui a inventé le nom des notes ?
Guy d’Arezzo, moine italien du XIe siècle, a nommé les notes à partir de l’hymne Ut queant laxis. Le si a été ajouté plus tard et ut remplacé par do au XVIIe siècle, sauf dans certains usages savants.
Quand la tonalité a-t-elle été abandonnée ?
Au début du XXe siècle. Schoenberg écrit ses premières œuvres atonales vers 1908-1909, puis formalise le dodécaphonisme vers 1923. La tonalité reste toutefois dominante dans les musiques populaires et de film.