Mythologies et religions · Mythologie grecque et romaine
Hermès
Hermès est le messager des dieux grecs, protecteur des voyageurs, des marchands et des voleurs, et guide des âmes vers les Enfers. Fils de Zeus et de Maïa, il porte le caducée ; à Rome, c’est Mercure.
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Hermès est l’un des douze dieux de l’Olympe. Rapide, rusé et inventif, il circule entre le monde des dieux, celui des hommes et celui des morts. Il est le dieu des passages et des échanges : routes, frontières, commerce, communication, mais aussi ruse, vol et chance. Son nom serait lié aux hermai, tas de pierres puis piliers surmontés d’une tête qui marquaient les chemins et les limites des propriétés.
Fiche d’identité
| Élément | Détail |
|---|---|
| Domaine | Messages, voyages, commerce, éloquence, ruse, troupeaux, passage des âmes |
| Parents | Zeus et Maïa (une Pléiade) |
| Lieu de naissance | Mont Cyllène, en Arcadie |
| Enfants | Pan (selon la tradition la plus répandue), Hermaphrodite (avec Aphrodite) |
| Attributs | Caducée, pétase (chapeau ailé), talonnières (sandales ailées), bourse |
| Animaux | Bélier, tortue |
| Nom romain | Mercure |
Un nouveau-né prodige
L'Hymne homérique à Hermès raconte sa première journée. Né à l’aube dans une grotte du mont Cyllène, il s’échappe de son berceau à midi. Il trouve une tortue, la vide et tend sur sa carapace des cordes en boyau : il invente ainsi la lyre. Le soir même, il vole cinquante vaches du troupeau de son demi-frère Apollon. Pour brouiller les pistes, il les fait marcher à reculons et se chausse de sandales en branchages. Il en sacrifie deux aux dieux, puis retourne se coucher dans ses langes.
Apollon découvre le vol et le traîne devant Zeus. Hermès nie avec aplomb, ce qui amuse leur père. La querelle se termine par un échange : Hermès offre la lyre à Apollon, qui devient le dieu de la musique, et reçoit en retour le troupeau et une baguette d’or. L’épisode fait d’Hermès le patron des voleurs et des négociateurs.
Le messager des dieux
Hermès transmet les volontés de Zeus. Grâce à ses sandales et à son chapeau ailés, il se déplace à toute vitesse. Quelques missions célèbres :
- il ordonne à la nymphe Calypso de laisser partir Ulysse (Odyssée, chant V) et donne au héros l’herbe moly qui le protège des sortilèges de Circé (voir Ulysse) ;
- il tue le géant aux cent yeux Argus, gardien d’Io, après l’avoir endormi au son de sa flûte, d’où son surnom d'Argeiphontès ;
- il conduit Héra, Athéna et Aphrodite auprès de Pâris pour le jugement qui déclenche la guerre de Troie ;
- il accompagne Priam, roi de Troie, jusqu’à la tente d’Achille pour réclamer le corps d’Hector (Iliade, chant XXIV) ;
- il aide Persée en lui prêtant une épée courbe (la harpè) et, selon certaines versions, des sandales ailées.
Le guide des âmes
Sous le nom d'Hermès psychopompe (« qui conduit les âmes »), il accompagne les morts jusqu’aux portes des Enfers, où le passeur Charon les prend en charge (voir Hadès). Il est l’un des rares dieux à circuler librement entre le monde des vivants et celui des morts. C’est lui qui ramène Perséphone auprès de sa mère, Déméter.
Le caducée
Le caducée (kērukeion, « bâton de héraut ») est une baguette autour de laquelle s’enroulent deux serpents, souvent surmontée de deux ailes. Insigne des hérauts et des messagers, il garantissait leur inviolabilité. Il ne faut pas le confondre avec le bâton d’Asclépios, autour duquel s’enroule un seul serpent et qui est le véritable symbole de la médecine. L’usage du caducée comme emblème médical, notamment aux États-Unis, résulte d’une confusion entre les deux.
Hermès Trismégiste
À l’époque hellénistique, en Égypte, Hermès a été assimilé au dieu égyptien Thot, dieu de l’écriture et du savoir (voir les dieux égyptiens). De cette fusion est née la figure d'Hermès Trismégiste (« trois fois très grand »), auteur légendaire de textes philosophiques et ésotériques (le Corpus hermeticum, rédigé pour l’essentiel aux IIe et IIIe siècles de notre ère). C’est de là que vient l’adjectif hermétique : les alchimistes fermaient leurs vases par le « sceau d’Hermès », d’où le sens de « parfaitement clos », puis d'« obscur, incompréhensible ».
Le culte et l’image
Hermès était honoré par les voyageurs, les marchands, les athlètes (il protégeait les gymnases) et les bergers. Les hermès – piliers à tête du dieu – étaient placés aux carrefours et devant les maisons d’Athènes ; leur mutilation en 415 av. J.-C., à la veille de l’expédition de Sicile, provoqua un grand scandale. Le dieu est représenté d’abord barbu, puis comme un jeune homme athlétique, comme dans l'Hermès portant Dionysos enfant attribué à Praxitèle (musée d’Olympie). À Rome, Mercure (de merx, « marchandise ») était surtout le dieu du commerce ; il a donné son nom au mercredi et à la planète la plus proche du Soleil.
Questions fréquentes
Pourquoi Hermès est-il le dieu des voleurs ?
Parce qu’il a volé le troupeau d’Apollon le jour même de sa naissance, en déployant ruse et éloquence pour se tirer d’affaire.
Quels sont les symboles d’Hermès ?
Le caducée, le pétase (chapeau à larges bords, souvent ailé), les sandales ailées et la bourse du marchand.
Quelle est la différence entre Hermès et Mercure ?
Mercure est le dieu romain identifié à Hermès. Il en reprend les mythes et les attributs, avec une insistance particulière sur le commerce.
Le caducée est-il le symbole de la médecine ?
Pas à l’origine. Le symbole de la médecine est le bâton d’Asclépios, à un seul serpent. Le caducée d’Hermès, à deux serpents, est un insigne de messager.