Langue française · Origine des expressions
Avoir la gueule de bois
Avoir la gueule de bois, c’est ressentir le lendemain les effets désagréables d’un excès d’alcool : bouche sèche, mal de tête, fatigue. L’image est celle d’une bouche si sèche qu’elle semble faite de bois.
Mis à jour le 3 min de lecture
Avoir la gueule de bois désigne l’état de malaise qui suit une consommation excessive d’alcool : Après la fête, il avait une sacrée gueule de bois. Par extension, l’expression s’emploie pour la déception ou l’abattement qui suivent un moment d’euphorie collective.
Sens et emploi
L’expression est familière : gueule, au sens de « bouche », appartient au registre populaire. On dit avoir la gueule de bois, se réveiller avec la gueule de bois, une gueule de bois carabinée. Le terme médical est veisalgie, très rare.
Au figuré, on parle de gueule de bois électorale, économique ou sportive pour l’abattement qui suit une défaite ou un excès d’optimisme : le lendemain des élections, le parti avait la gueule de bois.
Origine de l’expression
L’image
L’alcool déshydrate l’organisme : au réveil, la bouche est sèche, pâteuse, la langue raide. Cette sensation est comparée à une bouche de bois, sèche et rêche. Gueule, d’abord la bouche des animaux, désigne familièrement la bouche humaine depuis longtemps (fine gueule, ta gueule).
Datation
L’expression est relevée au XIXe siècle, dans la langue populaire, et a remplacé d’autres tournures. Elle est aujourd’hui la façon la plus courante de nommer cet état en France.
Ce qu’il se passe dans le corps
En termes simples, l’excès d’alcool provoque une déshydratation (l’alcool augmente l’élimination d’urine), une irritation de l’estomac et des troubles du sommeil ; la transformation de l’alcool par le foie produit aussi des substances toxiques. Ces effets expliquent la soif, les maux de tête et la fatigue. Le seul moyen sûr d’éviter la gueule de bois est de limiter sa consommation (voir alcool : repères de consommation).
Exemples
Équivalents étrangers
| Langue | Équivalent | Sens littéral |
|---|---|---|
| Anglais | hangover | ce qui reste suspendu |
| Anglais | to be hungover | être « gueule-de-boisé » |
| Espagnol | resaca | ressac |
| Italien | postumi della sbornia | séquelles de la cuite |
| Allemand | Kater | matou |
L’allemand Kater (« matou ») viendrait d’une déformation populaire de Katarrh (catarrhe), selon l’explication la plus répandue. Au Québec, on dit couramment être en lendemain de veille ou avoir un lendemain de veille ; gueule de bois y est compris mais moins fréquent. Voir les expressions québécoises.
Synonymes
Avoir mal aux cheveux (familier, plaisant), être dans le pâté (familier), lendemain de fête difficile. Pour l’excès lui-même, voir boire comme un trou.
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on « gueule » et pas « bouche » ?
Parce que l’expression vient de la langue populaire, où gueule désigne la bouche. Avoir la bouche de bois n’existe pas.
Le café guérit-il la gueule de bois ?
Non. Il peut atténuer la fatigue, mais il ne réhydrate pas et n’accélère pas l’élimination de l’alcool. Boire de l’eau et se reposer restent les mesures de bon sens.
Que signifie « gueule de bois » au sens figuré ?
Un état d’abattement collectif après une euphorie ou une défaite : la gueule de bois du lendemain d’élection.
Pour situer ces tournures, voir les registres de langue.