Littérature · Œuvres
Le Petit Prince
Le Petit Prince est un conte d’Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 à New York. Un aviateur échoué dans le désert y rencontre un enfant venu d’un astéroïde, qui lui enseigne l’amitié et le regard du cœur.
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Le Petit Prince est l’œuvre la plus connue d'Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), aviateur et écrivain. Publié le 6 avril 1943 à New York par Reynal & Hitchcock, en anglais et en français, puis en France chez Gallimard en 1946, il est illustré par l’auteur lui-même à l’aquarelle. C’est l’un des livres les plus traduits au monde (plus de 500 langues et dialectes) et l’un des plus vendus. Sous l’apparence d’un conte pour enfants, il propose une réflexion philosophique sur l’amitié, la responsabilité et le sens de la vie.
Le contexte
Saint-Exupéry, pilote de l’Aéropostale puis écrivain célèbre (Vol de nuit, 1931 ; Terre des hommes, 1939), est en exil aux États-Unis après la défaite de 1940. Le livre est écrit en 1942. En 1935, il avait lui-même connu un accident d’avion dans le désert de Libye, avec son mécanicien André Prévot, et avait failli mourir de soif. Il rejoint ensuite les Forces aériennes françaises libres et disparaît en mission de reconnaissance au-dessus de la Méditerranée le 31 juillet 1944. Voir la Seconde Guerre mondiale.
Résumé
Le narrateur raconte qu’enfant, il a dessiné un boa digérant un éléphant, que les grandes personnes ont pris pour un chapeau. Découragé, il est devenu pilote.
Six ans avant le moment où il écrit, son avion tombe en panne dans le désert du Sahara. Au matin, un petit garçon lui demande : « S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! » C’est le petit prince, venu de l'astéroïde B 612, une planète à peine plus grande qu’une maison, où poussent des baobabs à arracher, où se trouvent trois volcans et une rose vaniteuse qu’il aime.
Le petit prince raconte qu’il a quitté sa planète après un malentendu avec la rose. Il a visité six astéroïdes habités chacun par une grande personne absurde, avant d’arriver sur la Terre.
| Planète | Habitant | Ce qu’il représente |
|---|---|---|
| 1 | Le roi | Le pouvoir qui veut tout commander |
| 2 | Le vaniteux | Le besoin d’être admiré |
| 3 | Le buveur | Le cercle vicieux (il boit pour oublier qu’il a honte de boire) |
| 4 | Le businessman | L’obsession de posséder et de compter |
| 5 | L’allumeur de réverbères | Le devoir absurde, mais aussi la fidélité |
| 6 | Le géographe | Le savoir théorique qui ne va jamais voir |
Sur Terre, il rencontre un serpent, découvre un jardin de cinq mille roses semblables à la sienne et en est désespéré. Le renard lui demande de l'« apprivoiser » et lui révèle que sa rose est unique parce qu’il l’aime et qu’il en a pris soin. Le renard lui confie son secret : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Avec l’aviateur, assoiffé, il trouve un puits dans le désert. Un an après son arrivée sur Terre, il se laisse mordre par le serpent pour retourner, sans son corps « trop lourd », vers sa planète et sa rose. L’aviateur répare son avion et repart, en demandant au lecteur de le prévenir s’il retrouve le petit prince.
Les personnages et leurs symboles
| Personnage | Symbole |
|---|---|
| Le petit prince | L’enfance, la pureté du regard, la quête de sens |
| L’aviateur | L’adulte qui a gardé une part d’enfance |
| La rose | L’amour, la fragilité, souvent rapprochée de Consuelo, épouse de l’auteur |
| Le renard | L’amitié, la sagesse, le lien |
| Le serpent | La mort, mais aussi le passage et la délivrance |
| Les grandes personnes | Les adultes enfermés dans les chiffres, le pouvoir, l’apparence |
| Les baobabs | Les dangers qu’il faut arracher à temps, parfois lus comme les totalitarismes |
Les thèmes
Le regard de l’enfant sur les adultes
« Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules », note le narrateur. Les adultes aiment les chiffres et ignorent l’essentiel.
L’amitié et l’apprivoisement
Apprivoiser, c’est « créer des liens ». C’est le temps passé avec l’autre qui le rend unique. Le renard ajoute : « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
L’amour et la responsabilité
Le petit prince comprend qu’il aurait dû juger la rose « sur les actes et non sur les mots ». Son retour est un acte de fidélité.
La mort et l’invisible
La fin, ambiguë, laisse le lecteur entre deuil et espérance : les étoiles riront pour l’aviateur parce que le petit prince habite l’une d’elles.
Un conte philosophique
Le Petit Prince emprunte au conte merveilleux (voyage, personnages symboliques, animaux qui parlent) et à l’apologue : comme la fable, il délivre une leçon morale par le récit. Il relève de l'argumentation indirecte, au même titre que les contes philosophiques de Voltaire. Les registres y alternent : merveilleux, humoristique (les grandes personnes), lyrique et pathétique (voir les registres littéraires).
Questions fréquentes
Quelle est la morale du Petit Prince ?
L’essentiel est invisible pour les yeux : l’amitié, l’amour et les liens comptent plus que les apparences, le pouvoir ou la possession. On est responsable de ceux que l’on aime.
D’où vient le petit prince ?
De l’astéroïde B 612, une toute petite planète où il a laissé sa rose.
Le Petit Prince est-il un livre pour enfants ?
Il est accessible aux enfants, mais sa dédicace et ses thèmes (la mort, l’amour, la critique des adultes) s’adressent aussi aux adultes ; la dédicace le rappelle : « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) »
Comment se termine Le Petit Prince ?
Le petit prince se fait mordre par le serpent pour retourner sur sa planète. Le lendemain, l’aviateur ne retrouve pas son corps et espère qu’il est rentré chez lui.