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Littérature · Œuvres

Le Chat botté

Le Maître chat ou le Chat botté est un conte de Charles Perrault publié en 1697. Un chat rusé, chaussé de bottes, transforme le fils pauvre d’un meunier en riche marquis de Carabas, jusqu’à lui faire épouser une princesse.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le Maître chat ou le Chat botté est le conte de la ruse triomphante. Contrairement à Cendrillon ou au Petit Chaperon rouge, le héros n’est ni bon ni innocent : c’est un animal menteur et efficace, qui obtient tout par la parole. Charles Perrault en tire deux moralités qui ne disent pas exactement la même chose. Le conte est étudié en 6e dans le thème « Résister au plus fort : ruses, mensonges et masques ».

Résumé

L’héritage

Un meunier laisse à ses trois fils pour tout héritage son moulin, son âne et son chat. L’aîné prend le moulin, le second l’âne, le cadet n’a que le chat et se désole : une fois qu’il l’aura mangé et fait un manchon de sa peau, il mourra de faim. Le chat lui demande simplement un sac et une paire de bottes pour aller dans les broussailles.

Les cadeaux au roi

Avec son sac garni de son et de laiterons, le chat attrape un jeune lapin et l’offre au roi « de la part de Monsieur le marquis de Carabas », nom qu’il invente pour son maître. Il recommence avec des perdrix, pendant deux ou trois mois.

La baignade

Apprenant que le roi doit passer au bord de la rivière avec sa fille, le chat dit à son maître de se baigner à un endroit précis. Quand le carrosse passe, il crie au secours : le marquis de Carabas se noie ! Il prétend que des voleurs ont emporté les habits de son maître, qu’il a en réalité cachés sous une pierre. Le roi fait apporter de beaux habits ; le jeune homme, bien fait, plaît à la princesse, qui en tombe amoureuse.

Les paysans menacés

Le chat court devant le carrosse et menace les faucheurs et les moissonneurs : s’ils ne disent pas au roi que ces terres appartiennent au marquis de Carabas, ils seront « hachés menu comme chair à pâté ». Les paysans obéissent ; le roi s’émerveille de la richesse du marquis.

L’ogre

Les terres appartiennent en réalité à un ogre très riche. Le chat se présente à son château et lui demande s’il est vrai qu’il peut se changer en n’importe quel animal. L’ogre se transforme en lion, ce qui terrifie le chat. Le chat le met alors au défi de se changer en un petit animal, un rat ou une souris. L’ogre devient souris : le chat la mange. Le roi arrive au château, désormais celui du marquis. Il donne sa fille au jeune homme, et le chat devient grand seigneur, ne courant plus après les souris que pour se divertir.

Les deux moralités

  • La première : l’industrie et le savoir-faire valent mieux qu’un héritage reçu.
  • La seconde : si le fils du meunier conquiert si vite la princesse, c’est que l’habit, la mine et la jeunesse comptent pour beaucoup dans l’amour.

Aucune ne condamne les mensonges du chat : Perrault laisse au lecteur le soin de juger.

Les personnages

PersonnageRôle
Le chat bottéHéros rusé, adjuvant et vrai moteur du conte
Le fils cadet du meunierHéros passif, devenu « marquis de Carabas »
Le roiDupé par les cadeaux et les mensonges
La princesseSéduite par l’apparence du jeune homme
Les paysansIntimidés, complices forcés
L’ogreRiche et puissant, vaincu par la flatterie

Thèmes

La ruse contre la force

L’ogre est plus fort que tout le monde, mais le chat le vainc par la parole. C’est le même ressort que dans le Roman de Renart ou les fables de La Fontaine : le faible triomphe du puissant par l’intelligence.

L’apparence et l’ascension sociale

Tout repose sur le paraître : un nom inventé, de beaux habits, des terres qui ne sont pas à lui. Le conte montre une société où l’on juge sur la mine, et où un fils de meunier peut devenir gendre du roi s’il en a l’air.

Une morale ambiguë

Le chat ment, menace et tue, mais il est récompensé. Le conte peut se lire comme une célébration de l’habileté ou comme une satire de la société de cour.

Pistes d’analyse pour un élève

  • Faire la liste des ruses du chat et des faiblesses qu’il exploite (gourmandise, vanité, peur).
  • Étudier le dialogue avec l’ogre : comment le chat utilise-t-il la flatterie ?
  • Comparer les deux moralités : laquelle correspond le mieux au conte ?
  • Débattre : le chat est-il un héros ou un escroc ?
  • Repérer le rôle du chat dans le schéma actantiel : adjuvant ou véritable héros ?

Questions fréquentes

Pourquoi le chat demande-t-il des bottes ?

Pour pouvoir marcher dans les broussailles et chasser ; les bottes lui donnent aussi l’allure d’un homme, presque d’un gentilhomme.

Qui est le marquis de Carabas ?

C’est le fils cadet du meunier, à qui le chat invente ce titre de noblesse pour impressionner le roi.

Comment le chat vainc-il l’ogre ?

Il le pousse à se transformer en souris, en prétendant ne pas croire qu’il en soit capable, puis il le mange.

Quelle est la morale du Chat botté ?

Le savoir-faire vaut mieux qu’un héritage ; et l’apparence physique et les beaux habits aident beaucoup à se faire aimer.

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