Arts · Musique
Édith Piaf
Édith Piaf (1915-1963) est la plus célèbre chanteuse française. Révélée sous le nom de « la Môme Piaf », elle a fait de La Vie en rose, de L’Hymne à l’amour et de Non, je ne regrette rien des classiques mondiaux.
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Édith Piaf, née Édith Giovanna Gassion le 19 décembre 1915 à Paris et morte le 10 octobre 1963 à Plascassier, près de Grasse, est l’interprète la plus emblématique de la chanson française. Chanteuse des rues devenue star internationale, elle a incarné la chanson réaliste, la passion amoureuse et une vie tragique. Petite femme d’environ 1,47 mètre, elle avait une voix puissante et vibrante, immédiatement reconnaissable.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 19 décembre 1915 | Naissance à Paris (hôpital Tenon, 20e arrondissement) |
| vers 1918 – 1922 | Élevée en partie par sa grand-mère paternelle, à Bernay (Eure) |
| années 1920 – 1935 | Suit son père, contorsionniste, puis chante dans les rues |
| 1935 | Découverte par Louis Leplée, directeur du cabaret Le Gerny’s : naissance de « la Môme Piaf » |
| 1936 | Premier disque ; assassinat de Leplée, qui la mêle à un scandale |
| 1937 | Triomphe à l’ABC sous le nom d’Édith Piaf, avec le parolier Raymond Asso |
| 1940 | L’Accordéoniste ; joue Le Bel Indifférent de Cocteau |
| 1944 – 1945 | Lance Yves Montand ; écrit La Vie en rose |
| 1946 | Les Trois Cloches avec les Compagnons de la chanson |
| 1947 – 1949 | Tournées aux États-Unis ; liaison avec Marcel Cerdan |
| 28 octobre 1949 | Mort de Cerdan dans un accident d’avion aux Açores |
| 1950 | Hymne à l’amour |
| 1951 | Accidents de voiture ; dépendance à la morphine |
| 1959 | Milord |
| 1960 – 1961 | Non, je ne regrette rien ; série de concerts qui sauve l’Olympia |
| 1962 | Épouse Théo Sarapo ; chante du haut de la tour Eiffel |
| 10 octobre 1963 | Mort à Plascassier, à 47 ans ; inhumée au cimetière du Père-Lachaise |
La vie d’Édith Piaf
Une enfance misérable
Fille d’un acrobate de rue, Louis Gassion, et d’une chanteuse, Annetta Maillard, Édith est très tôt abandonnée par sa mère. Elle passe une partie de son enfance chez sa grand-mère paternelle, qui tient une maison close à Bernay, en Normandie. Une légende tenace la fait naître sur les marches d’un immeuble de la rue de Belleville, où une plaque le rappelle, mais son acte de naissance indique l’hôpital Tenon. Adolescente, elle chante dans les rues et les casernes de Paris.
La Môme Piaf
En 1935, Louis Leplée, patron du cabaret Le Gerny’s, près des Champs-Élysées, l’entend chanter rue Troyon et l’engage. Il la baptise « la Môme Piaf » (« piaf » signifie moineau en argot). Le succès est immédiat. Après l’assassinat de Leplée en 1936, dont elle est un temps soupçonnée d’être complice, le parolier Raymond Asso la prend en main, lui apprend le métier et lui écrit Mon légionnaire, sur une musique de Marguerite Monnot, qui deviendra sa principale compositrice.
La star internationale
Pendant l’Occupation, elle chante à Paris et en Allemagne pour des prisonniers français. Après la guerre, elle lance de jeunes artistes, dont Yves Montand et Charles Aznavour, et conquiert l’Amérique, où elle chante au Carnegie Hall en 1956. Sa grande histoire d’amour avec le boxeur Marcel Cerdan, champion du monde des poids moyens en 1948, se termine tragiquement en 1949 : l’avion qui l’amène vers elle à New York s’écrase aux Açores.
Les dernières années
Accidents, maladies, morphine et alcool ruinent sa santé. Elle continue pourtant de chanter et triomphe à l'Olympia en 1960-1961 avec Non, je ne regrette rien, qui renfloue la salle de Bruno Coquatrix. Elle épouse en 1962 un jeune chanteur, Théo Sarapo. Elle meurt à 47 ans dans le Midi ; son corps est ramené en secret à Paris, où le décès est déclaré le lendemain. Jean Cocteau, son ami, meurt quelques heures après avoir appris sa disparition. Plus de 40 000 personnes suivent son enterrement au Père-Lachaise.
Les chansons les plus célèbres d’Édith Piaf
| Chanson | Année | Auteurs |
|---|---|---|
| Mon légionnaire | 1936 | Raymond Asso, Marguerite Monnot |
| L’Accordéoniste | 1940 | Michel Emer |
| La Vie en rose | 1946 (écrite en 1945) | Édith Piaf, Louiguy |
| Les Trois Cloches | 1946 | Jean Villard |
| Hymne à l’amour | 1950 | Édith Piaf, Marguerite Monnot |
| Padam, padam… | 1951 | Henri Contet, Norbert Glanzberg |
| La Foule | 1957 | Michel Rivgauche, Ángel Cabral |
| Milord | 1959 | Georges Moustaki, Marguerite Monnot |
| Non, je ne regrette rien | 1960 | Michel Vaucaire, Charles Dumont |
| À quoi ça sert l’amour ? | 1962 | Michel Emer (en duo avec Théo Sarapo) |
La Vie en rose, dont Piaf a écrit les paroles, a reçu en 1998 un Grammy Hall of Fame Award. Elle a été reprise par des centaines d’artistes, de Louis Armstrong à Grace Jones.
L’héritage
Piaf est l’une des rares chanteuses françaises connues dans le monde entier. Le film La Môme d’Olivier Dahan (2007) a valu à Marion Cotillard l’Oscar de la meilleure actrice, premier Oscar d’interprétation pour un rôle en langue française. Non, je ne regrette rien est devenu une chanson associée à la Légion étrangère, qui l’adopta après le putsch d’Alger de 1961.
Questions fréquentes
Pourquoi Édith Piaf s’appelle-t-elle Piaf ?
« Piaf » signifie « moineau » en argot parisien. Louis Leplée lui donna ce surnom en 1935 en raison de sa petite taille et de sa fragilité apparente.
Où est enterrée Édith Piaf ?
Au cimetière du Père-Lachaise, à Paris (97e division), avec son père, sa fille Marcelle, morte en 1935 à deux ans, et Théo Sarapo.
De quoi est morte Édith Piaf ?
D’une insuffisance hépatique, conséquence d’un cancer du foie selon la plupart des biographes, dans un corps usé par les accidents, la morphine et l’alcool.