Langue française · Origine des expressions
Être sur le qui-vive
Être sur le qui-vive, c’est être sur ses gardes, attentif à un danger possible. L’expression vient du cri des sentinelles, « Qui vive ? », par lequel on demandait à un inconnu de se faire reconnaître.
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Être sur le qui-vive signifie être en état d’alerte, prêt à réagir au moindre signe : Depuis les cambriolages du quartier, les habitants sont sur le qui-vive. L’expression décrit une vigilance tendue, parfois inquiète.
Sens et emploi
On dit être sur le qui-vive, rester sur le qui-vive, mettre quelqu’un sur le qui-vive. La vigilance peut être motivée par la peur (un danger), l’impatience (une nouvelle attendue) ou la méfiance. Le registre est courant.
Origine : le cri des sentinelles
« Qui vive ? »
Sous l’Ancien Régime, une sentinelle qui voyait approcher quelqu’un dans l’obscurité criait : « Qui vive ? » La question signifiait : « Pour qui êtes-vous ? Dans quel camp vous rangez-vous ? » On attendait en réponse un cri de ralliement, par exemple Vive le roi ! ou Vive la France !, qui permettait d’identifier un ami. Une réponse incorrecte, ou l’absence de réponse, désignait un ennemi.
La grammaire du cri
Qui vive ? est une forme abrégée et ancienne : vive est le subjonctif du verbe vivre, comme dans Vive le roi ! (« que le roi vive »). La question revient à dire « Qui doit vivre ? », c’est-à-dire « Qui acclamez-vous ? » Voir l'emploi du subjonctif.
Du cri à l’état de vigilance
La sentinelle qui crie « Qui vive ? » est, par définition, en éveil. Le cri est devenu un nom, le qui-vive, et l’expression être sur le qui-vive désigne l’état d’attention de la sentinelle. Elle est relevée dès le XVIe siècle et s’est répandue dans la langue générale.
Orthographe
- Qui-vive prend un trait d’union lorsqu’il est employé comme nom : le qui-vive, être sur le qui-vive.
- Il est invariable : ils sont sur le qui-vive.
- Le cri lui-même s’écrit sans trait d’union : « Qui vive ? »
Voir les règles du trait d’union.
Exemples
Synonymes et équivalents
En français : être sur ses gardes, être aux aguets, être en alerte, avoir l’œil, dormir que d’un œil (vigilance même au repos), être sur les dents (tension, surmenage).
| Langue | Équivalent | Sens littéral |
|---|---|---|
| Anglais | to be on the alert, on one’s guard | être en alerte, sur ses gardes |
| Anglais | to be on the qui vive | emprunt au français, littéraire |
| Espagnol | estar alerta, estar ojo avizor | être en alerte, l’œil aux aguets |
| Italien | stare all’erta | être à l’alerte |
| Allemand | auf der Hut sein | être sur sa garde |
L’anglais a emprunté l’expression : on the qui vive existe dans la langue littéraire. Au Québec, être sur le qui-vive est d’usage courant. Le mot alerte lui-même vient d’ailleurs de l’italien all’erta, cri militaire signifiant « sur la hauteur, en garde ».
Questions fréquentes
Faut-il un trait d’union à « qui-vive » ?
Oui, dans l’expression être sur le qui-vive, car qui-vive est un nom composé. Sans trait d’union, qui vive désigne le cri lui-même.
Que signifie exactement « Qui vive ? » ?
« Pour qui êtes-vous ? », « Quel parti soutenez-vous ? » : la sentinelle attendait un cri de ralliement en réponse.
Être sur le qui-vive, est-ce être stressé ?
Pas nécessairement : l’expression décrit la vigilance. Elle peut s’accompagner d’inquiétude, mais elle désigne d’abord l’attention.
Voir aussi la liste des expressions françaises et leur origine.