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Nature et animaux · Reptiles et amphibiens

Le triton

Les tritons sont des amphibiens urodèles qui vivent à terre une partie de l’année et rejoignent les mares au printemps pour se reproduire. La France en compte sept espèces environ, toutes protégées.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le triton n’est ni un lézard ni un poisson : c’est un amphibien à queue, comme la salamandre. Sa vie alterne entre une phase aquatique, au printemps, où il se reproduit dans les mares, les fossés et les étangs peu profonds, et une phase terrestre, le reste de l’année, où il se cache sous les pierres, le bois mort ou dans les haies. Les tritons sont d’excellents indicateurs de la qualité des petits milieux humides.

Comment reconnaître un triton ?

CritèreTritonLézardSalamandre tachetée
PeauNue, humide ou granuleuseÉcailles sèchesNue, noire et jaune
QueueAplatie latéralementRonde, effiléeRonde
Milieu au printempsMares, étangsMurs, rochers secsForêts, ruisseaux (larves)
MouvementLent à terre, bon nageurTrès rapideLent

En phase aquatique, les mâles de plusieurs espèces développent une crête dorsale et caudale et des couleurs vives ; elle régresse quand ils retournent à terre.

Les tritons de France

EspèceTailleRépartitionSignes distinctifs
Triton palmé (Lissotriton helveticus)6 à 9 cmPresque toute la FranceLe plus commun ; mâle aux pattes arrière palmées et queue terminée par un filament
Triton ponctué (Lissotriton vulgaris)7 à 11 cmNord et est de la FranceVentre orangé ponctué de noir, crête ondulée chez le mâle
Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris)8 à 12 cmNord-Est, montagnes, Massif centralVentre orange vif uniforme
Triton crêté (Triturus cristatus)12 à 17 cmNord et centreGrande crête dentelée chez le mâle, ventre jaune taché de noir
Triton marbré (Triturus marmoratus)12 à 16 cmOuest et sud-ouestDos vert marbré de noir
Euprocte des Pyrénées (Calotriton asper)10 à 16 cmTorrents des PyrénéesVit dans les eaux froides et courantes
Euprocte de Corse (Euproctus montanus)8 à 12 cmCorse (endémique)Ruisseaux de montagne

Le triton crêté figure parmi les espèces d’intérêt communautaire protégées par la directive européenne « Habitats ». Là où les aires du triton crêté et du triton marbré se chevauchent, ils s’hybrident (triton de Blasius).

La reproduction

  1. Février à avril : les tritons quittent leurs abris d’hiver et migrent vers les points d’eau, souvent les nuits pluvieuses.
  2. Parade nuptiale : le mâle se place devant la femelle et agite sa queue pour lui envoyer des phéromones par des courants d’eau.
  3. Il dépose un spermatophore, petit sac de spermatozoïdes, que la femelle recueille avec son cloaque : la fécondation est interne, sans accouplement.
  4. La femelle pond ses œufs un par un et replie avec ses pattes une feuille de plante aquatique autour de chacun pour le protéger. Elle peut en pondre plusieurs centaines au cours de la saison.
  5. Les larves, munies de branchies externes plumeuses, sont carnivores et se développent pendant 2 à 4 mois.
  6. Après la métamorphose, les jeunes quittent l’eau. Ils deviennent adultes en 2 à 4 ans.

Les adultes de certaines espèces restent à l’eau tout l’été ; d’autres repartent à terre dès la fin de la reproduction. Chez le triton alpestre et le triton palmé, certains adultes conservent leurs branchies et restent aquatiques, phénomène appelé néoténie (ou pédomorphose), comme chez l'axolotl.

Mode de vie

Les tritons se nourrissent de petits invertébrés : larves d’insectes, vers, petits crustacés, mollusques, têtards et œufs de grenouille. Ils respirent par les poumons et par la peau. En phase terrestre, ils sont nocturnes et s’éloignent rarement de plus de quelques centaines de mètres de leur mare. L’hiver, ils hivernent à terre, sous les souches ou dans le sol, parfois au fond de l’eau.

Un champion de la régénération

Comme tous les urodèles, le triton est capable de régénérer des parties entières de son corps : pattes, queue, mâchoire, partie de l’œil (cristallin, rétine) et même du cœur. Cette capacité, étudiée depuis le XVIIIe siècle, intéresse la recherche médicale sur la réparation des tissus.

Pourquoi les tritons déclinent-ils ?

  • Disparition des mares : comblement, abandon de l’élevage, drainage ; on estime qu’une grande partie des mares françaises a disparu au cours du XXe siècle (voir zones humides).
  • Introduction de poissons dans les mares (poissons rouges, carpes), qui mangent œufs et larves.
  • Pesticides et engrais, qui dégradent la qualité de l’eau.
  • Routes, qui coupent les trajets migratoires.
  • Maladies, dont les champignons chytrides.

Tous les tritons sont protégés en France : il est interdit de les capturer, de les transporter ou de détruire leur habitat.

Créer une mare pour les tritons

Une petite mare de jardin peut être colonisée en un ou deux ans :

  • bords en pente douce pour permettre la sortie des animaux ;
  • profondeur d’au moins 60 à 80 cm en un point pour éviter le gel complet ;
  • plantes aquatiques indigènes (pour la ponte) ;
  • aucun poisson ;
  • tas de bois, pierres et herbes hautes à proximité pour la phase terrestre.

Il ne faut pas y transférer de tritons ou d’œufs prélevés ailleurs : c’est interdit et cela peut propager des maladies. Voir jardin et biodiversité.

Questions fréquentes

Le triton est-il dangereux ?

Non. Il ne mord pas et n’est pas venimeux au sens strict. Sa peau contient des substances irritantes chez certaines espèces : se laver les mains après un contact accidentel et ne pas le manipuler, car il est protégé.

Peut-on garder un triton dans un aquarium ?

Pas un triton prélevé dans la nature : toutes les espèces françaises sont protégées. Seuls des animaux issus d’élevages autorisés, d’espèces non protégées, peuvent être détenus, dans le respect de la réglementation.

Que fait un triton en été ?

Après la reproduction, la plupart des tritons quittent l’eau et mènent une vie terrestre et nocturne cachée, sous les pierres, les souches ou dans la litière, jusqu’à l’hivernage.

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