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Arts · Musique

Johannes Brahms

Johannes Brahms (1833-1897) est un compositeur allemand de l’époque romantique. Héritier de Beethoven, il a uni la rigueur des formes classiques à l’expression romantique, dans quatre symphonies et Un requiem allemand.

Mis à jour le 5 min de lecture

Johannes Brahms, né le 7 mai 1833 à Hambourg et mort à Vienne le 3 avril 1897, est l’un des plus grands compositeurs de la seconde moitié du XIXe siècle. Révélé à vingt ans par Robert Schumann, ami intime de Clara Schumann toute sa vie, il s’installe à Vienne en 1862. Alors que Liszt et Wagner défendent une musique tournée vers l’avenir et la littérature, Brahms reste fidèle aux formes classiques — symphonie, sonate, variation, concerto — qu’il nourrit d’une expressivité romantique profonde. Il forme avec Bach et Beethoven les « trois B » de la musique allemande, selon le mot du chef d’orchestre Hans von Bülow.

Repères chronologiques

DateÉvénement
7 mai 1833Naissance à Hambourg, fils d’un contrebassiste
1840 – 1848Études de piano et de composition avec Eduard Marxsen
1853Tournée avec le violoniste Ede Reményi ; rencontre Joseph Joachim, puis Robert et Clara Schumann
octobre 1853Article de Schumann, « Voies nouvelles », qui le présente comme le génie attendu
1854 – 1856Soutient Clara pendant l’internement puis à la mort de Robert Schumann
1859Concerto pour piano n° 1, mal accueilli à Leipzig
1862 – 1863S’installe à Vienne ; dirige la Singakademie
1868Un requiem allemand, créé à Brême ; Berceuse ; Danses hongroises (1869)
1876Symphonie n° 1, après une vingtaine d’années de travail
1877 – 1878Symphonie n° 2 ; Concerto pour violon
1881Concerto pour piano n° 2
1883 – 1885Symphonies n° 3 et n° 4
1891 – 1894Œuvres pour clarinette, écrites pour Richard Mühlfeld
mai 1896Mort de Clara Schumann ; Quatre chants sérieux
3 avril 1897Mort à Vienne d’un cancer du foie

La vie de Johannes Brahms

Hambourg

Fils d’un musicien modeste, Brahms grandit dans un quartier pauvre de Hambourg. Pianiste précoce, il aurait complété les revenus familiaux en jouant dans les tavernes du port, selon un récit qu’il a lui-même entretenu et que certains biographes jugent exagéré. Il reçoit une solide formation classique de son professeur Eduard Marxsen, qui lui transmet le culte de Bach et de Beethoven.

Les Schumann

En 1853, le violoniste Joseph Joachim, qui deviendra son ami de toujours, le recommande à Robert Schumann. Celui-ci, enthousiasmé, publie un article retentissant qui le présente comme un génie. Quelques mois plus tard, Schumann tente de se suicider et est interné. Brahms soutient Clara Schumann, grande pianiste, de quatorze ans son aînée, et ses sept enfants. Leur amitié passionnée, dont on ignore la nature exacte, durera jusqu’à la mort de Clara. Brahms ne s’est jamais marié.

Vienne

Installé à Vienne à partir de 1862, il y mène une vie de célibataire bourgeois, entre composition, concerts comme pianiste et chef d’orchestre, et voyages d’été en Autriche, en Suisse et en Italie. La création d'Un requiem allemand en 1868 fait sa renommée. Sa première symphonie, longtemps différée par crainte de la comparaison avec Beethoven, est créée en 1876. Il devient le compositeur le plus respecté d’Europe centrale.

Le style de Brahms

Le classicisme romantique

Brahms reprend les formes héritées de Haydn, Mozart et Beethoven : forme sonate, variations, fugue, passacaille. Il y verse une émotion intense, souvent mélancolique, avec un sens de la construction rigoureux. Le finale de la Symphonie n° 4 est une passacaille, forme baroque de variations sur une basse obstinée.

La densité de l’écriture

Ses œuvres sont riches en contrepoint, en rythmes complexes (superpositions de deux et trois temps), en développements serrés à partir de petits motifs. Schoenberg l’a qualifié de « progressiste » pour cette technique de variation continue.

L’opposition à la « musique de l’avenir »

Brahms est associé, malgré lui, au camp de la musique pure, opposé à Wagner et Liszt. Il n’a écrit ni opéra ni poème symphonique. Le critique viennois Eduard Hanslick fait de lui son champion.

Le chant populaire

Brahms aime les mélodies populaires allemandes et la musique tzigane hongroise, qu’il a découverte avec Reményi. Il en tire les Danses hongroises et de nombreux lieder.

Œuvres majeures de Brahms

ŒuvreDateGenre
Concerto pour piano n° 1 en ré mineur, op. 151854 – 1858Concerto
Un requiem allemand, op. 451865 – 1868Œuvre chorale
Wiegenlied (Berceuse), op. 49 n° 41868Lied
Danses hongroises (21 danses)1869 – 1880Piano à quatre mains, puis orchestre
Variations sur un thème de Haydn, op. 561873Orchestre
Symphonie n° 1 en ut mineur, op. 681876Symphonie
Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 731877Symphonie
Concerto pour violon en ré majeur, op. 771878Concerto
Ouverture pour une fête académique, op. 801880Orchestre
Concerto pour piano n° 2 en si bémol majeur, op. 831881Concerto
Symphonie n° 3 en fa majeur, op. 901883Symphonie
Symphonie n° 4 en mi mineur, op. 981884 – 1885Symphonie
Quintette pour clarinette, op. 1151891Musique de chambre
Quatre chants sérieux, op. 1211896Lieder

L’héritage

Brahms a prouvé que les formes classiques restaient vivantes après Beethoven. Il a influencé Dvořák, qu’il a aidé à se faire éditer, Elgar, Reger et, paradoxalement, Schoenberg et l’école de Vienne. Sa Berceuse est l’une des mélodies les plus connues au monde.

Questions fréquentes

Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Brahms ?

La Berceuse (Wiegenlied) et la Danse hongroise n° 5 sont les plus connues du grand public. Ses quatre symphonies, son Concerto pour violon et Un requiem allemand sont ses chefs-d’œuvre.

Pourquoi Brahms a-t-il tant tardé à écrire une symphonie ?

Il craignait la comparaison avec Beethoven, dont il disait sentir l’ombre de géant derrière lui. Sa Symphonie n° 1 a demandé une vingtaine d’années de travail avant d’être créée en 1876, quand il avait 43 ans.

Quelle était la relation entre Brahms et Clara Schumann ?

Une amitié passionnée et une complicité artistique de plus de quarante ans. Brahms a soutenu Clara pendant la maladie de Robert Schumann et lui a soumis presque toutes ses œuvres. La nature intime de leur relation reste inconnue.

Qui sont les « trois B » ?

Bach, Beethoven et Brahms : une formule popularisée par le chef d’orchestre Hans von Bülow, qui plaçait Brahms au sommet de la tradition allemande.

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