Littérature · Auteurs
Guillaume Apollinaire
Guillaume Apollinaire (1880-1918) est un poète français, auteur d’Alcools (1913) et de Calligrammes (1918). Ami de Picasso, défenseur du cubisme, il a ouvert la poésie au XXe siècle et inventé le mot « surréalisme ».
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Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, né à Rome le 26 août 1880 et mort à Paris le 9 novembre 1918, est le poète qui fait passer la poésie française du symbolisme à l’avant-garde. Alcools (1913), sans ponctuation, mêle mélancolie amoureuse et modernité urbaine ; Calligrammes (1918) dessine les poèmes sur la page. Critique d’art, il soutient Picasso, Braque et le cubisme. Blessé à la tête au front en 1916, il meurt de la grippe espagnole deux jours avant l’armistice.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1880 | Naissance à Rome ; sa mère, Angelica de Kostrowicka, est issue de la noblesse polonaise ; son père reste inconnu |
| 1887-1899 | Enfance à Monaco, Cannes et Nice, où il fait ses études |
| 1899 | S’installe à Paris avec sa mère et son frère |
| 1901-1902 | Précepteur en Rhénanie ; amour malheureux pour la gouvernante anglaise Annie Playden |
| 1904-1907 | Rencontre Picasso, Max Jacob, puis la peintre Marie Laurencin, avec qui il vit jusqu’en 1912 |
| 1911 | Soupçonné à tort de complicité dans le vol de la Joconde, il passe une semaine à la prison de la Santé |
| 1913 | Alcools ; Les Peintres cubistes |
| 1914 | S’engage dans l’armée française ; liaison avec Louise de Coligny-Châtillon (« Lou ») |
| 1916 | Naturalisé français. Le 17 mars, blessé à la tempe par un éclat d’obus ; trépané |
| 1917 | Les Mamelles de Tirésias, « drame surréaliste » ; conférence L’Esprit nouveau et les poètes |
| 1918 | Calligrammes ; épouse Jacqueline Kolb, la « jolie rousse » |
| 9 novembre 1918 | Mort de la grippe espagnole ; inhumé au Père-Lachaise |
Œuvres principales
| Œuvre | Date | Genre |
|---|---|---|
| L’Enchanteur pourrissant | 1909 | Prose poétique sur Merlin, illustrée par Derain |
| L’Hérésiarque et Cie | 1910 | Contes |
| Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée | 1911 | Courts poèmes, illustrés par Raoul Dufy |
| Alcools | 1913 | Poèmes de 1898 à 1913 |
| Les Peintres cubistes | 1913 | Méditations esthétiques |
| Le Poète assassiné | 1916 | Récits |
| Les Mamelles de Tirésias | 1917 | Théâtre |
| Calligrammes | 1918 | « Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) » |
| Poèmes à Lou | posthume, 1955 | Poèmes d’amour écrits au front |
Alcools (1913)
Sur les épreuves, Apollinaire supprime toute la ponctuation : le rythme et la disposition des vers suffisent. Le recueil réunit des poèmes écrits sur quinze ans, du vers classique au vers libre.
- « Zone », placé en tête, s’ouvre sur un adieu au passé : « À la fin tu es las de ce monde ancien ». Le poète y célèbre Paris, les affiches, les automobiles, la tour Eiffel « bergère », et mêle ses souvenirs dans une longue errance.
- « Le Pont Mirabeau » est le plus célèbre poème d’amour du XXe siècle, écrit après la rupture avec Marie Laurencin :
Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
- « La Chanson du mal-aimé », long poème sur l’amour perdu pour Annie Playden.
- Les « Rhénanes » : poèmes nés du séjour en Allemagne (« Nuit rhénane », « Mai », « La Loreley »).
- « Automne malade », « Les Colchiques », « Marie ».
Calligrammes (1918)
Le calligramme est un poème dont les vers dessinent un objet lié à son sujet : la pluie qui tombe en lignes verticales (« Il pleut »), une cravate, une montre, la tour Eiffel. Apollinaire reprend une tradition ancienne (les poèmes figurés de l’Antiquité et de la Renaissance) et prolonge l’expérience d'Un coup de dés de Mallarmé. Le recueil contient aussi des poèmes de guerre, où les obus deviennent étoiles : « Ah Dieu ! que la guerre est jolie » (« L’Adieu du cavalier »), et se termine par « La Jolie Rousse », testament poétique où il plaide pour la modernité : « Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières / De l’illimité et de l’avenir ».
L’inventeur du « surréalisme »
En 1917, Apollinaire emploie le mot surréalisme dans le programme du ballet Parade (Satie, Cocteau, Picasso), puis dans le sous-titre de sa pièce Les Mamelles de Tirésias, « drame surréaliste ». André Breton et Philippe Soupault reprennent le terme en hommage, et Breton fonde en 1924 le surréalisme.
Thèmes et style
- L’amour malheureux et la mélancolie, dans la tradition lyrique (Villon, Verlaine).
- La fuite du temps, rythmée par l’eau qui coule.
- La modernité : la ville, la technique, l’avion, la peinture nouvelle.
- La guerre, vue avec une fascination parfois troublante, puis avec douleur.
- Le mélange des registres, des époques et des formes : chanson populaire, vers libre, collage, conversation.
Questions fréquentes
Pourquoi n’y a-t-il pas de ponctuation dans Alcools ?
Apollinaire l’a supprimée sur les épreuves du recueil en 1913, estimant que « le rythme même et la coupe des vers » suffisaient. Cela laisse plusieurs lectures possibles et rapproche les vers de la parole.
Qu’est-ce qu’un calligramme ?
Un poème dont la disposition typographique forme un dessin en rapport avec son sujet. Le mot, inventé par Apollinaire, combine « calligraphie » et « idéogramme ».
Comment est mort Apollinaire ?
Affaibli par sa blessure à la tête de 1916, il meurt de la grippe espagnole le 9 novembre 1918, à 38 ans, deux jours avant l’armistice.
Quel est le poème le plus célèbre d’Apollinaire ?
« Le Pont Mirabeau », publié en 1912 dans Les Soirées de Paris puis dans Alcools. Il a été mis en musique par Léo Ferré, entre autres.