Aller au contenu
connaissance.org

Sciences · Biologie

La pollinisation

La pollinisation est le transport des grains de pollen depuis les étamines jusqu’au pistil d’une fleur. Elle permet la fécondation, puis la formation des graines et des fruits.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les plantes à fleurs ne peuvent pas se déplacer pour rencontrer un partenaire. Leur solution : confier leurs cellules reproductrices mâles, enfermées dans les grains de pollen, au vent, à l’eau ou à des animaux. Environ 90 % des espèces de plantes à fleurs sauvages dépendent, au moins en partie, d’animaux pour leur pollinisation, et près des trois quarts des principales cultures alimentaires mondiales en bénéficient.

Les organes de la fleur

OrganeSexeRôle
Étamines (filet + anthère)MâleProduisent le pollen
Pistil (stigmate, style, ovaire)FemelleReçoit le pollen ; l’ovaire contient les ovules
Pétales (corolle)–Attirent les pollinisateurs
Sépales (calice)–Protègent le bouton floral
Nectaires–Produisent le nectar sucré, récompense des pollinisateurs

Beaucoup de fleurs sont hermaphrodites (rose, tulipe). D’autres plantes portent des fleurs mâles et femelles séparées, sur le même pied (maïs, noisetier) ou sur des pieds différents (kiwi, houx, saule).

De la pollinisation à la graine

  1. Le grain de pollen se dépose sur le stigmate.
  2. Il germe et produit un tube pollinique qui s’enfonce dans le style jusqu’à l’ovule.
  3. Deux cellules spermatiques descendent par ce tube. Chez les plantes à fleurs, c’est la double fécondation : l’une féconde l’oosphère (qui donnera l’embryon), l’autre s’unit à deux noyaux pour former l’albumen, tissu nourricier de la graine.
  4. L’ovule devient graine, l’ovaire devient fruit (voir graine et germination).

Autopollinisation et pollinisation croisée

AutopollinisationPollinisation croisée (allogamie)
Origine du pollenMême fleur ou même planteAutre plante de la même espèce
AvantageAssurée même sans pollinisateurBrassage génétique, descendants plus variés
InconvénientFaible diversité génétiqueDépend d’un vecteur
ExemplesBlé, pois, tomate (en grande partie)Pommier, cerisier, colza, tournesol

Pour éviter l’autofécondation, de nombreuses plantes ont des mécanismes d'auto-incompatibilité : le pollen de la même plante est rejeté. C’est pourquoi un pommier isolé donne peu de fruits sans une autre variété compatible à proximité.

Les modes de pollinisation

Par le vent (anémophilie)

Graminées (blé, maïs), conifères, noisetier, bouleau, chêne. Les fleurs sont discrètes, sans parfum ni nectar, et produisent d’énormes quantités de pollen léger, responsable d’une grande partie des allergies saisonnières. Un seul plant de maïs libère des millions de grains de pollen.

Par l’eau (hydrophilie)

Rare : certaines plantes aquatiques comme les herbiers marins.

Par les animaux (zoophilie)

PollinisateurCaractéristiques des fleurs visitéesExemples
Abeilles et bourdonsCouleurs bleues, jaunes, motifs ultraviolets, parfum douxLavande, trèfle, fruitiers
Papillons de jourFleurs colorées, tube étroit, plateforme d’atterrissageBuddleia, œillets
Papillons de nuitFleurs blanches, très parfumées le soir, tube longChèvrefeuille, jasmin
MouchesOdeur de viande en décomposition, couleurs sombresArum, rafflésie
OiseauxFleurs rouges, tubulaires, nectar abondant, peu de parfumFleurs visitées par les colibris, hibiscus
Chauves-sourisFleurs pâles, grandes, ouvertes la nuit, odeur forteAgave, baobab, cactus géants

Ces correspondances, appelées syndromes de pollinisation, résultent d’une longue coévolution entre plantes et pollinisateurs.

Les pollinisateurs

L'abeille domestique est la plus connue, mais elle n’est qu’une espèce parmi environ 20 000 espèces d’abeilles dans le monde, dont près d’un millier en France. Les abeilles sauvages (bourdons, osmies, andrènes), les syrphes (mouches qui imitent les guêpes), les papillons, les coléoptères et de nombreux autres insectes jouent un rôle essentiel. Pour certaines cultures, comme la tomate sous serre, les bourdons sont indispensables : ils font vibrer les fleurs pour libérer le pollen (pollinisation par vibration).

Pourquoi c’est vital pour l’alimentation

  • Environ 75 % des principales cultures alimentaires mondiales bénéficient, à des degrés divers, de la pollinisation animale.
  • Elle concerne surtout les fruits, les légumes, les fruits à coque, le café, le cacao et les oléagineux comme le colza.
  • Les céréales de base (blé, riz, maïs) sont pollinisées par le vent ou s’autopollinisent.
  • La valeur annuelle des cultures directement liées aux pollinisateurs a été estimée par l’IPBES (2016) entre 235 et 577 milliards de dollars.

Le déclin des pollinisateurs

Les populations d’insectes pollinisateurs diminuent dans de nombreuses régions. Les causes, souvent combinées, sont bien identifiées :

  • perte et fragmentation des habitats fleuris (haies, prairies) ;
  • pesticides, en particulier certains insecticides néonicotinoïdes, dont plusieurs sont interdits en extérieur dans l’Union européenne depuis 2018 ;
  • parasites et maladies, comme l’acarien Varroa chez l’abeille domestique ;
  • espèces exotiques, comme le frelon à pattes jaunes en France (voir espèces invasives) ;
  • réchauffement climatique, qui décale floraisons et activité des insectes.

Questions fréquentes

Quelle différence entre pollinisation et fécondation ?

La pollinisation est le transport du pollen jusqu’au pistil. La fécondation est l’union des cellules reproductrices mâle et femelle, qui a lieu ensuite dans l’ovule.

Les abeilles sont-elles les seuls pollinisateurs ?

Non. Mouches, papillons, coléoptères, oiseaux, chauves-souris et même certains lézards ou petits mammifères pollinisent des fleurs. Les abeilles sauvages sont souvent plus efficaces que l’abeille domestique pour certaines plantes.

Comment aider les pollinisateurs ?

En semant des fleurs locales variées qui fleurissent du printemps à l’automne, en laissant des zones non tondues, en conservant haies et vieux murs, et en évitant les pesticides au jardin.

À lire aussi

Biologie : toutes les fiches