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Sciences · Biologie

La communication animale

La communication animale est l’échange d’informations entre animaux au moyen de signaux sonores, visuels, chimiques, tactiles ou électriques, qui modifient le comportement de celui qui les reçoit.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le chant du rossignol, la danse de l’abeille, le grognement du chien, la traînée d’odeur laissée par une fourmi : tous ces comportements transmettent une information. La communication est omniprésente dans le règne animal, car elle permet de trouver un partenaire, de défendre un territoire, d’alerter d’un danger, de coordonner un groupe ou de s’occuper des petits. Son étude est l’un des grands domaines de l'éthologie.

Les canaux de communication

CanalAvantagesLimitesExemples
SonorePorte loin, contourne les obstacles, fonctionne de nuitAttire aussi les prédateursChant des oiseaux, hurlement du loup, chant des baleines, stridulation des grillons
VisuelRapide, précis, se règle instantanémentNécessite lumière et vue dégagéePlumage du paon, parades, changements de couleur de la seiche
ChimiqueDure longtemps, fonctionne dans l’obscurité, très économeLent, difficile à modulerPhéromones des papillons, pistes des fourmis, marquage urinaire des mammifères
TactileTrès précis à courte distanceExige le contactToilettage des primates, antennes des fourmis
VibratoireDiscret, transmis par le sol ou les plantesCourte portéeAraignées sur leur toile, éléphants percevant des vibrations au sol
ÉlectriqueFonctionne dans les eaux troublesSeulement dans l’eau, courte portéePoissons électriques comme les gymnotes
LumineuxVisible dans l’obscuritéAttire les prédateursLucioles (voir bioluminescence)

Des exemples remarquables

La danse des abeilles

Karl von Frisch a décrypté dans les années 1940 la façon dont une ouvrière d'abeille indique à ses sœurs l’emplacement d’une source de nourriture.

  • Danse en rond : la nourriture est proche (à moins de 50 à 100 mètres environ).
  • Danse frétillante (en huit) : la nourriture est plus éloignée. L’angle de la partie rectiligne par rapport à la verticale indique la direction par rapport au soleil ; la durée du frétillement indique la distance.

C’est l’un des rares exemples connus de communication symbolique sur un objet absent et éloigné chez un animal non humain.

Les cris d’alarme des singes vervets

En Afrique de l’Est, les singes vervets émettent des cris d’alarme différents selon le prédateur : léopard, aigle ou serpent. Les études de Robert Seyfarth et Dorothy Cheney (années 1980) ont montré que la diffusion d’un enregistrement suffit à provoquer la bonne réaction : grimper aux arbres pour le léopard, regarder le ciel et se cacher pour l’aigle, se dresser et scruter le sol pour le serpent. Les mésanges combinent même des notes selon un ordre qui en modifie le sens.

Le chant des oiseaux

Les oiseaux chanteurs apprennent leur chant par imitation, souvent pendant une période sensible de leur jeunesse. Il existe de véritables dialectes régionaux chez certaines espèces, comme le pinson des arbres. Le chant sert surtout à défendre un territoire et à attirer une femelle. Le cri, plus simple et souvent inné, sert à l’alarme ou au contact.

Les phéromones

Le premier exemple identifié est le bombykol, phéromone sexuelle du bombyx du mûrier, isolée en 1959 par Adolf Butenandt à partir de centaines de milliers de glandes de papillons. Les mâles la détectent à de très faibles concentrations. Chez les fourmis, des phéromones différentes signalent une piste de nourriture, une alarme ou l’appartenance à la colonie.

Le chant des baleines

Les mâles de baleine à bosse produisent des chants complexes, organisés en thèmes répétés, qui évoluent au fil des saisons et se propagent d’une population à l’autre à travers les océans. Les sons très graves des grandes baleines peuvent porter sur des centaines de kilomètres.

Les signaux des dauphins

Chaque dauphin grand dauphin développe un sifflement signature propre, qui fonctionne comme un nom : ses congénères peuvent l’imiter pour l’appeler.

Signaux honnêtes et tromperies

Un signal n’est utile que s’il est fiable. La théorie du handicap, proposée par Amotz Zahavi en 1975, explique que certains signaux sont honnêtes parce qu’ils sont coûteux : seul un paon en excellente santé peut se permettre une queue aussi encombrante. Mais la tromperie existe aussi :

  • certaines lucioles femelles imitent le signal d’autres espèces pour attirer et dévorer leurs mâles ;
  • des orchidées imitent l’odeur des femelles d’insectes ;
  • des oiseaux émettent de fausses alarmes pour éloigner leurs congénères d’une source de nourriture.

Communication animale et langage humain

Le langage humain possède des propriétés que l’on ne retrouve pas réunies chez les animaux :

PropriétéLangage humainCommunication animale (connue)
Nombre de messagesInfini, par combinaison (syntaxe)Limité, avec des combinaisons simples chez certaines espèces
Déplacement (parler de l’absent, du passé, du futur)OuiRare (danse des abeilles)
Signes arbitraires apprisOuiEn partie (chants, cris appris)
Transmission culturelleOuiOui chez certaines espèces (chants, dialectes)
Récursivité (phrases dans les phrases)OuiNon démontrée

Des grands singes élevés par l’homme, comme la femelle chimpanzé Washoe ou le bonobo Kanzi, ont appris à utiliser des centaines de signes ou de symboles, mais sans atteindre une véritable grammaire. Le débat sur la frontière entre langage et communication animale reste vif (voir intelligence animale).

Questions fréquentes

Les animaux ont-ils un langage ?

Ils communiquent, parfois de façon très riche, mais aucun ne possède, à notre connaissance, un système combinant syntaxe complexe, vocabulaire ouvert et capacité à évoquer n’importe quel sujet comme le langage humain.

Les chiens comprennent-ils les mots ?

Les chiens associent de nombreux mots à des objets ou à des actions ; certains individus exceptionnels ont appris les noms de plus de mille jouets. Ils sont aussi très sensibles à l’intonation et aux gestes humains, comme le regard ou le pointage (voir chien).

Les plantes communiquent-elles ?

D’une certaine façon : attaquées, certaines plantes émettent des composés volatils qui déclenchent des défenses chez leurs voisines ou attirent les prédateurs de leurs agresseurs. On parle de communication chimique, sans intention ni système nerveux.

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