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Littérature · Auteurs

André Gide

André Gide (1869-1951) est un écrivain français, prix Nobel de littérature en 1947, auteur des Nourritures terrestres et des Faux-monnayeurs. Cofondateur de la NRF, il a fait de la sincérité et de la liberté son combat.

Mis à jour le 4 min de lecture

André Gide, né à Paris le 22 novembre 1869 et mort dans la même ville le 19 février 1951, a dominé la vie littéraire française de la première moitié du XXe siècle. Issu d’une famille protestante rigoriste, il oppose à la morale de son enfance une exigence de liberté, de désir et de sincérité. Cofondateur de La Nouvelle Revue française, il publie des récits, des « soties », un grand roman, Les Faux-monnayeurs, un Journal tenu pendant soixante ans, et des témoignages sur le colonialisme et l’URSS. Il reçoit le prix Nobel en 1947.

Biographie

DateÉvénement
1869Naissance à Paris ; père professeur de droit d’origine languedocienne, mère issue de la bourgeoisie rouennaise
1880Mort de son père ; éducation stricte par sa mère
1891Les Cahiers d’André Walter ; fréquente les mardis de Mallarmé ; amitié avec Valéry et Pierre Louÿs
1893-1895Voyages en Afrique du Nord : révélation de sa sexualité ; rencontre d’Oscar Wilde en Algérie (1895)
1895Mort de sa mère ; épouse sa cousine Madeleine Rondeaux, mariage resté non consommé
1897Les Nourritures terrestres
1902L’Immoraliste
1908-1909Fonde avec Jean Schlumberger, Jacques Copeau et d’autres La Nouvelle Revue française
1909La Porte étroite
1912-1913La NRF refuse le manuscrit de Du côté de chez Swann de Proust, ce que Gide regrettera
1914Les Caves du Vatican
1923Naissance de sa fille Catherine, née de sa relation avec Élisabeth van Rysselberghe
1924Corydon, défense publique de l’homosexualité
1925-1926Les Faux-monnayeurs ; voyage en Afrique équatoriale française
1927-1928Voyage au Congo, Retour du Tchad : dénonciation des abus des compagnies concessionnaires
1936Voyage en URSS ; Retour de l’URSS, qui rompt avec le communisme
1947Prix Nobel de littérature
1951Mort à Paris ; l’année suivante, ses œuvres sont mises à l’Index par l’Église catholique

Œuvres principales

ŒuvreDateGenre selon Gide
Paludes1895Sotie
Les Nourritures terrestres1897Poème en prose
L’Immoraliste1902Récit
La Porte étroite1909Récit
Les Caves du Vatican1914Sotie
La Symphonie pastorale1919Récit
Si le grain ne meurt1926Autobiographie (jusqu’au mariage)
Les Faux-monnayeurs1925Roman (le seul qu’il nomme ainsi)
Journal des Faux-monnayeurs1926Carnet de travail
Voyage au Congo1927Témoignage
Retour de l’URSS1936Témoignage
Thésée1946Récit
Journal1889-1950Journal intime

Gide distingue les récits (brefs, à la première personne, souvent ironiques envers leur narrateur), les soties (farces satiriques) et le roman, réservé aux Faux-monnayeurs.

Les Nourritures terrestres

Ce livre lyrique s’adresse à un jeune disciple imaginaire, Nathanaël : « Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur. » Il célèbre les sensations, le désir, la disponibilité, contre la morale et les habitudes. Il contient la phrase célèbre : « Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. » Peu lu à sa sortie, il devient le livre de chevet de la jeunesse de l’après-guerre de 1914.

Les Faux-monnayeurs

Ce roman polyphonique suit plusieurs adolescents (Bernard, Olivier) et des adultes dans le Paris des années 1920, autour d’un trafic de fausse monnaie. Un des personnages, le romancier Édouard, écrit lui-même un roman intitulé Les Faux-monnayeurs : c’est l’exemple classique de la mise en abyme, expression que Gide avait empruntée au vocabulaire du blason dans son Journal (1893). Le roman, sans narrateur unique ni intrigue linéaire, annonce le Nouveau Roman.

L’acte gratuit

Dans Les Caves du Vatican, Lafcadio pousse un inconnu hors d’un train, sans raison, pour prouver sa liberté. Cet acte gratuit, sans motif ni intérêt, pose la question de la liberté absolue, reprise plus tard par l'existentialisme.

Thèmes et style

  • La sincérité : être soi-même, contre les conventions et l’hypocrisie.
  • Le conflit entre la morale protestante et le désir, au cœur de L’Immoraliste et de La Porte étroite.
  • L’homosexualité, assumée publiquement dans Corydon et Si le grain ne meurt, une audace rare à l’époque.
  • L’engagement contre le colonialisme et le stalinisme.
  • Un style classique, limpide et maîtrisé, au service d’idées souvent subversives.

Questions fréquentes

Pourquoi André Gide a-t-il reçu le prix Nobel ?

L’Académie suédoise l’a récompensé en 1947 pour une œuvre artistiquement significative où les problèmes de la condition humaine sont présentés, selon ses termes, avec un amour intrépide de la vérité et une grande pénétration psychologique.

Qu’est-ce que la mise en abyme chez Gide ?

Le procédé consiste à placer dans une œuvre une œuvre qui la reflète. Dans Les Faux-monnayeurs, le personnage d’Édouard écrit un roman qui porte le même titre.

Pourquoi Gide a-t-il refusé Proust ?

Chargé de lire le manuscrit pour la NRF en 1912, Gide l’a écarté, jugeant Proust un mondain. Il écrira à Proust en 1914 que ce refus était « la plus grave erreur de la NRF ».

Qu’a révélé Voyage au Congo ?

Les violences et le travail forcé imposés aux populations d’Afrique équatoriale par les compagnies concessionnaires. Le livre a provoqué un débat à la Chambre des députés.

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