Nature et animaux · Reptiles et amphibiens
Le caméléon
Le caméléon est un lézard arboricole de la famille des Chamaeléonidés, connu pour changer de couleur, projeter sa langue et orienter ses yeux indépendamment. Près de la moitié des quelque 200 espèces vivent à Madagascar.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le caméléon est l’un des lézards les plus spécialisés. Tout son corps est adapté à la vie dans les branches et à la chasse à l’affût : pattes en pince, queue préhensile, yeux pivotants, langue projectile. Contrairement à une idée répandue, il ne change pas de couleur pour se camoufler sur n’importe quel fond, mais surtout pour communiquer et réguler sa température.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Famille | Chamaeléonidés |
| Nombre d’espèces | environ 200 à 220 |
| Répartition | Afrique, Madagascar, sud de l’Europe, Proche-Orient, Inde |
| Taille | de moins de 3 cm (Brookesia nana) à environ 70 cm (caméléon de Parson, caméléon d’Oustalet) |
| Régime | Insectivore ; les grandes espèces mangent aussi de petits vertébrés |
| Longévité | de quelques mois (caméléon de Labord) à une dizaine d’années selon l’espèce |
| Statut UICN | Très variable ; une part importante des espèces malgaches est menacée |
Comment le caméléon change-t-il de couleur ?
Pendant longtemps, on a cru que le changement de couleur reposait uniquement sur des pigments qui se concentrent ou se dispersent. Des travaux publiés en 2015 sur la panthère de Madagascar (Furcifer pardalis) ont montré un mécanisme différent pour les couleurs vives :
- sous la peau, des cellules appelées iridophores contiennent des nanocristaux de guanine disposés en réseau ;
- en modifiant l’espacement entre ces cristaux, le caméléon change la longueur d’onde de la lumière réfléchie : cristaux rapprochés, la peau reflète le bleu ; écartés, le jaune, l’orange ou le rouge ;
- ces couleurs « structurelles » se combinent avec les pigments jaunes ou bruns d’autres cellules (xanthophores, mélanophores).
Pourquoi change-t-il de couleur ?
| Fonction | Exemple |
|---|---|
| Communication sociale | Un mâle dominant arbore des couleurs vives face à un rival ; un vaincu s’assombrit |
| Séduction et refus | Une femelle gestante prend des couleurs sombres et contrastées pour repousser les mâles |
| Thermorégulation | Le matin, la peau fonce pour absorber la chaleur ; elle pâlit en pleine chaleur |
| Stress ou maladie | Couleurs ternes ou sombres |
| Camouflage | Les teintes de repos (vert, brun) se confondent avec le feuillage, mais le caméléon ne copie pas un fond arbitraire |
Une langue projectile
La langue du caméléon peut atteindre une à deux fois la longueur de son corps. Repliée au repos sur un os de la gorge, elle est projetée en quelques centièmes de seconde grâce à un mécanisme élastique : des tissus riches en collagène, tendus comme un ressort, libèrent brutalement l’énergie accumulée. L’accélération chez les petites espèces compte parmi les plus élevées mesurées chez un vertébré.
L’extrémité de la langue, en forme de ventouse, est couverte d’un mucus très visqueux qui colle à la proie. L’insecte est ramené dans la bouche en une fraction de seconde.
Des yeux indépendants
Chaque œil, protégé par une paupière en cône percée d’un petit trou, pivote indépendamment de l’autre sur près de 180°. Le caméléon peut ainsi surveiller deux directions à la fois et couvrir presque tout son environnement sans bouger la tête. Lorsqu’il repère une proie, les deux yeux convergent sur elle pour évaluer précisément la distance avant le tir de la langue.
Un corps fait pour les branches
- Pattes en pince : les doigts sont soudés en deux groupes opposés (deux et trois), qui enserrent les branches comme une tenaille.
- Queue préhensile chez la plupart des espèces arboricoles, enroulée autour des rameaux.
- Corps aplati latéralement, qui imite une feuille et limite la silhouette.
- Déplacement lent et saccadé, qui imite une feuille agitée par le vent.
Les caméléons de Madagascar
Madagascar abrite près de la moitié des espèces de caméléons, presque toutes endémiques. On y trouve :
- le caméléon de Parson (Calumma parsonii), l’un des plus grands du monde ;
- la panthère de Madagascar (Furcifer pardalis), aux couleurs spectaculaires, très présente dans le commerce ;
- les Brookesia, minuscules caméléons de la litière forestière ; Brookesia nana, décrit en 2021, est l’un des plus petits reptiles connus ;
- le caméléon de Labord (Furcifer labordi), qui vit à peine plus de quelques mois après l’éclosion, record de brièveté chez les vertébrés terrestres.
La déforestation de l’île menace de nombreuses espèces, dont l’aire de répartition se limite parfois à un seul massif forestier.
Un caméléon en Europe
Le caméléon commun (Chamaeleo chamaeleon) vit en Afrique du Nord, au Proche-Orient et dans quelques régions du sud de l’Europe (sud de l’Espagne et du Portugal, Crète, Malte, Chypre). Il est absent de France à l’état sauvage.
Caméléons et captivité
Les caméléons sont des animaux fragiles, sensibles au stress, à la déshydratation et aux carences en calcium et en rayons ultraviolets. Ils boivent les gouttes d’eau sur les feuilles plutôt que dans un récipient. Leur commerce est encadré par la convention de Washington (CITES) ; les prélèvements dans la nature ont contribué au déclin de certaines espèces.
Questions fréquentes
Le caméléon prend-il la couleur de son support ?
Non. Posé sur un échiquier ou un tissu coloré, il ne reproduit pas le motif. Ses couleurs dépendent surtout de son état (humeur, température, rang social), dans une gamme propre à chaque espèce.
Le caméléon est-il dangereux ?
Non. Il n’est pas venimeux. Un caméléon stressé peut siffler, ouvrir la bouche et mordre, mais sa morsure est bénigne.
Combien de temps vit un caméléon ?
Selon l’espèce, de quelques mois à une dizaine d’années. Les femelles des grandes espèces vivent souvent moins longtemps que les mâles, épuisées par les pontes successives.