Langues étrangères · Latin et grec ancien
Les cas latins
Le latin a six cas : nominatif (sujet), vocatif (apostrophe), accusatif (COD), génitif (complément du nom), datif (attribution) et ablatif (compléments circonstanciels). La terminaison du mot indique son cas.
Mis à jour le 4 min de lecture
Un cas est la forme que prend un nom, un adjectif ou un pronom selon sa fonction dans la phrase. En latin, cette forme se lit dans la terminaison : rosa (sujet), rosam (COD), rosae (de la rose). C’est pourquoi l’ordre des mots est très libre. Le latin compte six cas, présentés en France dans l’ordre traditionnel : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Les formes de chaque cas se trouvent dans les déclinaisons latines.
Vue d’ensemble
| Cas | Fonction principale | Exemple | Traduction |
|---|---|---|---|
| Nominatif | sujet, attribut du sujet | Puella cantat. | La jeune fille chante. |
| Vocatif | apostrophe | Domine, veni! | Maître, viens ! |
| Accusatif | COD ; direction | Video puellam. | Je vois la jeune fille. |
| Génitif | complément du nom | liber puellae | le livre de la jeune fille |
| Datif | complément d’attribution | Do rosam puellae. | Je donne une rose à la jeune fille. |
| Ablatif | compléments circonstanciels | Ambulat cum puella. | Il se promène avec la jeune fille. |
Le nominatif
C’est la forme donnée en premier dans le dictionnaire. Il marque le sujet du verbe et l'attribut du sujet : Marcus puer est (Marcus est un enfant). Le sujet s’accorde avec le verbe : si le verbe est au pluriel, cherchez un nominatif pluriel. Le pronom sujet est souvent absent, car la terminaison du verbe suffit : amo = j’aime.
Le vocatif
Il sert à interpeller quelqu’un. Il est presque toujours identique au nominatif, sauf pour les noms en -us de la 2e déclinaison : Marcus → Marce, dominus → domine, filius → fili. La célèbre phrase attribuée à César mourant, Tu quoque, mi fili (« Toi aussi, mon fils »), contient deux vocatifs.
L’accusatif
- COD : Caesar Gallos vincit. (César vainc les Gaulois.)
- Direction (lieu où l’on va), avec in ou ad : in urbem (vers la ville, dans la ville). Avec les noms de villes, sans préposition : Romam eo (je vais à Rome).
- Durée : tres annos (pendant trois ans).
- Après certaines prépositions : ad, ante, apud, circum, contra, inter, per, post, propter, trans.
- Sujet d’une proposition infinitive : Dico Marcum venire (Je dis que Marcus vient).
Le génitif
Il marque surtout le complément du nom : domus patris (la maison du père), amor patriae (l’amour de la patrie). Il exprime aussi la partie d’un tout (pars militum, une partie des soldats) et la qualité (vir magnae virtutis, un homme d’un grand courage). Le génitif singulier sert à identifier la déclinaison d’un nom.
Le datif
- Complément d’attribution : Marcus amico librum dat. (Marcus donne un livre à son ami.)
- Intérêt (pour qui) : Non scholae sed vitae discimus (Nous n’apprenons pas pour l’école mais pour la vie), d’après Sénèque, qui disait l’inverse pour critiquer les écoles de son temps.
- Possession avec esse : Mihi est liber. (J’ai un livre ; littéralement « à moi est un livre ».) Voir le verbe esse.
L’ablatif
C’est le cas des compléments circonstanciels. Il regroupe trois idées :
| Valeur | Question | Exemple |
|---|---|---|
| Moyen, instrument (sans préposition) | avec quoi ? | gladio pugnat (il combat avec un glaive) |
| Manière | comment ? | magna cum cura (avec grand soin) |
| Accompagnement (cum) | avec qui ? | cum amicis (avec des amis) |
| Lieu où l’on est (in) | où ? | in horto (dans le jardin) |
| Lieu d’où l’on vient (a/ab, e/ex, de) | d’où ? | ex urbe (hors de la ville) |
| Temps (moment) | quand ? | prima luce (au point du jour) |
| Cause | pourquoi ? | metu (par crainte) |
| Agent du passif (a/ab + personne) | par qui ? | a Caesare (par César) |
Prépositions suivies de l’ablatif : a/ab, cum, de, e/ex, pro, prae, sine ; in et sub prennent l’ablatif pour le lieu où l’on est et l’accusatif pour le lieu où l’on va. L’ablatif est aussi au cœur de l'ablatif absolu.
Le locatif, un cas résiduel
Pour les noms de villes et quelques mots (domus, rus), le latin garde un ancien cas de lieu, le locatif : Romae (à Rome), domi (à la maison), ruri (à la campagne). Il a la forme du génitif singulier pour les noms de la 1re et 2e déclinaison.
Méthode pour reconnaître le cas
- Chercher la terminaison et lister tous les cas possibles : rosae peut être génitif singulier, datif singulier ou nominatif/vocatif pluriel.
- Regarder s’il y a une préposition : elle impose l’accusatif ou l’ablatif.
- Vérifier l'accord avec le verbe (sujet) ou avec un adjectif.
- Choisir le cas qui donne une phrase cohérente.
Exercice corrigé
Donner le cas et la fonction des mots en gras.
- Agricola laborat. → nominatif, sujet (« le paysan travaille »).
- Video lupum. → accusatif, COD.
- Filius reginae ludit. → génitif, complément du nom (« le fils de la reine »).
- Puer magistro librum dat. → datif, complément d’attribution.
- In silva ambulamus. → ablatif, lieu où l’on est.
- Marce, audi! → vocatif, apostrophe.
Questions fréquentes
Pourquoi le français n’a-t-il plus de cas ?
En latin parlé tardif, les terminaisons se sont usées et confondues ; les prépositions et l’ordre des mots ont pris le relais. L’ancien français gardait encore deux cas, le cas sujet et le cas régime, disparus vers le XIVe siècle (voir l'ancien français).
Quel est le cas le plus difficile ?
L’ablatif, car il rassemble beaucoup de valeurs. Il faut s’aider du sens du mot et du contexte : un objet sera souvent un moyen, un moment un complément de temps.
Le grec a-t-il les mêmes cas ?
Le grec ancien en a cinq : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif. Il n’a pas d’ablatif ; ses valeurs sont réparties entre génitif et datif. Voir les déclinaisons grecques.