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Littérature · Œuvres

Les Fleurs du mal

Les Fleurs du mal est le recueil de poèmes de Charles Baudelaire publié en 1857, puis augmenté en 1861. Il décrit le combat du poète entre le spleen et l’idéal et transforme le mal et la laideur en beauté.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les Fleurs du mal est l’unique recueil de poésie en vers de Charles Baudelaire et l’un des livres les plus influents de la poésie mondiale. Publié le 25 juin 1857 par Auguste Poulet-Malassis, il est aussitôt poursuivi et partiellement condamné pour immoralité. La deuxième édition (1861), privée des six pièces condamnées mais enrichie de nouveaux poèmes, dont la section « Tableaux parisiens », est considérée comme la version de référence. Le recueil est dédié à Théophile Gautier, « poète impeccable ».

Le sens du titre

Le titre est un oxymore : les fleurs, symbole de beauté, naissent du mal. Baudelaire veut extraire la beauté du mal moral (le vice, le péché, l’ennui) et du mal physique (la maladie, la mort, la laideur). Dans un projet d’épilogue, il s’adresse à Paris : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or. »

La structure du recueil (édition de 1861)

Le recueil est construit comme un itinéraire, un « livre » et non un simple « album », selon les mots de Baudelaire. Il s’ouvre sur un poème liminaire, « Au lecteur ».

SectionContenuPoèmes célèbres
Spleen et IdéalLa plus longue (85 poèmes) : la condition du poète, l’art, l’amour, le spleen« L’Albatros », « Correspondances », « Hymne à la beauté », « L’Invitation au voyage », « Spleen »
Tableaux parisiensAjoutée en 1861 : la ville moderne et ses marginaux« Le Cygne », « À une passante », « Les Petites Vieilles »
Le VinUne évasion par l’ivresse« L’Âme du vin »
Fleurs du malLe vice, la luxure« Un voyage à Cythère »
RévolteRévolte contre Dieu« Les Litanies de Satan »
La MortL’issue ultime« Le Voyage »

Le recueil se termine sur le dernier vers du « Voyage » : « Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! »

Les grands thèmes

Spleen et idéal

Le poète oscille entre l’aspiration à l’idéal (élévation, beauté, amour, art) et la chute dans le spleen, angoisse et ennui écrasants. Le dernier poème intitulé « Spleen » (« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ») décrit l’enfermement de l’esprit et la victoire de l’Angoisse.

La condition du poète

Dans « L’Albatros », le poète, « prince des nuées » à l’aise dans la tempête, est ridicule et maladroit parmi les hommes : « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. »

L’amour et les femmes

Plusieurs cycles amoureux ont été identifiés : Jeanne Duval (amour sensuel, « La Chevelure »), Apollonie Sabatier (amour spirituel), Marie Daubrun (« L’Invitation au voyage »).

La ville moderne

Les « Tableaux parisiens » font de Paris, transformé par Haussmann, un sujet poétique : foules, passantes, mendiants, vieillards. « À une passante » saisit une rencontre fugitive dans la rue.

La mort

Omniprésente, elle est à la fois horreur (« Une charogne ») et dernière évasion (« Le Voyage »).

Analyse de poèmes célèbres

« Correspondances »

Ce sonnet expose une théorie poétique : la nature est un « temple » et une « forêt de symboles » ; les sensations se répondent entre elles (synesthésies : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent »). Le poète déchiffre ce langage caché. Ce texte annonce le symbolisme.

« L’Invitation au voyage »

Poème aux strophes hétérométriques (vers de 5 et 7 syllabes), avec un refrain : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, / Luxe, calme et volupté. » Il rêve d’un pays idéal, inspiré de la Hollande.

« À une passante »

Sonnet des « Tableaux parisiens » : dans le bruit de la rue, le poète croise une femme en deuil qu’il ne reverra jamais ; il conclut : « Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! »

Le procès de 1857

Le 20 août 1857, le tribunal correctionnel de la Seine condamne Baudelaire pour « outrage à la morale publique ». Il doit payer 300 francs d’amende (ramenés à 50 francs) et retirer six poèmes : « Les Bijoux », « Le Léthé », « À celle qui est trop gaie », « Lesbos », « Femmes damnées (Delphine et Hippolyte) » et « Les Métamorphoses du vampire ». Ces pièces paraîtront en Belgique dans Les Épaves (1866). La Cour de cassation réhabilite Baudelaire et ses poèmes le 31 mai 1949.

La forme : tradition et modernité

Baudelaire use de formes classiques (sonnets, alexandrins, rimes riches) héritées du Parnasse, mais pour des sujets jugés indignes de la poésie : une charogne, des vieillards, la débauche. Il multiplie les allégories (le Temps, l’Ennui, la Mort), les synesthésies, les apostrophes au lecteur et les contrastes. Voir la versification.

Questions fréquentes

Combien de poèmes compte Les Fleurs du mal ?

100 poèmes dans l’édition de 1857, 126 dans celle de 1861, qui est la plus étudiée.

Pourquoi Les Fleurs du mal ont-elles été condamnées ?

Six poèmes ont été jugés contraires aux bonnes mœurs en raison de leur érotisme. La condamnation n’a été annulée qu’en 1949.

Quelles sont les six sections des Fleurs du mal ?

« Spleen et Idéal », « Tableaux parisiens », « Le Vin », « Fleurs du mal », « Révolte » et « La Mort » (édition de 1861).

Que signifie le titre Les Fleurs du mal ?

C’est un oxymore : le poète tire la beauté (les fleurs) du mal, de la souffrance et de la laideur du monde.

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