Arts · Musique
Georges Brassens
Georges Brassens (1921-1981) est un auteur-compositeur-interprète français. Poète à la guitare, anarchiste et pudique, il a écrit près de 200 chansons ciselées, de La Mauvaise Réputation aux Copains d’abord.
Mis à jour le 4 min de lecture
Georges Brassens, né le 22 octobre 1921 à Sète et mort le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc, près de Montpellier, est l’un des grands poètes de la chanson française. Seul en scène avec sa guitare, accompagné d’un contrebassiste, la pipe et la moustache pour emblèmes, il a chanté l’amitié, l’amour, la mort, la liberté individuelle et sa méfiance envers les institutions, avec une langue d’une grande richesse, souvent truculente. Il a reçu en 1967 le grand prix de poésie de l’Académie française.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 22 octobre 1921 | Naissance à Sète ; père maçon anticlérical, mère catholique d’origine italienne, passionnée de chanson |
| 1936 – 1937 | Son professeur de français, Alphonse Bonnafé, lui fait découvrir la poésie |
| 1940 | Monte à Paris, chez sa tante ; lit les poètes à la bibliothèque |
| 1943 | Envoyé au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, à Basdorf |
| 1944 | En permission, ne repart pas ; se cache impasse Florimont, chez Jeanne et Marcel Planche |
| 1944 – 1966 | Vit impasse Florimont, dans le 14e arrondissement de Paris |
| 1946 – 1948 | Écrit pour le journal anarchiste Le Libertaire |
| 1947 | Rencontre Joha Heiman (« Püppchen »), sa compagne jusqu’à sa mort |
| 1952 | Découvert par Patachou ; débute dans son cabaret ; premier disque |
| 1954 | Grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros ; premier passage à l’Olympia |
| 1964 | Les Copains d’abord, pour le film Les Copains d’Yves Robert |
| 1967 | Grand prix de poésie de l’Académie française |
| 1976 – 1977 | Longue série de concerts à Bobino |
| 29 octobre 1981 | Mort d’un cancer à Saint-Gély-du-Fesc ; inhumé au cimetière du Py, à Sète |
La vie de Georges Brassens
Sète
Brassens grandit à Sète, dans une famille modeste, entre un père libre-penseur et une mère pieuse qui chante les airs de son temps. Élève médiocre, il découvre la poésie grâce à son professeur de français. Après une affaire de petits vols où il est impliqué avec des amis, il quitte Sète pour Paris en 1940.
Les années de vache enragée
À Paris, il travaille brièvement chez Renault, puis passe ses journées à la bibliothèque à lire Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo. En 1943, il est envoyé au STO en Allemagne. Revenu en permission en 1944, il refuse de repartir et se cache chez Jeanne Planche, une Bretonne généreuse, et son mari Marcel, dans une maison sans confort de l'impasse Florimont, au milieu des chats, des chiens et d’une cane. Il y vivra vingt-deux ans. Pendant ces années de pauvreté, il écrit des romans, des poèmes, collabore au journal de la Fédération anarchiste et compose des chansons.
Le succès
En 1952, la chanteuse Patachou l’auditionne et le fait chanter dans son cabaret de Montmartre. Très timide, il transpire et tremble sur scène, mais le public est conquis. Le producteur Jacques Canetti le fait enregistrer. Certaines chansons, comme Le Gorille, sont interdites d’antenne pour leur audace. Le succès devient immense et durable : Olympia, Bobino, tournées, disques.
Les dernières années
Souffrant de calculs rénaux toute sa vie, puis d’un cancer, il meurt en 1981 dans la maison d’un ami près de Montpellier. Il est enterré à Sète, au cimetière du Py, et non au cimetière marin, malgré une chanson célèbre où il demandait à être enterré sur la plage de Sète.
Le style de Georges Brassens
Une écriture d’artisan
Brassens travaillait ses textes pendant des mois, parfois des années, avec un dictionnaire de rimes. Il maîtrise la versification classique, l’alexandrin, l’octosyllabe, les rimes riches, et mêle langue soutenue, archaïsmes et argot.
La musique
Ses mélodies, en apparence simples, sont subtiles, inspirées du jazz, qu’il adorait, et de la chanson traditionnelle. Il les compose souvent au piano, puis les joue à la guitare, accompagné de son contrebassiste Pierre Nicolas.
Les thèmes
L’amitié, l’amour et les femmes, la mort et l’humour noir, la satire des bien-pensants, des juges, des gendarmes, des curés et des militaires, la défense des marginaux, la liberté de l’individu contre le groupe. Il refuse les engagements collectifs et se méfie de toute foule.
La mise en musique des poètes
Brassens a mis en musique des poèmes de Villon (La Ballade des dames du temps jadis), Victor Hugo, Paul Fort, Aragon, Francis Jammes, Antoine Pol (Les Passantes).
Chansons célèbres de Georges Brassens
| Chanson | Année | Remarque |
|---|---|---|
| Le Gorille | 1952 | Longtemps interdite d’antenne |
| La Mauvaise Réputation | 1952 | Manifeste de l’insoumis |
| Il n’y a pas d’amour heureux | 1953 | Poème d’Aragon |
| Chanson pour l’Auvergnat | 1954 | Hommage aux Planche |
| Les Amoureux des bancs publics | 1953 | |
| La Cane de Jeanne | 1953 | |
| Supplique pour être enterré à la plage de Sète | 1966 | |
| Les Copains d’abord | 1964 | Pour le film d’Yves Robert |
| Les Passantes | 1972 | Poème d’Antoine Pol |
| Mourir pour des idées | 1972 |
L’héritage
Brassens est l’un des chanteurs francophones les plus étudiés à l’école et les plus repris, en France et dans le monde : ses chansons ont été traduites dans des dizaines de langues. Sète lui consacre l’Espace Georges-Brassens ; un parc porte son nom dans le 15e arrondissement de Paris, sur le site des anciens abattoirs de Vaugirard, près de l’impasse Florimont.
Questions fréquentes
Pourquoi Brassens est-il considéré comme un poète ?
Parce que ses chansons sont écrites avec une maîtrise de la versification et une richesse de langue comparables à celles des poètes classiques. L’Académie française lui a décerné son grand prix de poésie en 1967.
Brassens était-il anarchiste ?
Oui, il se disait anarchiste, au sens d’un individualisme libertaire, méfiant envers l’État, l’Église, l’armée et les partis. Il a collaboré au journal Le Libertaire dans sa jeunesse, mais a toujours refusé les engagements militants.
Où est enterré Georges Brassens ?
Au cimetière Le Py, à Sète, sa ville natale, dans le caveau familial.
Qui est l’Auvergnat de la chanson ?
On y voit généralement un hommage à Marcel Planche, le mari de Jeanne, et à ceux qui ont aidé Brassens dans ses années de misère ; l'« hôtesse » de la chanson évoquerait Jeanne Planche, qui l’a hébergé pendant plus de vingt ans.