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Santé et secours · Symptômes courants

Migraine

La migraine est une maladie neurologique : crises de mal de tête souvent d’un seul côté, pulsatile, avec nausées et gêne à la lumière, de 4 à 72 heures. Traitée tôt, la crise se soulage mieux.

Mis à jour le 4 min de lecture

La migraine n’est pas un simple « mal de tête fort » : c’est une maladie neurologique chronique qui évolue par crises, séparées par des périodes sans douleur. Elle touche environ 15 % des adultes et trois fois plus de femmes que d’hommes, souvent à partir de l’adolescence ou du jeune âge adulte. Fréquemment sous-estimée, elle est pourtant l’une des premières causes de handicap chez les moins de 50 ans selon l’Organisation mondiale de la santé.

Comment reconnaître une crise de migraine

Le diagnostic est clinique. Les critères internationaux retiennent au moins cinq crises qui :

  • durent de 4 à 72 heures sans traitement ;
  • présentent au moins deux caractères parmi : douleur d’un seul côté (le côté peut changer d’une crise à l’autre), pulsatile (« ça tape »), d’intensité modérée à sévère, aggravée par l’activité physique banale (monter un escalier) ;
  • s’accompagnent de nausées ou vomissements (voir nausées), ou d’une gêne à la lumière (photophobie) et au bruit (phonophobie).

Entre les crises, la personne va bien et l’examen médical est normal.

La migraine avec aura

Environ une personne migraineuse sur quatre connaît des crises avec aura : des troubles neurologiques transitoires qui s’installent progressivement en quelques minutes et durent en général moins d’une heure, souvent avant la douleur.

Type d’auraManifestation
Visuelle (la plus fréquente)Point aveugle, lignes brisées scintillantes en zigzag qui s’étendent, vision floue d’une partie du champ visuel
SensitiveFourmillements qui remontent de la main vers le bras et le visage
Du langageDifficulté à trouver ses mots, à parler

Les facteurs déclenchants

Ils varient d’une personne à l’autre et ne sont pas présents à chaque crise :

  • hormonaux : les règles (migraine menstruelle) ;
  • sommeil (voir besoins de sommeil) : manque, excès ou décalage, grasse matinée du week-end ;
  • alimentaires : repas sauté, jeûne, alcool (notamment le vin rouge), sevrage de café ;
  • émotionnels : stress, mais aussi la détente qui suit (« migraine du week-end ») ;
  • sensoriels : lumière vive ou clignotante, odeurs fortes, bruit ;
  • météorologiques et changements de rythme.

Tenir un agenda des crises (date, durée, intensité, traitement pris, circonstances) aide à repérer ses déclencheurs et à évaluer l’efficacité des traitements.

Que faire pendant une crise

  1. Prendre le traitement le plus tôt possible, dès le début de la douleur : il est bien plus efficace qu’en pleine crise.
  2. S’isoler au calme et dans l’obscurité, s’allonger.
  3. Appliquer du froid sur le front ou la tempe.
  4. Dormir si possible : le sommeil met souvent fin à la crise.

Les traitements

Traitement de la crise

Pour les crises légères à modérées, le médecin propose en général un anti-inflammatoire (ibuprofène, kétoprofène…), l’aspirine ou le paracétamol. Si ce n’est pas suffisant, il prescrit un triptan, médicament spécifique de la migraine, à prendre au début de la douleur (pas pendant l’aura). Un médicament contre les nausées peut être associé.

Traitement de fond

Il est envisagé quand les crises sont fréquentes (plusieurs par mois), longues ou mal soulagées. Pris tous les jours, il vise à réduire le nombre et l’intensité des crises : bêtabloquants, certains antiépileptiques ou antidépresseurs à petites doses, et plus récemment des anticorps ciblant le CGRP, une molécule impliquée dans la crise, réservés aux migraines sévères. Les approches non médicamenteuses (relaxation, activité physique régulière, régularité du sommeil, thérapies cognitivo-comportementales) ont fait la preuve de leur intérêt.

Questions fréquentes

La migraine est-elle héréditaire ?

Il existe une composante familiale nette : avoir un parent migraineux augmente le risque. Plusieurs gènes sont impliqués, mais la migraine n’est pas transmise de façon simple.

Les enfants peuvent-ils avoir des migraines ?

Oui. Les crises sont souvent plus courtes, plus fréquemment des deux côtés, avec des douleurs abdominales ou une pâleur. Le diagnostic doit être posé par un médecin.

La migraine disparaît-elle avec l’âge ?

Elle diminue souvent après la cinquantaine, et chez beaucoup de femmes après la ménopause. Elle s’atténue aussi fréquemment pendant la grossesse.

Quelle différence avec une céphalée de tension ?

La céphalée de tension donne une pression des deux côtés, d’intensité légère à modérée, non aggravée par l’effort et sans nausées. La migraine est pulsatile, plus intense, gêne l’activité et s’accompagne de nausées ou d’une gêne à la lumière. Voir la fiche mal de tête.

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