Sciences · Mathématiques
Le nombre e
Le nombre e vaut environ 2,718 28. C’est la base de la fonction exponentielle et du logarithme népérien, la limite de (1 + 1/n)ⁿ quand n devient très grand, et un nombre irrationnel et transcendant.
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Après π, e est la constante la plus importante des mathématiques. On la retrouve partout où une quantité varie proportionnellement à elle-même : intérêts composés, croissance d’une population, désintégration radioactive, refroidissement d’un objet. Sa notation est due à Leonhard Euler, qui l’utilise dès les années 1720-1730 ; on l’appelle parfois « nombre d’Euler » ou « constante de Néper ».
Trois façons de définir e
Comme une limite
e = lim (1 + 1/n)ⁿ quand n tend vers l’infini.
| n | (1 + 1/n)ⁿ |
|---|---|
| 1 | 2 |
| 2 | 2,25 |
| 10 | 2,593 7… |
| 100 | 2,704 8… |
| 1 000 | 2,716 9… |
| 1 000 000 | 2,718 280… |
La convergence est lente : un million d’étapes ne donnent que cinq décimales exactes (voir les limites de suites).
Comme une somme infinie
e = 1 + 1/1! + 1/2! + 1/3! + 1/4! + … = 1 + 1 + 0,5 + 0,166… + 0,041… + …
Cette série converge très vite grâce à la croissance de la factorielle : dix termes suffisent pour six décimales exactes.
Par l’aire sous une courbe
e est le nombre tel que l’aire sous la courbe de y = 1/x, entre x = 1 et x = e, vaut exactement 1 (voir les intégrales). C’est la définition géométrique du logarithme népérien.
L’origine : les intérêts composés
En 1683, Jacques Bernoulli étudie le problème suivant. On place 1 € à 100 % d’intérêt annuel.
| Fréquence des intérêts | Calcul | Capital au bout d’un an |
|---|---|---|
| Une fois par an | (1 + 1)¹ | 2,00 € |
| Deux fois (50 % par semestre) | (1 + 1/2)² | 2,25 € |
| Mensuelle | (1 + 1/12)¹² | ≈ 2,61 € |
| Quotidienne | (1 + 1/365)³⁶⁵ | ≈ 2,71 € |
| Continue | e | ≈ 2,72 € |
Le capital ne grandit pas indéfiniment : il tend vers e. Plus généralement, un taux annuel t composé en continu multiplie le capital par eᵗ en un an (voir les intérêts composés).
Propriétés mathématiques
- e est irrationnel (Euler, 1737) : son écriture décimale est infinie et non périodique (voir les nombres irrationnels).
- e est transcendant (Charles Hermite, 1873) : il n’est solution d’aucune équation polynomiale à coefficients entiers. π l’a été à son tour en 1882, par Lindemann, avec une méthode inspirée de celle d’Hermite.
- La fonction
x ↦ eˣest la seule (à un facteur près) égale à sa dérivée (voir la fonction exponentielle). - Identité d’Euler :
e^(iπ) + 1 = 0, qui relie e, π, i, 1 et 0 (voir les nombres complexes).
Où trouve-t-on e ?
- Croissance et décroissance exponentielles : une population qui croît de 2 % par an en continu vaut
P₀ × e^(0,02t); la radioactivité suitN₀ × e^(−λt)(voir la radioactivité). - Probabilités : la loi normale contient
e^(−x²/2); la probabilité qu’une permutation au hasard ne laisse aucun élément à sa place tend vers1/e ≈ 36,8 %. - Équations différentielles : les solutions de
y′ = aysontCeᵃˣ(voir les équations différentielles). - La chaînette : un câble suspendu à deux points prend la forme d’un cosinus hyperbolique, combinaison de eˣ et e⁻ˣ.
Erreurs fréquentes
- Confondre e et la notation E des calculatrices :
3E5signifie3 × 10⁵, pas3 × e⁵. - Croire que (1 + 1/n)ⁿ tend vers 1 parce que
1 + 1/ntend vers 1 : la limite est e, car l’exposant tend vers l’infini. - Écrire e = 2,718 comme valeur exacte : ce n’est qu’une approximation.
Questions fréquentes
Quelle est la valeur exacte de e ?
e n’a pas d’écriture décimale finie : e = 2,718 281 828 459 045… On le note simplement e, ou exp(1).
Pourquoi e est-il si important ?
Parce que l’exponentielle de base e est la seule fonction exponentielle égale à sa dérivée. Les calculs de croissance, de dérivées et d’intégrales sont alors les plus simples.
Quelle différence entre e et le nombre d’or ?
Ce sont deux constantes sans rapport : e ≈ 2,718 est transcendant, le nombre d’or φ ≈ 1,618 est solution de x² = x + 1.
Comment obtenir e sur une calculatrice ?
On utilise la touche eˣ avec x = 1, souvent accessible par seconde fonction de la touche ln.