Littérature · Œuvres
Cendrillon
Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre est un conte de Charles Perrault publié en 1697. Maltraitée par sa belle-mère, une jeune fille va au bal grâce à sa marraine fée et épouse le prince qui la retrouve grâce à sa pantoufle.
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Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre est l’un des huit contes en prose des Histoires ou contes du temps passé de Charles Perrault. C’est la version qu’a suivie le dessin animé de Disney (1950) : la fée, la citrouille transformée en carrosse, minuit, la pantoufle de verre. Mais l’histoire est bien plus ancienne et connaît des centaines de variantes dans le monde.
Résumé de la version de Perrault
La persécution
Un gentilhomme veuf épouse en secondes noces une femme hautaine, mère de deux filles qui lui ressemblent. La belle-mère ne supporte pas la douceur de la fille de son mari et la charge des pires travaux. La jeune fille dort sur une paillasse au grenier et, ses tâches finies, s’assoit dans les cendres de la cheminée : l’aînée des sœurs la surnomme Cucendron, et la cadette, moins malhonnête, Cendrillon. Son père, dominé par sa femme, ne la défend pas.
Le bal
Le fils du roi donne un bal. Cendrillon aide ses sœurs à se parer, puis pleure. Sa marraine, qui est fée, lui demande d’aller chercher une citrouille, qu’elle change en carrosse doré ; six souris deviennent des chevaux, un gros rat un cocher, six lézards des laquais. Ses haillons deviennent une robe d’or et d’argent, et elle reçoit des pantoufles de verre. Une seule condition : revenir avant minuit, sinon tout reprendra sa forme.
Au bal, tout le monde admire la princesse inconnue ; le prince ne la quitte pas. Elle part à minuit moins le quart. Le lendemain, à un second bal, elle oublie l’heure, s’enfuit au premier coup de minuit et perd une pantoufle de verre.
La reconnaissance
Le prince fait annoncer qu’il épousera celle dont le pied entrera dans la pantoufle. Les princesses, les duchesses, puis les deux sœurs l’essaient en vain. Cendrillon demande à essayer : la pantoufle lui va parfaitement, et elle sort l’autre de sa poche. La marraine transforme ses habits. Les sœurs demandent pardon ; Cendrillon leur pardonne, les loge au palais et les marie à deux grands seigneurs.
Les moralités
La première moralité affirme que la bonne grâce vaut mieux que la beauté. La seconde, plus ironique, rappelle que l’esprit, le courage ou la naissance ne servent à rien sans un parrain ou une marraine pour les faire valoir : un clin d’œil à la société de cour, où tout dépend des protections.
Perrault et les Grimm
| Élément | Perrault (1697) | Grimm (1812) |
|---|---|---|
| Aide magique | Une fée marraine | Un noisetier planté sur la tombe de la mère, des oiseaux |
| Bals | Deux | Trois |
| Chaussure | Pantoufle de verre | Soulier d’or |
| Les sœurs | Demandent pardon | Se coupent un orteil et le talon pour chausser le soulier |
| Fin des sœurs | Pardonnées et mariées | Des pigeons leur crèvent les yeux |
| Ton | Élégant, ironique | Plus sombre et cruel |
Sur la question de la pantoufle « de verre » ou « de vair » (fourrure), voir la fiche Charles Perrault : le texte de Perrault dit bien « verre ».
Des origines très anciennes
Le géographe grec Strabon (Ier siècle) raconte déjà l’histoire de Rhodopis, dont un aigle emporte la sandale jusqu’au pharaon, qui cherche sa propriétaire pour l’épouser. En Chine, un récit du IXe siècle, l’histoire de Ye Xian, met en scène une jeune fille maltraitée qui perd une chaussure d’or. Le conte existe aussi chez l’Italien Basile (La Chatte Cendrillon, XVIIe siècle).
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Cendrillon | Jeune fille douce, travailleuse, maltraitée |
| La belle-mère | Femme orgueilleuse et jalouse |
| Les deux demi-sœurs | Vaniteuses et jalouses ; la cadette est un peu moins dure |
| Le père | Absent, soumis à sa femme |
| La marraine fée | Aide magique |
| Le prince | Amoureux, mène la recherche |
Thèmes et symboles
- La justice : la bonté finit récompensée, la méchanceté démasquée.
- L’apparence et la vérité : sous les cendres se cache une princesse ; la pantoufle révèle l’identité véritable.
- La métamorphose : objets et animaux changés, puis le statut social de l’héroïne.
- Le temps : minuit, limite de la magie, crée le suspense.
- La famille recomposée : la marâtre, figure fréquente dans les contes.
Pistes d’analyse pour un élève
- Repérer le schéma narratif : situation initiale, élément perturbateur (le bal), péripéties, élément de résolution (la pantoufle), situation finale.
- Analyser le merveilleux : liste des transformations et de ce qu’elles deviennent.
- Comparer les fins de Perrault et des Grimm : pardon ou vengeance ?
- Discuter la seconde moralité : que dit-elle de la société du XVIIe siècle ?
Questions fréquentes
Pourquoi s’appelle-t-elle Cendrillon ?
Parce qu’après son travail, elle s’assoit dans les cendres du foyer. Ses demi-sœurs lui donnent ce surnom par moquerie.
Que se passe-t-il à minuit ?
La magie de la marraine prend fin : le carrosse redevient citrouille, les chevaux souris, la robe haillons. Seules les pantoufles restent de verre.
Combien y a-t-il de bals dans Cendrillon ?
Deux chez Perrault, trois chez les frères Grimm. C’est au dernier bal que l’héroïne perd sa chaussure.
Quelle est la morale de Cendrillon ?
La bonne grâce vaut plus que la beauté ; mais, ajoute Perrault avec ironie, les qualités ne suffisent pas sans protecteur.