Nature et animaux · Oiseaux
Le martin-pêcheur d’Europe
Le martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) est un petit oiseau au dos bleu électrique et au ventre orange qui pêche en plongeant. Il niche au fond d’un terrier qu’il creuse dans les berges des rivières.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le martin-pêcheur d’Europe vit le long des rivières, ruisseaux, canaux, étangs et estuaires d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie jusqu’au Japon et à l’Indonésie. C’est le seul représentant en Europe d’une famille, les Alcédinidés, qui compte une centaine d’espèces dans le monde, surtout tropicales, dont le kookaburra australien. Souvent aperçu comme un éclair bleu filant au ras de l’eau, il trahit sa présence par un cri aigu et perçant.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Alcedo atthis |
| Classe / famille | Oiseaux / Alcédinidés (ordre des Coraciiformes) |
| Taille | 16 à 17 cm, dont un bec de 4 cm ; envergure 24 à 26 cm |
| Poids | 35 à 45 g |
| Longévité | 1 à 2 ans en moyenne ; jusqu’à une dizaine d’années |
| Habitat | Cours d’eau calmes et clairs, étangs, canaux, estuaires en hiver |
| Régime | Piscivore : petits poissons de 4 à 7 cm (vairons, chabots, ablettes) ; insectes aquatiques, petits crustacés |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial |
Description
Le dos et la queue du martin-pêcheur sont d’un bleu turquoise éclatant, la calotte et les ailes bleu-vert finement tachetées, le ventre et les joues orange roux, la gorge et une tache sur le cou blanches. Ce bleu n’est pas dû à un pigment, mais à la structure des plumes, qui diffuse la lumière : selon l’angle, il paraît bleu ou vert.
On distingue les sexes au bec : entièrement noir chez le mâle, avec la mandibule inférieure orange-rouge chez la femelle. Les jeunes ont des couleurs plus ternes et des pattes sombres.
La pêche
Le martin-pêcheur guette depuis un perchoir (branche, piquet, pont) situé à 1 à 3 m au-dessus de l’eau, ou fait du vol sur place au-dessus de la surface. Quand il repère un poisson, il plonge tête la première, les ailes repliées. Une membrane protège ses yeux sous l’eau, et il corrige la réfraction de la lumière pour viser juste. Il remonte aussitôt, revient au perchoir et assomme le poisson contre la branche avant de l’avaler la tête la première, pour que les nageoires et les écailles ne restent pas en travers de la gorge.
Il consomme environ 15 à 20 petits poissons par jour, soit à peu près son propre poids. Il rejette les arêtes et les écailles non digérées sous forme de pelotes.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Période | mars à août |
| Nid | terrier de 50 cm à 1 m creusé par le couple dans une berge verticale de sable ou de terre meuble, terminé par une chambre |
| Ponte | 6 à 7 œufs blancs et ronds |
| Incubation | 19 à 21 jours, par les deux parents |
| Séjour au nid | 3 à 4 semaines |
| Couvées | 2, voire 3 par an |
La chambre du nid n’est pas garnie de matériaux : les œufs reposent sur un lit d’arêtes et d’écailles régurgitées, et le terrier dégage une forte odeur de poisson. Les jeunes sont chassés du territoire par les parents quelques jours après l’envol.
Mode de vie
Le martin-pêcheur est solitaire et territorial en dehors de la reproduction : chaque oiseau défend en hiver un tronçon de rivière d’un à plusieurs kilomètres. Il est en grande partie sédentaire en France, mais les oiseaux d’Europe du Nord et de l’Est descendent vers le sud et l’ouest en hiver, et certains gagnent les côtes et les estuaires quand les eaux douces gèlent.
Menaces
Bien que non menacé à l’échelle mondiale, le martin-pêcheur est en déclin dans plusieurs régions d’Europe. Ses principales menaces sont :
- les hivers rigoureux : quand les rivières gèlent, il ne peut plus pêcher et la mortalité peut dépasser la moitié de la population locale ;
- l’artificialisation des berges (enrochements, bétonnage, curages), qui supprime les talus nécessaires à son terrier ;
- la pollution et l’eau trouble, qui réduisent les petits poissons et l’empêchent de les voir ;
- les crues printanières qui noient les nids ;
- le dérangement des berges en période de nidification.
Le martin-pêcheur est intégralement protégé en France. Sa forte productivité (plusieurs couvées par an) lui permet de reconstituer ses effectifs en quelques années après un hiver difficile.
Questions fréquentes
Où voir un martin-pêcheur ?
Le long des rivières calmes, des canaux et des étangs aux eaux claires, souvent posé sur une branche basse au-dessus de l’eau. On le repère surtout à son cri aigu et à son vol rapide en ligne droite au ras de l’eau.
Comment différencier le mâle de la femelle ?
Par le bec : entièrement noir chez le mâle, avec la partie inférieure orange chez la femelle.
Le martin-pêcheur est-il migrateur ?
En France, il est surtout sédentaire. Les populations du nord et de l’est de l’Europe migrent en partie vers le sud et l’ouest en hiver.
Pourquoi le martin-pêcheur est-il si coloré ?
Son bleu vient de la structure microscopique de ses plumes, qui renvoie la lumière bleue (couleur structurale), tandis que l’orange du ventre provient de pigments.