Littérature · Œuvres
Notre-Dame de Paris (roman)
Notre-Dame de Paris est un roman de Victor Hugo publié en 1831. Dans le Paris de 1482, la bohémienne Esmeralda, aimée de Quasimodo, de Frollo et de Phoebus, meurt victime de leurs passions.
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Notre-Dame de Paris. 1482 est le premier grand roman de Victor Hugo. Paru en mars 1831, quelques mois après la bataille d'Hernani, il applique au roman l’esthétique romantique du mélange du grotesque et du sublime. La cathédrale y est un personnage à part entière : le livre a contribué à sauver le patrimoine gothique de la destruction.
La genèse
Hugo signe le contrat dès 1828 mais ne commence vraiment la rédaction qu’en juillet 1830, pressé par son éditeur Gosselin. Il l’achève en janvier 1831. Le roman s’inscrit dans la vogue du roman historique lancée par Walter Scott, mais Hugo y ajoute une méditation sur l’architecture, le destin et la société médiévale. Dans la préface, il dit avoir découvert, gravé sur un mur d’une tour, le mot grec ANANKÈ (« fatalité »), point de départ du livre.
Résumé
La fête des fous
Le 6 janvier 1482, jour de la fête des Rois et des fous, le poète Pierre Gringoire voit son mystère échouer au Palais de justice. La foule élit pape des fous Quasimodo, le sonneur de cloches de Notre-Dame, bossu, borgne et sourd. Le soir, Quasimodo, sur l’ordre de son maître l’archidiacre Claude Frollo, tente d’enlever la bohémienne Esmeralda, danseuse accompagnée de sa chèvre Djali. Le capitaine Phoebus de Châteaupers la délivre ; elle s’éprend de lui.
La Cour des miracles et le pilori
Gringoire, égaré dans la Cour des miracles, est sauvé de la pendaison par Esmeralda, qui accepte de l’épouser pour quatre ans, sans amour. Quasimodo, condamné au pilori pour la tentative d’enlèvement, réclame à boire : seule Esmeralda lui donne de l’eau. Il lui voue dès lors une adoration absolue.
Le crime et le procès
Frollo, dévoré de désir pour Esmeralda, épie son rendez-vous avec Phoebus et poignarde le capitaine. Esmeralda est accusée du crime et de sorcellerie, torturée, et avoue. Condamnée à mort, elle est arrachée au gibet par Quasimodo, qui l’emporte dans la cathédrale en criant « Asile ! ».
Le siège et la mort
Les truands de la Cour des miracles attaquent Notre-Dame pour libérer Esmeralda ; Quasimodo, croyant qu’ils veulent la tuer, la défend seul. Profitant du chaos, Frollo et Gringoire l’emmènent hors de la cathédrale. Repoussé, Frollo la livre à la recluse du Trou aux Rats, qui reconnaît en elle sa fille volée enfant grâce à un petit soulier. Les soldats reprennent Esmeralda, qui est pendue en place de Grève. Du haut des tours, Frollo rit ; Quasimodo le précipite dans le vide. Des années plus tard, on retrouve au charnier de Montfaucon deux squelettes enlacés : celui d’un homme difforme serrant celui d’une femme.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Esmeralda | Jeune bohémienne, innocente, victime des désirs qu’elle suscite |
| Quasimodo | Sonneur de cloches difforme, cœur pur, amour sacrifié |
| Claude Frollo | Archidiacre savant, rongé par un désir coupable |
| Phoebus de Châteaupers | Capitaine des archers, beau et superficiel |
| Pierre Gringoire | Poète raté, philosophe et lâche, double ironique de l’auteur |
| La recluse (Paquette la Chantefleurie) | Mère d’Esmeralda, cloîtrée dans le chagrin |
| Clopin Trouillefou | Roi des truands de la Cour des miracles |
| Fleur-de-Lys de Gondelaurier | Fiancée de Phoebus |
| Louis XI | Roi rusé et avare, apparition historique |
Les thèmes
La fatalité
Le mot ANANKÈ commande tout le roman : chacun court à sa perte. Frollo, Quasimodo, Phoebus, la recluse et Gringoire sont pris dans un engrenage de hasards et de passions qui broie l’innocente Esmeralda ; même le salut apparent (l’asile, la fuite, les retrouvailles avec sa mère) se retourne contre elle.
Le grotesque et le sublime
Quasimodo réunit ce que la Préface de Cromwell avait théorisé : un corps monstrueux et une âme sublime. À l’inverse, Phoebus est beau et vide, Frollo savant et monstrueux.
Le peuple et la société
La foule, les truands, la justice expéditive, l’Église et le roi composent un tableau critique du pouvoir médiéval. Hugo y annonce sa compassion pour les exclus, développée plus tard dans Les Misérables.
« Ceci tuera cela »
Dans ce chapitre ajouté en 1832, Frollo, montrant un livre imprimé puis la cathédrale, déclare : « Ceci tuera cela. » Hugo explique que l’imprimerie va remplacer l’architecture comme grand moyen d’expression de l’humanité : le livre tuera l’édifice.
Un roman pour sauver le patrimoine
Hugo décrit longuement la cathédrale et le Paris médiéval (« Paris à vol d’oiseau ») et dénonce les mutilations infligées aux monuments gothiques. Déjà auteur d’un pamphlet, Guerre aux démolisseurs (1825-1832), il contribue à l’éveil d’une conscience patrimoniale. La restauration de Notre-Dame par Lassus et Viollet-le-Duc commence en 1844. Après l’incendie du 15 avril 2019, le roman a de nouveau figuré parmi les meilleures ventes.
Postérité
Le roman a été adapté de nombreuses fois : opéra La Esmeralda de Louise Bertin sur un livret de Hugo (1836), films de Wallace Worsley (1923), William Dieterle (1939), Jean Delannoy (1956), dessin animé des studios Disney (1996) et comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante (1998). Le titre anglais, The Hunchback of Notre-Dame, place Quasimodo au centre.
Questions fréquentes
Comment meurt Esmeralda ?
Elle est pendue en place de Grève, après avoir été reprise par les soldats chez la recluse, sa mère, qui meurt en tentant de la défendre.
Pourquoi Quasimodo aime-t-il Esmeralda ?
Parce qu’elle seule a eu pitié de lui en lui donnant à boire lorsqu’il était au pilori, alors que la foule l’insultait.
Que signifie « Ceci tuera cela » ?
Le livre imprimé tuera l’édifice : l’imprimerie remplace l’architecture comme mémoire et langage de l’humanité.
Que devient Quasimodo ?
Il disparaît après la mort d’Esmeralda et de Frollo. Son squelette est retrouvé à Montfaucon, enlaçant celui de la jeune femme ; il tombe en poussière quand on veut l’en détacher.