Arts · Peintres et sculpteurs
Piet Mondrian
Piet Mondrian (1872-1944) est un peintre néerlandais, pionnier de l’abstraction géométrique. Ses compositions de lignes noires et d’aplats rouges, jaunes et bleus sont devenues des icônes du design moderne.
Mis à jour le 4 min de lecture
Piet Mondrian, né Pieter Cornelis Mondriaan à Amersfoort, aux Pays-Bas, le 7 mars 1872, et mort à New York le 1er février 1944, est l’un des fondateurs de l'art abstrait. Parti d’une peinture de paysage traditionnelle, il a progressivement réduit la représentation jusqu’à un vocabulaire minimal : lignes droites horizontales et verticales, trois couleurs primaires et trois « non-couleurs » (blanc, noir, gris). Il a appelé cette peinture le néoplasticisme.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 7 mars 1872 | Naissance à Amersfoort, dans une famille calviniste |
| 1892 – 1897 | Académie des beaux-arts d’Amsterdam |
| 1908 – 1910 | Couleurs vives, séries d’arbres et de moulins ; L’Arbre rouge |
| 1909 | Adhère à la Société théosophique |
| 1911 | Découvre le cubisme ; L’Arbre gris ; s’installe à Paris |
| 1914 – 1919 | Bloqué aux Pays-Bas par la guerre |
| 1917 | Fonde la revue De Stijl avec Theo van Doesburg |
| 1920 | Publie Le Néo-Plasticisme à Paris |
| 1921 | Premières compositions avec grille noire et couleurs primaires |
| 1924 – 1925 | Rupture avec Van Doesburg à propos de la diagonale |
| 1938 – 1940 | Londres, puis New York à partir d’octobre 1940 |
| 1942 – 1943 | Broadway Boogie Woogie |
| 1er février 1944 | Mort à New York ; Victory Boogie Woogie reste inachevé |
Du paysage à l’abstraction
Les débuts naturalistes
Mondrian peint d’abord, dans la tradition de l’école de La Haye, des paysages de polders, des fermes et des moulins aux couleurs sourdes. Vers 1908, sous l’influence du symbolisme et du fauvisme, sa palette s’éclaircit : bleus, rouges et jaunes vifs, comme dans Le Moulin au soleil. Parallèlement, la théosophie, courant spirituel qui cherche l’unité cachée derrière les apparences, oriente sa réflexion.
La série des arbres
Entre 1908 et 1913, la série des arbres montre la transformation de sa peinture : L’Arbre rouge (1908-1910) est encore expressionniste ; L’Arbre gris (1911) réduit les branches à un réseau de courbes ; Pommier en fleurs (1912) n’est presque plus lisible. Arrivé à Paris en 1911, Mondrian découvre le cubisme de Picasso et Braque, qu’il pousse vers une abstraction totale. Il change alors l’orthographe de son nom en « Mondrian ».
De Stijl et le néoplasticisme
Pendant la Première Guerre mondiale, aux Pays-Bas, il fonde avec Theo van Doesburg le mouvement et la revue De Stijl (« le style », 1917), qui réunit peintres, architectes et designers, dont Gerrit Rietveld, auteur de la chaise rouge et bleue. Le groupe veut un art universel et impersonnel, applicable à l'architecture et au mobilier. Mondrian appelle sa propre doctrine le néoplasticisme (« nouvelle plastique »).
Les principes du néoplasticisme
- Uniquement des lignes droites, horizontales et verticales, qui se croisent à angle droit.
- Uniquement les trois couleurs primaires (rouge, jaune, bleu) et les non-couleurs (blanc, noir, gris).
- L’équilibre asymétrique : pas de symétrie, mais un équilibre dynamique entre surfaces de tailles et de couleurs différentes.
- L’aplat : aucune touche visible, aucun effet de profondeur ni de modelé.
- Le refus de la diagonale : c’est sur ce point que Mondrian rompt avec Van Doesburg, qui l’introduit vers 1924 ; Mondrian, lui, fait pivoter certaines toiles de 45° pour obtenir des « losanges », tout en gardant des lignes horizontales et verticales.
New York et le Boogie Woogie
Installé à New York en 1940, Mondrian découvre le jazz et le quadrillage des avenues de Manhattan. Ses dernières toiles abandonnent les lignes noires pour des lignes de petits carrés colorés qui évoquent le rythme syncopé du boogie-woogie et les lumières de la ville : Broadway Boogie Woogie (1942-1943, MoMA) et Victory Boogie Woogie, inachevé à sa mort.
Œuvres majeures de Mondrian
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| Soir : l’Arbre rouge | 1908 – 1910 | Kunstmuseum, La Haye |
| Le Moulin au soleil | 1908 | Kunstmuseum, La Haye |
| L’Arbre gris | 1911 | Kunstmuseum, La Haye |
| Pommier en fleurs | 1912 | Kunstmuseum, La Haye |
| Composition en rouge, jaune, bleu et noir | 1921 | Kunstmuseum, La Haye |
| Composition avec rouge, bleu et jaune | 1930 | Kunsthaus, Zurich |
| Composition en losange avec deux lignes | 1931 | Stedelijk Museum, Amsterdam |
| Broadway Boogie Woogie | 1942 – 1943 | Museum of Modern Art, New York |
| Victory Boogie Woogie | 1942 – 1944 | Kunstmuseum, La Haye |
Le Kunstmuseum de La Haye (ancien Gemeentemuseum) possède la plus grande collection d’œuvres de Mondrian au monde.
Postérité
Les compositions de Mondrian ont largement dépassé la peinture : graphisme, publicité, mobilier, architecture et mode. La robe « Mondrian » d'Yves Saint Laurent (collection automne-hiver 1965) en est l’exemple le plus célèbre. Son œuvre a nourri l’art minimal et l’abstraction géométrique d’après-guerre.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le néoplasticisme ?
C’est la doctrine picturale de Mondrian : réduire la peinture à des lignes horizontales et verticales et à des aplats de couleurs primaires et de non-couleurs, pour exprimer une harmonie universelle.
Pourquoi Mondrian n’utilise-t-il que trois couleurs ?
Parce que le rouge, le jaune et le bleu sont les couleurs primaires, à partir desquelles toutes les autres peuvent être obtenues. Il y voit les éléments les plus purs et les plus universels de la couleur.
Quelle différence entre Mondrian et Kandinsky ?
Tous deux sont des pionniers de l’abstraction, mais Kandinsky cherche l’expression lyrique et spirituelle par des formes libres, tandis que Mondrian construit une abstraction géométrique rigoureuse et impersonnelle.