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Arts · Musique

Ludwig van Beethoven

Ludwig van Beethoven (1770-1827) est un compositeur allemand qui fait le lien entre classicisme et romantisme. Devenu sourd, il a pourtant composé ses neuf symphonies et ses dernières sonates.

Mis à jour le 4 min de lecture

Ludwig van Beethoven, baptisé le 17 décembre 1770 à Bonn et mort le 26 mars 1827 à Vienne, est un compositeur et pianiste allemand. Formé au style de Haydn et Mozart, il en a fait éclater les cadres et ouvert la voie au romantisme. Sa surdité progressive, devenue totale, rend son parcours unique dans l’histoire de la musique.

Biographie de Beethoven

Bonn (1770-1792)

Beethoven naît dans une famille de musiciens de la cour de l’électeur de Cologne. Son père, ténor alcoolique, veut en faire un nouveau Mozart et le pousse durement. Le jeune Ludwig devient organiste adjoint de la cour et étudie auprès de Christian Gottlob Neefe. En 1787, il fait un bref séjour à Vienne ; sa mère meurt peu après.

Vienne et la gloire (1792-1802)

En 1792, il s’installe définitivement à Vienne pour étudier avec Haydn. Il s’impose d’abord comme pianiste virtuose, célèbre pour ses improvisations, et trouve des protecteurs dans l’aristocratie (le prince Lichnowsky, l’archiduc Rodolphe, le prince Lobkowitz).

La surdité et le testament d’Heiligenstadt

Les premiers troubles de l’audition apparaissent vers 1798. En octobre 1802, dans le village d’Heiligenstadt, près de Vienne, il écrit à ses frères une lettre jamais envoyée, le testament d’Heiligenstadt, où il confie son désespoir et sa tentation du suicide, mais aussi sa décision de vivre pour son art. À partir de 1818 environ, il communique par des cahiers de conversation. Lors de la création de la Neuvième Symphonie, le 7 mai 1824, il ne peut entendre les applaudissements ; une chanteuse le fait se retourner vers le public.

Dernières années

Beethoven ne se marie jamais. Une lettre passionnée adressée à une « Immortelle bien-aimée » (1812), retrouvée après sa mort, n’a jamais été attribuée avec certitude (Antonie Brentano et Josephine Brunsvik sont les hypothèses principales). Il lutte de longues années pour la tutelle de son neveu Karl. Il meurt en 1827 ; ses funérailles réunissent une foule de plusieurs milliers de personnes.

Les trois périodes de Beethoven

PériodeDatesCaractéristiquesŒuvres
Première manièreJusqu’à 1802Héritage de Haydn et MozartSymphonies n° 1 et 2, sonate Pathétique (1798), sonate Clair de lune (1801)
Période héroïque1803-1814Œuvres puissantes, dramatiques, élargissement des formesSymphonies n° 3 à 8, Concerto pour piano n° 5 « L’Empereur », sonates Waldstein et Appassionata, Fidelio
Dernière période1815-1827Introspection, contrepoint, formes libresSonate Hammerklavier, Missa solemnis, Neuvième Symphonie, derniers quatuors, Grande Fugue

Les neuf symphonies de Beethoven

N°TonalitéCréationSurnom ou particularité
1Do majeur1800Héritière de Haydn
2Ré majeur1803Écrite au moment du testament d’Heiligenstadt
3Mi bémol majeur1805 (publique)Héroïque ; dédicace à Bonaparte retirée en 1804
4Si bémol majeur1807La plus classique de la maturité
5Do mineur1808Motif initial de quatre notes, le « destin »
6Fa majeur1808Pastorale, évocation de la campagne
7La majeur1813« Apothéose de la danse » selon Wagner
8Fa majeur1814Brève et pleine d’humour
9Ré mineur1824Finale avec chœur sur l'Ode à la joie de Schiller

La Troisième devait honorer Napoléon Bonaparte, alors incarnation des idéaux de la Révolution ; apprenant qu’il s’était proclamé empereur (mai 1804), Beethoven aurait rayé son nom de la page de titre, raturée de façon visible sur une copie conservée. L’œuvre est publiée en 1806 comme « symphonie héroïque, composée pour célébrer le souvenir d’un grand homme ». Voir Napoléon Bonaparte.

Le thème de l'Ode à la joie est devenu en 1972 l’hymne du Conseil de l’Europe, puis en 1985 celui de l’Union européenne.

Autres œuvres à connaître

  • Lettre à Élise (Für Elise), bagatelle pour piano de 1810, publiée en 1867 seulement.
  • 32 sonates pour piano, considérées comme le « Nouveau Testament » du piano (le « Clavier bien tempéré » de Bach en étant l’Ancien, selon le mot du chef Hans von Bülow).
  • Concerto pour violon en ré majeur (1806).
  • Fidelio (version définitive 1814), son unique opéra, hymne à la liberté et à la fidélité conjugale.
  • Les derniers quatuors (op. 127, 130, 131, 132, 135), parmi les sommets de la musique de chambre.

L’héritage de Beethoven

Beethoven a imposé l’image du compositeur comme artiste libre et créateur, et non plus serviteur d’un prince. Il a élargi la symphonie (la Neuvième dure environ 70 minutes) et fait de chaque œuvre une pièce unique plutôt qu’un produit de série : il écrit 9 symphonies, là où Haydn en a écrit 104. Tous les compositeurs du XIXe siècle se sont mesurés à lui. Voir la symphonie.

Questions fréquentes

À quel âge Beethoven est-il devenu sourd ?

Les premiers symptômes apparaissent vers 27-28 ans (1798). La surdité s’aggrave progressivement jusqu’à devenir quasi totale vers 1818, à 47 ans environ. La cause reste discutée.

Comment Beethoven composait-il en étant sourd ?

Un musicien formé entend intérieurement ce qu’il écrit. Beethoven travaillait par esquisses dans des carnets et connaissait parfaitement les instruments.

Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Beethoven ?

La Symphonie n° 5, avec son motif de quatre notes, la Neuvième et son Ode à la joie, la Lettre à Élise et la sonate Clair de lune.

Beethoven est-il classique ou romantique ?

Les deux : il appartient chronologiquement et formellement à la période classique, mais son expression personnelle et ses innovations annoncent le romantisme.

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