Arts · Musique
Giuseppe Verdi
Giuseppe Verdi (1813-1901) est le plus grand compositeur d’opéras italien. De Nabucco à Falstaff, en passant par La Traviata et Aida, il a écrit certaines des œuvres lyriques les plus jouées au monde.
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Giuseppe Verdi, né le 10 octobre 1813 aux Roncole, hameau proche de Busseto, dans le duché de Parme, et mort à Milan le 27 janvier 1901, domine l'opéra italien du XIXe siècle. Ses quelque 26 à 28 opéras, selon le décompte, d’une puissance dramatique et mélodique exceptionnelle, restent au cœur du répertoire de toutes les maisons d’opéra. Associé au mouvement d’unification de l’Italie, il est devenu un symbole national de son vivant.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 octobre 1813 | Naissance aux Roncole, fils d’un aubergiste |
| 1832 | Refusé au conservatoire de Milan ; études privées |
| 1836 | Épouse Margherita Barezzi, fille de son protecteur |
| 1838 – 1840 | Mort de ses deux enfants puis de sa femme |
| 1839 | Premier opéra, Oberto, à la Scala de Milan |
| 9 mars 1842 | Triomphe de Nabucco à la Scala |
| 1843 – 1850 | « Années de galère » : une douzaine d’opéras en huit ans, dont Ernani et Macbeth |
| 1851 – 1853 | Rigoletto, Le Trouvère, La Traviata |
| 1859 | Épouse la soprano Giuseppina Strepponi ; Un bal masqué |
| 1861 | Député au premier Parlement du royaume d’Italie |
| 1867 | Don Carlos à l’Opéra de Paris |
| 24 décembre 1871 | Création d'Aida au Caire |
| 1874 | Messa da Requiem ; nommé sénateur |
| 1887 | Otello à la Scala |
| 1893 | Falstaff, son dernier opéra, à 79 ans |
| 27 janvier 1901 | Mort à Milan |
La vie de Verdi
Des débuts tragiques
Fils d’aubergiste, Verdi est remarqué par Antonio Barezzi, riche marchand de Busseto, qui finance ses études. Refusé au conservatoire de Milan, il prend des leçons particulières. Entre 1838 et 1840, il perd ses deux jeunes enfants, puis sa femme. Son deuxième opéra, une comédie, est un échec et il songe à abandonner la musique.
Nabucco et le Risorgimento
Le directeur de la Scala lui confie le livret de Nabucco, qui raconte l’exil des Hébreux à Babylone. Le chœur des esclaves hébreux, « Va, pensiero », nostalgie d’une patrie perdue, est aujourd’hui considéré comme un hymne du Risorgimento, le mouvement d'unification italienne. Les historiens ont montré que cette lecture patriotique s’est surtout construite après coup, mais le succès de 1842 est immense.
Dans les années 1850, le slogan « Viva VERDI » inscrit sur les murs se lit comme un acrostiche : Viva Vittorio Emanuele Re D’Italia, « Vive Victor-Emmanuel, roi d’Italie ». Verdi, qui soutient Cavour, accepte d’être élu député en 1861.
La maturité
Avec la « trilogie populaire » (Rigoletto, Le Trouvère, La Traviata), Verdi atteint la célébrité internationale. Il compose ensuite des œuvres plus vastes pour Paris, Saint-Pétersbourg ou Le Caire, et vit dans son domaine agricole de Sant’Agata, près de Busseto. Après Aida (1871) et le Requiem (1874), il garde le silence pendant seize ans avant de composer, avec le poète et compositeur Arrigo Boito, Otello et Falstaff, deux chefs-d’œuvre de vieillesse inspirés de Shakespeare.
La fin
Il consacre sa fortune à des œuvres sociales, dont la Casa di Riposo per Musicisti, maison de retraite pour musiciens à Milan, où il est inhumé avec Giuseppina Strepponi. Une foule immense suit ses obsèques nationales.
Le style de Verdi
- Le drame avant tout : situations fortes, conflits entre devoir, amour et pouvoir, personnages tourmentés (père, bouffon, courtisane, roi).
- La mélodie : airs inoubliables, souvent devenus populaires (« La donna è mobile », « Libiamo »).
- Les chœurs : le peuple et la collectivité ont une place majeure.
- L’évolution : des formes traditionnelles du bel canto vers un discours musical continu dans Otello et Falstaff.
Œuvres majeures de Verdi
| Opéra | Création | Sujet ou source |
|---|---|---|
| Nabucco | Milan, 1842 | Exil des Hébreux à Babylone |
| Ernani | Venise, 1844 | D’après Hernani de Victor Hugo |
| Macbeth | Florence, 1847 | D’après Shakespeare |
| Rigoletto | Venise, 1851 | D’après Le roi s’amuse de Victor Hugo |
| Le Trouvère (Il trovatore) | Rome, 1853 | Drame espagnol de García Gutiérrez |
| La Traviata | Venise, 1853 | D’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils |
| Simon Boccanegra | Venise, 1857 | Gênes au XIVe siècle |
| Un bal masqué | Rome, 1859 | Assassinat d’un roi de Suède |
| La Force du destin | Saint-Pétersbourg, 1862 | Drame espagnol du duc de Rivas |
| Don Carlos | Paris, 1867 | D’après Schiller |
| Aida | Le Caire, 1871 | Égypte ancienne |
| Otello | Milan, 1887 | D’après Shakespeare |
| Falstaff | Milan, 1893 | D’après Shakespeare |
La Messa da Requiem (1874), composée à la mémoire de l’écrivain Alessandro Manzoni, est souvent jouée en concert ; son « Dies irae » est l’un des passages les plus spectaculaires de la musique sacrée.
Verdi et Wagner
Nés la même année, 1813, Verdi et Wagner ne se sont jamais rencontrés. On les oppose souvent : l’un privilégie la voix et la mélodie, l’autre l’orchestre et le leitmotiv ; l’un incarne l’opéra italien, l’autre le drame musical allemand. Verdi écrivit pourtant à la mort de Wagner : « Triste, triste, triste ! », reconnaissant en lui une grande figure.
Questions fréquentes
Quel est l’opéra le plus célèbre de Verdi ?
La Traviata est l’un des opéras les plus joués au monde, avec Aida et Rigoletto. Le chœur « Va, pensiero » de Nabucco est son passage le plus populaire en Italie.
Pourquoi Verdi est-il un héros national italien ?
Parce que ses opéras ont accompagné l’unification de l’Italie, que son nom a servi de slogan patriotique et qu’il fut député puis sénateur du nouveau royaume.
Combien d’opéras Verdi a-t-il composés ?
Vingt-six selon le décompte le plus courant, vingt-huit si l’on compte séparément les versions remaniées comme Jérusalem, adaptation française d'I Lombardi, ou Aroldo, refonte de Stiffelio.