Nature et animaux · Oiseaux
Le huard
Le huard, ou plongeon huard (Gavia immer), est un grand oiseau plongeur des lacs du Canada et du nord des États-Unis. Son cri plaintif symbolise les étés québécois et il figure sur la pièce canadienne d’un dollar.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le huard niche sur les lacs d’eau douce claire et poissonneuse de la forêt boréale et de la toundra, de l’Alaska au Labrador, en Islande et au Groenland. Le Québec et l’Ontario abritent une grande partie de sa population nicheuse. En hiver, il gagne les côtes océaniques : celles de l’Atlantique et du Pacifique en Amérique, et une partie des oiseaux d’Islande hivernent en Europe de l’Ouest, y compris sur les côtes bretonnes, où il est appelé plongeon imbrin. Il appartient à la petite famille des Gaviidés, qui ne compte que cinq espèces.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Gavia immer |
| Classe / famille | Oiseaux / Gaviidés (ordre des Gaviiformes) |
| Taille | 66 à 91 cm ; envergure 1,25 à 1,50 m |
| Poids | 2,5 à 6 kg, parfois plus |
| Longévité | 20 à 30 ans environ |
| Habitat | Lacs clairs et profonds en été ; côtes marines en hiver |
| Régime | Piscivore : perchaudes, truites, ménés ; aussi écrevisses et grenouilles |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) |
Description
En été, le huard porte un plumage nuptial spectaculaire : tête et cou noirs à reflets verts, collier rayé de blanc, dos noir constellé de damiers blancs, yeux rouges. En hiver, il devient gris-brun dessus et blanc dessous. Son bec est long, droit et pointu, en forme de poignard. Mâles et femelles ont le même plumage ; le mâle est un peu plus gros.
Un plongeur hors pair
Le huard est taillé pour la plongée. Contrairement à la plupart des oiseaux, il a des os pleins, peu remplis d’air, ce qui réduit sa flottabilité. Ses pattes, placées très en arrière du corps, le propulsent puissamment sous l’eau. Il plonge en général à quelques mètres de profondeur pendant moins d’une minute, mais peut atteindre 60 m et rester sous l’eau plusieurs minutes. Ses yeux rouges seraient adaptés à la vision sous l’eau.
Cette adaptation a un prix : à terre, il se déplace très mal, en poussant sur son ventre, et ne vient au sol que pour nicher, tout au bord de l’eau. Il a besoin d’une longue « piste » d’eau, de 30 à plusieurs centaines de mètres selon le vent, pour décoller en courant à la surface. En vol, il est en revanche rapide, à plus de 100 km/h.
Les cris du huard
Le huard possède plusieurs cris célèbres, qui résonnent sur les lacs le soir et la nuit :
| Cri | Usage |
|---|---|
| Plainte (wail) | long cri mélancolique pour garder le contact avec le partenaire ou le poussin |
| Trémolo | « rire » tremblé, émis en cas d’alarme ou de stress, et en duo par le couple |
| Yodel | cri modulé propre au mâle, pour défendre son territoire ; chaque mâle a sa signature |
| Hululement court (hoot) | contact discret entre membres de la famille |
Ces cris sont devenus l’un des sons emblématiques de la nature canadienne, souvent utilisés au cinéma pour évoquer les espaces sauvages.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Arrivée sur les lacs | dès la fonte des glaces, avril-mai |
| Territoire | un couple par petit lac, ou par baie sur un grand lac |
| Nid | amas de végétation au bord de l’eau, souvent sur un îlot |
| Ponte | 1 ou 2 œufs olive tachetés |
| Incubation | 26 à 31 jours, par les deux parents |
| Poussins | nagent dès le premier jour ; transportés sur le dos des parents les premières semaines |
| Premier vol | vers 11 à 12 semaines |
| Première reproduction | vers 5 à 7 ans |
Les couples reviennent souvent sur le même lac d’une année à l’autre, mais les études de baguage montrent qu’ils ne sont pas toujours fidèles : un nouvel individu peut évincer un des partenaires.
Menaces
Le huard reste commun, mais il est sensible à plusieurs pressions :
- le dérangement par les bateaux à moteur, motomarines et vagues qui noient les nids ou séparent les poussins des parents ;
- les variations du niveau d’eau des réservoirs hydroélectriques pendant la nidification ;
- l’acidification des lacs et la contamination au mercure, qui réduisent la nourriture et le succès de reproduction ;
- l’intoxication au plomb par l’ingestion de plombs de pêche et de turluttes ; plusieurs provinces et parcs encouragent les leurres sans plomb ;
- les marées noires sur les zones d’hivernage.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un huard et un canard ?
Le huard n’est pas un canard : il appartient à un ordre à part, les Gaviiformes. Il a un bec pointu en poignard, des pattes très en arrière, plonge longtemps pour pêcher des poissons et ne peut presque pas marcher.
Pourquoi le huard crie-t-il la nuit ?
Les cris servent à garder le contact entre partenaires, à défendre le territoire face aux autres huards et à signaler un danger. Ils portent loin sur l’eau calme du soir et de la nuit.
Le huard vit-il en France ?
Il ne niche pas en France, mais une partie des plongeons imbrins d’Islande et du Groenland hiverne sur les côtes atlantiques françaises, notamment en Bretagne, d’octobre à avril.
Combien de temps un huard reste-t-il sous l’eau ?
Généralement moins d’une minute, mais il peut rester plusieurs minutes en plongée profonde, jusqu’à 60 m.