Nature et animaux · Reptiles et amphibiens
Le varan de Komodo
Le varan de Komodo (Varanus komodoensis) est le plus grand lézard vivant : jusqu’à 3 m de long et plus de 70 kg. Il ne vit que sur quelques îles d’Indonésie et est classé en danger par l’UICN.
Mis à jour le 4 min de lecture
Surnommé « dragon de Komodo », ce prédateur massif n’a été décrit par la science qu’en 1912, à la suite d’expéditions néerlandaises dans les petites îles de la Sonde. Ce n’est pas un dinosaure survivant mais un varan, de la même famille que les autres varans d’Afrique, d’Asie et d’Australie, parvenu à une taille exceptionnelle sur des îles où il est le prédateur dominant.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Varanus komodoensis |
| Famille | Varanidés |
| Taille | mâles 2,5 à 3 m ; femelles environ 2 m |
| Poids | couramment 70 kg pour un grand mâle ; davantage après un repas |
| Longévité | environ 30 ans dans la nature |
| Régime | Carnivore : cerfs, sangliers, buffles, charognes, petits varans |
| Répartition | Îles de Komodo, Rinca, Florès, Gili Motang et Gili Dasami (Indonésie) |
| Population | Quelques milliers d’individus adultes |
| Statut UICN | En danger (EN) depuis 2021 |
Un habitat minuscule
Le varan de Komodo vit dans les savanes sèches, les forêts claires et les lisières de mangrove de quelques îles de l’est de l’Indonésie. Le parc national de Komodo, créé en 1980, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. Une partie de la population vit hors du parc, sur l’île de Florès, où l’habitat est moins protégé.
En 2021, l’UICN a fait passer l’espèce de « vulnérable » à « en danger », principalement en raison de la montée prévue du niveau de la mer liée au réchauffement climatique, qui réduirait les zones de basse altitude habitables, et de la fragmentation de son habitat.
Un chasseur à l’affût
Le varan chasse surtout en embuscade. Posté près d’une piste, il bondit sur un cerf de Timor ou un sanglier et le mord avec des dents en dents de scie, recourbées, qui déchirent profondément les chairs. Il peut aussi parcourir de longues distances pour suivre une odeur : sa langue fourchue, qui capte les molécules dans l’air, et l'organe de Jacobson au palais lui permettent de détecter une charogne à plusieurs kilomètres.
Il est capable d’avaler d’énormes morceaux, jusqu’à 80 % de son poids en un repas, grâce à une mâchoire articulée et un estomac extensible. Il peut ensuite jeûner longtemps.
Le venin : une découverte récente
Pendant des décennies, on a cru que la proie mourait d’une infection due aux bactéries de la salive du varan. Des travaux publiés en 2009 ont montré que le varan possède des glandes à venin dans la mâchoire inférieure. Le venin, qui contient des toxines anticoagulantes et provoque une chute de la tension artérielle, aggrave la perte de sang et précipite l’état de choc de la proie mordue. Le rôle des bactéries buccales dans la mort des proies est aujourd’hui considéré comme marginal.
Reproduction et parthénogenèse
L’accouplement a lieu en saison sèche. La femelle pond une vingtaine d’œufs, souvent dans un ancien nid de mégapode (oiseau qui construit des monticules), et les surveille. L’incubation dure 7 à 8 mois environ. Les jeunes, longs d’une quarantaine de centimètres, se réfugient aussitôt dans les arbres : ils échappent ainsi aux adultes, qui sont cannibales. Ils y vivent leurs premières années, se nourrissant d’insectes, de geckos et d’oiseaux.
Le varan et l’homme
Les attaques sur l’homme sont rares mais documentées, y compris mortelles, notamment sur des villageois ou des gardes du parc. Le tourisme est encadré : les visiteurs doivent être accompagnés de rangers munis de bâtons fourchus.
Les principales menaces pour l’espèce sont :
- la réduction et la fragmentation de l’habitat, surtout sur Florès ;
- le braconnage des cerfs et des sangliers, ses proies principales ;
- les feux de brousse ;
- la montée des eaux à long terme ;
- la faible diversité génétique des petites populations insulaires.
Pourquoi est-il si grand ?
On a longtemps expliqué sa taille par le gigantisme insulaire : sur une île sans grands prédateurs mammifères, certains animaux grandissent. Les fossiles montrent cependant que des varans géants vivaient en Australie il y a plusieurs millions d’années ; le varan de Komodo serait plutôt le dernier représentant d’une lignée de grands varans autrefois plus répandue, qui aurait colonisé l’Indonésie depuis l’Australie. L’île de Florès a aussi abrité des éléphants nains (Stegodon), qui comptaient probablement parmi ses proies.
Questions fréquentes
Le varan de Komodo est-il venimeux ?
Oui. Il possède des glandes à venin dans la mâchoire inférieure, dont le venin anticoagulant aggrave le saignement et le choc de la proie. C’est l’un des rares lézards venimeux, avec les hélodermes.
Quel est le plus grand lézard du monde ?
Le varan de Komodo pour la masse et la taille. Le varan de Salvadori (Nouvelle-Guinée) peut être plus long en raison de sa queue très longue, mais il est beaucoup plus léger.
Peut-on voir des varans de Komodo en France ?
Quelques zoos européens en présentent, dont certains en France. Les naissances en captivité, y compris par parthénogenèse, contribuent aux programmes d’élevage conservatoire.