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Arts · Musique

Sergueï Rachmaninov

Sergueï Rachmaninov (1873-1943) est un compositeur, pianiste et chef d’orchestre russe. Dernier grand romantique, il est célèbre pour son Concerto pour piano n° 2 et sa Rhapsodie sur un thème de Paganini.

Mis à jour le 5 min de lecture

Sergueï Vassilievitch Rachmaninov, né le 1er avril 1873 (20 mars selon le calendrier julien) à Semionovo, près de Novgorod, et mort à Beverly Hills, en Californie, le 28 mars 1943, est l’un des derniers grands compositeurs romantiques. Pianiste parmi les plus prodigieux du XXe siècle, il a écrit pour son instrument des œuvres d’une virtuosité et d’un lyrisme exceptionnels. Exilé après la révolution de 1917, il passe le reste de sa vie en Occident, essentiellement comme pianiste de concert, et compose de moins en moins.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1er avril 1873Naissance à Semionovo, dans une famille de la petite noblesse
1882Entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg
1885 – 1892Conservatoire de Moscou ; élève de Nikolaï Zverev, puis d’Anton Arenski et Sergueï Taneïev ; encouragé par Tchaïkovski
1892Opéra Aleko ; Prélude en ut dièse mineur
1897Échec catastrophique de la Symphonie n° 1 ; dépression
1900Traitement auprès du docteur Nikolaï Dahl
1901Concerto pour piano n° 2, dédié au docteur Dahl
1902Épouse sa cousine Natalia Satina
1906 – 1909Séjour à Dresde : Symphonie n° 2, L’Île des morts
1909Concerto pour piano n° 3, créé à New York
1915Vêpres (Les Vigiles de la nuit)
décembre 1917Quitte la Russie avec sa famille après la révolution ; n’y reviendra jamais
1918S’installe aux États-Unis ; carrière de pianiste de concert
1934Rhapsodie sur un thème de Paganini, composée dans sa villa Senar, en Suisse
1940Danses symphoniques, sa dernière œuvre
1943Naturalisé américain quelques semaines avant sa mort
28 mars 1943Mort d’un cancer à Beverly Hills

La vie de Sergueï Rachmaninov

Une formation exigeante

Issu d’une famille aristocratique ruinée, Rachmaninov est un élève peu assidu au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Envoyé à Moscou chez le pédagogue Nikolaï Zverev, réputé pour sa sévérité, il acquiert une discipline de fer. Au Conservatoire de Moscou, il obtient la grande médaille d’or de composition avec son opéra Aleko, admiré par Tchaïkovski. Son Prélude en ut dièse mineur, écrit à dix-neuf ans, devient aussitôt célèbre dans le monde entier.

La crise et la renaissance

En 1897, la création de sa Symphonie n° 1, mal dirigée par Alexandre Glazounov, est un désastre. Rachmaninov sombre dans une dépression qui l’empêche de composer pendant trois ans. Il suit un traitement, comprenant de l’hypnose, auprès du docteur Nikolaï Dahl. Il en sort avec le Concerto pour piano n° 2, triomphe immédiat, qu’il dédie à son médecin.

L’exil

Après la révolution d’Octobre, Rachmaninov, propriétaire terrien, perd son domaine d’Ivanovka. Il quitte la Russie en décembre 1917, avec sa femme et ses deux filles, profitant d’une invitation à jouer en Scandinavie. Installé aux États-Unis, il doit gagner sa vie : il devient l’un des pianistes de concert les plus demandés au monde, donnant des dizaines de récitals par saison. Coupé de sa terre, il compose peu : six œuvres seulement en vingt-cinq ans d’exil, dont la Rhapsodie sur un thème de Paganini et les Danses symphoniques. Ses œuvres sont un temps interdites en Union soviétique.

Le style de Rachmaninov

Le lyrisme

Rachmaninov est un mélodiste : longues phrases amples, nostalgiques, d’inspiration souvent liturgique ou populaire russe. Ses thèmes, comme celui du deuxième mouvement du Concerto n° 2 ou la 18e variation de la Rhapsodie, sont parmi les plus connus de la musique classique.

Le piano

Doté de mains immenses, capables de couvrir une treizième, il écrit des accords massifs, des textures denses, des basses profondes, une virtuosité orchestrale héritée de Liszt. Son Concerto n° 3 passe pour l’un des plus difficiles du répertoire.

Le Dies irae

Le thème grégorien du Dies irae, chant des morts du Moyen Âge, revient dans presque toutes ses œuvres, de la Symphonie n° 1 aux Danses symphoniques, comme une obsession de la mort.

Un romantique au XXe siècle

Contemporain de Stravinsky et Schoenberg, Rachmaninov reste fidèle à la tonalité et à l’esthétique romantique. Cette fidélité lui a valu le mépris d’une partie de la critique moderniste, mais la faveur durable du public.

Œuvres majeures de Rachmaninov

ŒuvreDateGenre
Prélude en ut dièse mineur, op. 3 n° 21892Piano
Symphonie n° 1 en ré mineur, op. 131895Symphonie
Concerto pour piano n° 2 en ut mineur, op. 181900 – 1901Concerto
Préludes, op. 231903Piano
Symphonie n° 2 en mi mineur, op. 271906 – 1907Symphonie
L’Île des morts, op. 291909Poème symphonique
Concerto pour piano n° 3 en ré mineur, op. 301909Concerto
Préludes, op. 321910Piano
Vocalise, op. 34 n° 141912 – 1915Mélodie
Les Cloches, op. 351913Symphonie chorale
Vêpres, op. 371915Musique chorale sacrée
Rhapsodie sur un thème de Paganini, op. 431934Piano et orchestre
Symphonie n° 3 en la mineur, op. 441935 – 1936Symphonie
Danses symphoniques, op. 451940Orchestre

L’héritage

Rachmaninov est aujourd’hui l’un des compositeurs les plus joués au concert. Ses concertos sont des passages obligés pour les pianistes ; la mélodie du Concerto n° 2 a été reprise au cinéma (Brève Rencontre de David Lean, 1945) et dans la chanson populaire. Le Vocalise est l’une des pages les plus transcrites du répertoire.

Questions fréquentes

Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Rachmaninov ?

Le Concerto pour piano n° 2 est la plus populaire, suivie de la Rhapsodie sur un thème de Paganini (notamment la 18e variation), du Concerto n° 3 et du Prélude en ut dièse mineur.

Pourquoi Rachmaninov a-t-il quitté la Russie ?

Après la révolution de 1917, il perd ses biens et craint pour sa famille. Profitant d’une tournée en Scandinavie, il part en décembre 1917 et ne retourne jamais en Russie.

Le Concerto n° 3 est-il le plus difficile ?

Il passe pour l’un des plus difficiles du répertoire pianistique, par sa longueur, sa densité et la virtuosité de sa cadence. Le film Shine (1996) a contribué à cette réputation.

Comment écrire son nom ?

En français, on écrit généralement Sergueï Rachmaninov ou Rachmaninoff, graphie qu’il utilisait lui-même en Occident.

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