Littérature · Œuvres
La Belle au bois dormant
La Belle au bois dormant est un conte de Charles Perrault (1697). Une princesse maudite par une vieille fée s’endort cent ans ; chez Perrault, l’histoire continue après le réveil avec une reine ogresse.
Mis à jour le 4 min de lecture
La Belle au bois dormant ouvre le recueil de contes de Charles Perrault, publié en 1697 (le texte avait paru l’année précédente dans le journal Le Mercure galant). Beaucoup de lecteurs ne connaissent que la première moitié : le fuseau, le sommeil de cent ans, l’arrivée du prince. La seconde, où la mère du prince veut dévorer sa belle-fille et ses petits-enfants, surprend à chaque lecture.
Résumé
Le baptême et la malédiction
Un roi et une reine, longtemps sans enfant, ont enfin une fille. Ils invitent au baptême sept fées, qui seront ses marraines, et leur offrent à chacune un couvert d’or. Arrive une vieille fée qu’on n’a pas invitée, car on la croyait morte ou enchantée. Les six premières fées donnent à la princesse beauté, esprit, grâce, talent pour la danse, le chant et la musique. La vieille fée, vexée, annonce que la princesse se percera la main d’un fuseau et en mourra. La septième, qui s’était cachée, adoucit le sort : la princesse ne mourra pas mais dormira cent ans, jusqu’à ce qu’un fils de roi vienne la réveiller.
Le sommeil
Le roi interdit tous les fuseaux du royaume. Quinze ou seize ans plus tard, la princesse découvre dans une tour une vieille femme qui file, n’ayant jamais entendu parler de l’interdiction. Elle se pique et tombe endormie. La bonne fée endort alors tout le château (gouvernantes, cuisiniers, gardes, chevaux, jusqu’au petit chien) pour que la princesse ne soit pas seule à son réveil. Un bois épais pousse autour.
Le réveil
Cent ans plus tard, un prince d’une autre famille entend parler du château. Les ronces s’écartent devant lui. Il trouve la princesse, s’agenouille ; elle s’éveille, car le terme est venu. Ils se parlent longuement ; le château se réveille ; ils se marient le soir même. Chez Perrault, il n’y a pas de baiser : c’est la fin du délai qui la réveille.
La reine ogresse
Le prince garde le mariage secret pendant deux ans, car sa mère est de race ogresse. Le couple a deux enfants, Aurore et Jour. Devenu roi, le prince part à la guerre et confie sa femme et ses enfants à sa mère. Celle-ci ordonne à son maître d’hôtel de lui servir Aurore, puis Jour, puis la jeune reine. Le maître d’hôtel les cache et sert à leur place un agneau, un chevreau et une biche. L’ogresse découvre la ruse et fait remplir une cuve de crapauds, de vipères et de serpents pour y jeter ses victimes. Le roi revient à temps ; l’ogresse se jette elle-même dans la cuve.
La moralité
Perrault remarque avec humour qu’il est rare d’attendre cent ans un mari et que l’attente ne nuit pas au bonheur. Le ton est léger : la moralité commente avec ironie la patience des jeunes filles plus qu’elle ne donne une leçon sérieuse.
Perrault, Grimm et Basile
| Élément | Basile (XVIIe siècle) | Perrault (1697) | Grimm (1812) |
|---|---|---|---|
| Malédiction | Une écharde de lin | Un fuseau, sept fées et une vieille | Un fuseau, treize fées dont une non invitée |
| Réveil | Un de ses enfants suce l’écharde | Fin du délai de cent ans | Un baiser du prince |
| Seconde partie | Épouse jalouse du roi | Reine ogresse | Aucune |
Les Grimm s’arrêtent au mariage : c’est cette version courte que reprennent le ballet de Tchaïkovski (1890) et le film de Disney (1959).
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| La princesse | Héroïne, belle et passive |
| Le roi et la reine | Parents qui tentent de déjouer le sort |
| La vieille fée | Fée oubliée, auteure de la malédiction |
| La jeune fée | Adoucit le sort et endort le château |
| Le prince | Réveille la princesse, puis devient roi |
| La reine mère | Ogresse, opposante de la seconde partie |
| Le maître d’hôtel | Sauve la reine et ses enfants par la ruse |
| Aurore et Jour | Enfants du couple |
Thèmes et symboles
- Le destin : on ne peut pas échapper à la prédiction, seulement l’adoucir.
- Le passage à l’âge adulte : le fuseau et le sommeil autour de quinze ans ont été lus comme les symboles de la puberté.
- Le temps suspendu : le château figé, puis les robes démodées de la princesse au réveil, que Perrault note avec humour.
- La dévoration : l’ogre, figure de la cruauté et de la peur enfantine d’être mangé.
Pistes d’analyse pour un élève
- Montrer la structure en deux parties et chercher ce qui les relie.
- Relever le merveilleux : fées, dons, sommeil collectif, bois qui s’ouvre.
- Repérer l’humour de Perrault : les robes à l’ancienne, la moralité.
- Comparer avec le dessin animé : qu’est-ce qui a été ajouté, supprimé ?
Questions fréquentes
Combien de temps dort la Belle au bois dormant ?
Cent ans, selon le sort prononcé par la jeune fée pour adoucir la malédiction de mort.
Le prince réveille-t-il la princesse par un baiser ?
Pas chez Perrault : elle s’éveille parce que le délai est écoulé, au moment où il s’agenouille près d’elle. Le baiser vient de la version des Grimm.
Qui est l’ogresse dans La Belle au bois dormant ?
La mère du prince, issue d’une famille d’ogres. Elle veut manger sa belle-fille et ses petits-enfants pendant que son fils est à la guerre.
Quel est le nom de la princesse ?
Perrault ne la nomme pas. Ce sont ses enfants qui s’appellent Aurore et Jour ; Disney a donné le nom d’Aurore à la princesse.