Nature et animaux · Oiseaux
Le colibri
Les colibris (famille des Trochilidés) sont de très petits oiseaux d’Amérique, nectarivores, capables de faire du vol stationnaire et de voler en arrière. Le plus petit, le colibri d’Elena, pèse environ 2 grammes.
Mis à jour le 3 min de lecture
On compte plus de 360 espèces de colibris, que l’on appelle aussi oiseaux-mouches. Toutes vivent dans les Amériques, de l’Alaska à la Terre de Feu, avec une diversité maximale dans les Andes d’Équateur et de Colombie. Leur vol, leur métabolisme et leurs couleurs irisées en font l’un des groupes d’oiseaux les plus étonnants.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Famille | Trochilidés (ordre des Apodiformes, avec les martinets) |
| Nombre d’espèces | plus de 360 |
| Taille | de 5 cm (colibri d’Elena) à 20-23 cm (colibri géant) |
| Poids | de 2 g à 20 g environ |
| Longévité | 3 à 5 ans en moyenne ; plus de 10 ans pour certains individus bagués |
| Habitat | Forêts tropicales, montagnes andines, jardins, prairies fleuries |
| Régime | Nectar, complété de petits insectes et araignées |
| Statut UICN | Variable selon les espèces ; colibri d’Elena : quasi menacé (NT) ; colibri à gorge rubis : préoccupation mineure (LC) |
Le vol du colibri
Le colibri est le seul oiseau capable de maintenir un vol stationnaire prolongé et de voler en arrière. Son épaule très mobile lui permet de faire tourner l’aile et de décrire une trajectoire en forme de 8 couché : l’aile produit de la portance à l’aller comme au retour, à la manière d’un insecte. Les battements atteignent de 50 à 80 par seconde chez les petites espèces, ce qui produit le bourdonnement qui leur a donné le nom anglais de hummingbird. Les muscles du vol représentent environ un quart de son poids.
Un métabolisme record
Pour alimenter ce vol, le colibri a le métabolisme le plus élevé de tous les vertébrés rapporté à son poids :
- un cœur qui peut battre à plus de 1 000 battements par minute en vol ;
- une respiration de plusieurs centaines de cycles par minute ;
- une consommation quotidienne de nectar qui peut dépasser son propre poids en sucre et en eau ;
- la nécessité de se nourrir toutes les 10 à 15 minutes environ dans la journée.
La nuit, pour ne pas mourir d’épuisement, il entre en torpeur : sa température corporelle peut chuter de 40 °C à moins de 20 °C, voire beaucoup plus bas chez certaines espèces andines, et son cœur ralentit fortement, ce qui réduit fortement sa dépense d’énergie.
Alimentation et pollinisation
Le colibri aspire le nectar avec une langue fourchue qui se déploie et piège le liquide par capillarité, à un rythme d’une dizaine de coups de langue par seconde. Son bec, droit ou courbe, est adapté à la forme des fleurs qu’il visite, souvent tubulaires et rouges ou orange. De nombreuses plantes américaines dépendent des colibris pour leur pollinisation, au même titre que d’autres dépendent des abeilles. Les insectes capturés en vol lui fournissent les protéines nécessaires, surtout aux jeunes.
Reproduction
La femelle élève seule les petits. Elle construit un nid en coupe de la taille d’une demi-coquille de noix, fait de mousses, de lichens et de duvet végétal liés par des fils d’araignée, ce qui lui permet de s’étirer quand les poussins grandissent. Elle pond deux œufs minuscules, de la taille d’un petit pois chez les plus petites espèces, couvés 15 à 20 jours. Les jeunes s’envolent trois semaines environ après l’éclosion.
Les colibris au Québec
Une seule espèce niche régulièrement dans l’est du Canada : le colibri à gorge rubis (Archilochus colubris). Il arrive au Québec en mai et repart en août-septembre. Pour rejoindre ses quartiers d’hiver en Amérique centrale, une partie des individus traverse le golfe du Mexique d’une seule traite, soit environ 800 km sans escale, après avoir accumulé des réserves de graisse qui peuvent presque doubler son poids. Les abreuvoirs à colibris remplis d’eau sucrée (environ une part de sucre blanc pour quatre parts d’eau, sans colorant) sont populaires dans les jardins.
Les colibris menacés
La plupart des espèces dépendent de milieux restreints, notamment de forêts de montagne : la déforestation, l’agriculture et le changement climatique, qui décale la floraison des plantes, menacent plusieurs dizaines d’espèces.
Questions fréquentes
Quel est le plus petit oiseau du monde ?
Le colibri d’Elena (Mellisuga helenae), endémique de Cuba : environ 5 à 6 cm et 2 g, soit moins qu’une pièce de monnaie.
Y a-t-il des colibris en Europe ?
Non, pas à l’état sauvage. Le moro-sphinx, papillon de nuit qui butine en vol stationnaire, est souvent pris pour un colibri en France.
Comment le colibri vole-t-il en arrière ?
Grâce à une articulation de l’épaule très mobile qui lui permet d’inverser l’orientation de ses ailes et de produire une poussée vers l’arrière.