Mythologies et religions · Mythologie grecque et romaine
Mythologie romaine
La mythologie romaine associe des divinités proprement latines (Janus, Quirinus, Vesta) aux dieux grecs adoptés sous des noms romains (Jupiter, Junon, Minerve). Ses grands mythes racontent la fondation de Rome.
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La mythologie romaine est l’ensemble des croyances et des récits de la Rome antique sur ses dieux et ses origines. Elle repose sur une religion très ancienne, pratique et civique, centrée sur les rites dus aux dieux pour obtenir leur protection (la pax deorum, la « paix des dieux »). Au contact des Étrusques puis des Grecs, à partir du VIe siècle av. J.-C. surtout, Rome a assimilé une grande partie de la mythologie grecque, en identifiant ses propres dieux aux Olympiens. Elle a aussi conservé des divinités et des récits sans équivalent grec, en particulier ceux de sa fondation.
Une religion avant d’être une mythologie
Les premiers Romains concevaient leurs dieux comme des puissances (numina) agissant dans des domaines précis, plus que comme des personnages dotés d’une biographie. Le culte comptait davantage que les récits :
- le culte public, assuré par des prêtres magistrats (pontifes, augures, flamines, vestales) au nom de la cité ;
- le culte domestique, rendu par le père de famille aux Lares (protecteurs de la maison), aux Pénates (gardiens des provisions) et aux mânes des ancêtres ;
- la divination : les augures observaient le vol des oiseaux, les haruspices les entrailles des victimes, pour connaître la volonté des dieux.
L’exactitude du rite primait : une prière mal prononcée devait être recommencée.
Les dieux romains et leurs équivalents grecs
| Dieu romain | Équivalent grec | Domaine |
|---|---|---|
| Jupiter | Zeus | Roi des dieux, ciel, garant de l’État |
| Junon | Héra | Mariage, femmes, protectrice de Rome |
| Minerve | Athéna | Sagesse, artisanat, guerre |
| Mars | Arès | Guerre, père mythique de Romulus |
| Vénus | Aphrodite | Amour, mère d’Énée |
| Neptune | Poséidon | Mers |
| Mercure | Hermès | Commerce, messager |
| Apollon | Apollon | Arts, médecine, oracles |
| Diane | Artémis | Chasse, Lune |
| Cérès | Déméter | Moissons |
| Vulcain | Héphaïstos | Feu, forge |
| Vesta | Hestia | Foyer public |
| Bacchus (Liber) | Dionysos | Vin |
| Pluton | Hadès | Enfers |
| Saturne | Cronos | Semailles, âge d’or |
| Cupidon | Éros | Amour |
Les dieux proprement romains
Plusieurs divinités n’ont pas d’équivalent grec véritable :
- Janus, dieu à deux visages, des commencements, des portes et des passages. Il a donné son nom à januarius, janvier. Les portes de son temple restaient ouvertes en temps de guerre.
- Quirinus, ancien dieu de la communauté des citoyens, identifié plus tard à Romulus divinisé.
- Vesta, dont le feu sacré, entretenu par six prêtresses vierges, les vestales, ne devait jamais s’éteindre.
- Terminus, dieu des bornes et des limites.
- Faunus et Pomone, divinités des champs et des fruits.
- Bellone, déesse de la guerre ; Fortuna, déesse de la chance.
Les Romains divinisaient aussi des notions abstraites : Fides (la bonne foi), Concordia, Pax, Victoria, Spes (l’espérance). Sous l’Empire, les empereurs défunts pouvaient être divinisés par le Sénat.
Les mythes de fondation de Rome
La part la plus originale de la mythologie romaine concerne l’histoire légendaire de la ville.
Énée, le Troyen
Fils de Vénus et du mortel Anchise, Énée fuit Troie en flammes en portant son père sur ses épaules et en tenant son fils Ascagne (Iule) par la main. Après une longue errance, marquée par son amour pour Didon, reine de Carthage, il s’établit dans le Latium. Ce récit, mis en forme par Virgile dans l'Énéide (Ier siècle av. J.-C.), relie Rome à la guerre de Troie et faisait de la famille de Jules César (la gens Iulia) une descendante de Vénus.
Romulus et Remus
Descendants d’Énée, les jumeaux fils de Mars et de la vestale Rhéa Silvia sont abandonnés sur le Tibre, recueillis par une louve, puis fondent Rome. Romulus tue son frère et devient le premier roi, selon la tradition en 753 av. J.-C. Voir la fiche Romulus et Remus.
Les rois et les héros de la République
Les récits sur les sept rois, l’enlèvement des Sabines, Lucrèce, Horatius Coclès ou Mucius Scaevola mêlent légende et histoire. Ils servaient d’exemples moraux (exempla) de courage et de dévouement à la patrie. Leur contexte est présenté dans la fiche République romaine.
Les sources latines
- Virgile, Énéide : épopée nationale d’Énée.
- Ovide, Métamorphoses et Fastes : mythes gréco-romains et calendrier religieux.
- Tite-Live, Histoire romaine : origines légendaires de Rome.
- Varron (perdu en grande partie, connu par saint Augustin) : antiquités religieuses.
La fin de la religion romaine
À partir du IVe siècle, le christianisme s’impose : l’empereur Constantin le favorise, puis Théodose interdit les cultes païens par une série d’édits (391-392). La mythologie survit toutefois dans la littérature et les arts, et dans les noms des jours (mardi de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter, vendredi de Vénus), des mois et des planètes. Le cadre historique est développé dans la fiche Empire romain.
Questions fréquentes
Les Romains ont-ils copié les dieux grecs ?
En partie. Ils avaient leurs propres dieux, qu’ils ont identifiés aux dieux grecs et dotés de leurs mythes. Mais le culte, les prêtres et plusieurs divinités (Janus, Quirinus) restent propres à Rome.
Quel est le dieu le plus important pour les Romains ?
Jupiter, surnommé Optimus Maximus (« très bon, très grand »), protecteur de l’État romain, honoré au temple du Capitole.
Pourquoi Mars est-il plus respecté à Rome qu’Arès en Grèce ?
Mars était le père légendaire de Romulus, donc l’ancêtre du peuple romain, et un dieu aussi lié à l’agriculture. Arès, en Grèce, incarnait surtout la fureur guerrière.
D’où viennent les noms des jours de la semaine ?
Du latin : Martis dies (mardi), Mercurii dies (mercredi), Jovis dies (jeudi), Veneris dies (vendredi), auxquels s’ajoutent Lunae dies (lundi) et Saturni dies (samedi, en anglais Saturday).