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Langue française · Origine des expressions

Cheval de Troie

Au figuré, un cheval de Troie est un moyen d’introduire discrètement un ennemi ou une menace dans un lieu protégé. L’expression vient du cheval de bois qui permit aux Grecs de prendre Troie.

Mis à jour le 3 min de lecture

Un cheval de Troie est, au figuré, une ruse qui consiste à faire entrer l’adversaire chez soi sous une apparence inoffensive : Ce partenariat est un cheval de Troie : le concurrent veut accéder à nos clients. En informatique, le terme désigne aussi un logiciel malveillant déguisé en programme légitime.

Le mythe

La ruse d’Ulysse

Selon la tradition grecque, après dix ans de siège, les Grecs ne parviennent pas à prendre la ville de Troie. Sur une idée d'Ulysse, l’artisan Épéios construit un immense cheval de bois, dans les flancs duquel se cachent des guerriers. Les Grecs feignent de lever le siège et laissent le cheval sur le rivage, comme une offrande. Les Troyens, malgré les avertissements, font entrer le cheval dans la ville. La nuit venue, les guerriers sortent, ouvrent les portes à l’armée grecque revenue en secret, et Troie est détruite (voir la guerre de Troie et Ulysse).

Les sources

L'Iliade d'Homère s’achève avant la chute de Troie et ne raconte pas l’épisode. Le cheval est évoqué dans l'Odyssée, notamment par l’aède Démodocos à la cour des Phéaciens. Le récit le plus développé se trouve dans l'Énéide de Virgile (livre II, Ier siècle av. J.-C.), où le prêtre Laocoon met en garde les Troyens. Son avertissement est resté célèbre :

« Timeo Danaos et dona ferentes » : « Je crains les Grecs, même quand ils apportent des présents. »

Laocoon et ses fils sont ensuite étouffés par des serpents, ce que les Troyens interprètent comme un signe divin en faveur du cheval.

Le sens figuré

L’expression s’emploie pour toute infiltration par la ruse : un allié qui sert en réalité l’adversaire, une mesure qui en cache une autre, un produit qui ouvre la voie à une concurrence. Elle est fréquente dans le vocabulaire politique, économique et militaire. Le registre est courant. Pluriel : des chevaux de Troie.

Le cheval de Troie informatique

En informatique, un cheval de Troie (en anglais Trojan horse, souvent abrégé trojan) est un programme qui se présente comme utile ou inoffensif (jeu, utilitaire, pièce jointe) et qui installe à l’insu de l’utilisateur une fonction malveillante : vol de données, prise de contrôle à distance, installation d’un rançongiciel. Il se propage souvent par des courriels piégés : voir le phishing. Contrairement à un virus, il ne se réplique pas de lui-même.

Exemples

Équivalents étrangers

LangueÉquivalent
AnglaisTrojan horse
Espagnolcaballo de Troya
Italiencavallo di Troia
AllemandTrojanisches Pferd

L’expression est la même dans toutes les langues européennes, preuve de l’influence de la culture antique. Au Québec, on dit aussi cheval de Troie.

Questions fréquentes

Faut-il une majuscule à « Troie » ?

Oui, Troie est un nom de ville : un cheval de Troie. Le mot cheval garde la minuscule.

Le cheval de Troie est-il dans l’Iliade ?

Non. L'Iliade s’arrête aux funérailles d’Hector. Le cheval apparaît dans l'Odyssée et surtout dans l'Énéide de Virgile.

Quelle différence entre un cheval de Troie et un virus informatique ?

Un virus se réplique en infectant d’autres fichiers ; un cheval de Troie se fait installer par l’utilisateur lui-même, trompé par son apparence.

Pour d’autres expressions héritées de la mythologie, voir le talon d’Achille, l'épée de Damoclès et tomber de Charybde en Scylla.

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