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Sport · Sports individuels

Alpinisme

L’alpinisme est l’ascension de sommets en haute montagne, sur rocher, neige et glace ; il est né en 1786 avec la première ascension du mont Blanc et figure au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2019.

Mis à jour le 3 min de lecture

L'alpinisme est une activité à part dans le monde du sport : il n’y a ni arbitre ni classement, et l’engagement face au milieu naturel prime sur la performance. Il est pourtant structuré par une histoire de « premières », des cotations précises et une éthique. En 2019, l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, sur proposition commune de la France, de l’Italie et de la Suisse.

La naissance : le mont Blanc

Le 8 août 1786, le cristallier Jacques Balmat et le médecin Michel Paccard, tous deux de Chamonix, atteignent le sommet du mont Blanc, point culminant des Alpes (environ 4 806 m, l’altitude du sommet de neige variant de quelques mètres selon les années). Le naturaliste genevois Horace-Bénédict de Saussure, qui avait promis une récompense au premier vainqueur, y monte l’année suivante pour y faire des mesures scientifiques. Marie Paradis est, en 1808, la première femme au sommet.

L’âge d’or et la conquête des Alpes

De 1854 à 1865, la plupart des grands sommets alpins sont gravis, souvent par des alpinistes britanniques accompagnés de guides locaux ; l’Alpine Club est fondé à Londres en 1857. L’âge d’or s’achève avec le Cervin (4 478 m), gravi le 14 juillet 1865 par Edward Whymper et sa cordée : quatre des sept hommes meurent à la descente, un drame qui frappe l’opinion. La Compagnie des guides de Chamonix, la plus ancienne du monde, date de 1821.

Au XXe siècle, les alpinistes recherchent des voies plus difficiles : les grandes faces nord des Alpes (Cervin, Grandes Jorasses, Eiger) sont vaincues dans les années 1930.

L’Himalaya et les 8 000

La Terre compte 14 sommets de plus de 8 000 mètres, tous en Asie, dans l’Himalaya et le Karakoram (voir les plus hautes montagnes du monde).

DateÉvénement
3 juin 1950Maurice Herzog et Louis Lachenal gravissent l’Annapurna (8 091 m), premier 8 000 de l’histoire
29 mai 1953Edmund Hillary (Nouvelle-Zélande) et Tenzing Norgay (Népal) atteignent le sommet de l’Everest (8 849 m)
1975La Japonaise Junko Tabei, première femme au sommet de l’Everest
1978Reinhold Messner et Peter Habeler gravissent l’Everest sans oxygène en bouteille
1986Reinhold Messner, premier à avoir gravi les quatorze 8 000

L’expédition française à l’Annapurna, qui coûta à Herzog et Lachenal l’amputation de doigts et d’orteils, fut un événement national. Depuis les années 1990, l'alpinisme commercial a transformé l’Everest, gravi chaque année par des centaines de clients guidés, avec des embouteillages et des accidents qui suscitent des débats.

Les dangers

  • Chutes de pierres, avalanches et crevasses : les dangers objectifs, accentués par le réchauffement climatique, qui fragilise le permafrost et réduit les glaciers.
  • Mal aigu des montagnes : maux de tête, nausées, insomnie au-delà de 2 500 à 3 000 m ; il peut évoluer vers un œdème pulmonaire ou cérébral, mortels sans descente rapide.
  • Zone de la mort : au-dessus de 8 000 m, la pression de l’oxygène est environ trois fois plus faible qu’au niveau de la mer et l’organisme se dégrade en permanence.
  • Froid : gelures et hypothermie.

La règle de sécurité fondamentale est l'acclimatation progressive : monter haut, dormir plus bas. En cas d’accident en montagne en France, on appelle le 112, qui oriente vers le peloton de gendarmerie de haute montagne ou les CRS montagne.

Les cotations

Les itinéraires d’alpinisme sont cotés selon une échelle d’engagement global : F (facile), PD (peu difficile), AD (assez difficile), D (difficile), TD (très difficile), ED (extrêmement difficile). Les passages de rocher ont en plus une cotation chiffrée proche de celle de l'escalade, et les passages de glace leur propre échelle.

Questions fréquentes

Quelle différence entre alpinisme et escalade ?

L’escalade est la progression sur une paroi, en salle ou en falaise, centrée sur la difficulté du geste. L’alpinisme vise un sommet en haute montagne et combine marche glaciaire, escalade rocheuse, neige et glace, avec une forte dimension d’engagement.

Faut-il un guide pour gravir le mont Blanc ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est fortement conseillé sans expérience de la haute montagne : la voie normale, techniquement facile, est exposée aux chutes de pierres (couloir du Goûter) et à l’altitude. Une réservation en refuge est exigée en été.

Pourquoi grimpe-t-on l’Everest au printemps ?

Parce que la fin de l’hiver et l’avant-mousson, en mai, offrent de courtes fenêtres où le courant-jet s’éloigne du sommet, réduisant les vents violents.

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