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Sciences · Biologie

La multiplication végétative

La multiplication végétative est la reproduction asexuée des plantes : un fragment de tige, de racine ou de feuille donne un nouvel individu identique, sans fleur ni graine.

Mis à jour le 4 min de lecture

Un fraisier qui envahit le jardin par ses longues tiges rampantes, une pomme de terre oubliée qui germe dans le placard, un rameau de saule qui prend racine dans l’eau : tous illustrent la multiplication végétative. Elle est étudiée dès l’école primaire et au collège, en comparaison avec la reproduction par les fleurs et les graines (voir reproduction sexuée et asexuée).

Pourquoi c’est possible

Les plantes possèdent tout au long de leur vie des zones de cellules capables de se diviser et de se spécialiser, les méristèmes (voir croissance des plantes). De nombreuses cellules végétales gardent aussi la capacité de redevenir « jeunes » et de former n’importe quel organe : on dit qu’elles sont totipotentes. Un simple fragment peut ainsi régénérer racines, tiges et feuilles, souvent sous l’effet des hormones végétales comme les auxines, qui favorisent l’apparition de racines.

La multiplication végétative naturelle

OrganeDescriptionExemples
StolonTige aérienne rampante qui s’enracine à ses nœudsFraisier, chlorophytum (plante araignée)
RhizomeTige souterraine horizontaleIris, chiendent, gingembre, bambou
TuberculeTige souterraine renflée de réserves, portant des bourgeons (les « yeux »)Pomme de terre
BulbeBourgeon souterrain entouré de feuilles charnues ; forme des bulbilles (caïeux)Tulipe, oignon, ail (gousses)
DrageonPousse née sur une racineFramboisier, peuplier, lilas
FeuillePetites plantules formées sur le bord des feuillesKalanchoé

La multiplication végétative provoquée par l’humain

TechniquePrincipeExemples
BouturageUn fragment (tige, feuille, racine) est planté et produit des racinesGéranium, saule, rosier, vigne, figuier
MarcottageUne branche encore reliée à la plante mère est enterrée ; elle s’enracine, puis on la sépareVigne, noisetier, ronce
Division de touffeOn sépare une grosse touffe en plusieurs morceaux avec racinesVivaces, graminées ornementales
GreffageUn fragment (greffon) d’une variété est fixé sur une autre plante (porte-greffe) qui lui fournit ses racinesArbres fruitiers, vigne, rosiers
Culture in vitroUn minuscule fragment de méristème cultivé en laboratoire sur un milieu nutritif stérileOrchidées, plants de pomme de terre sains

Le greffage est particulier : le greffon garde ses caractères (la variété de pomme), le porte-greffe apporte sa vigueur ou sa résistance. Après l’arrivée du phylloxéra au XIXe siècle, la quasi-totalité du vignoble européen a été replantée sur des porte-greffes américains résistants.

Schéma décrit : un fraisier et ses stolons

On dessine un plant de fraisier (plante mère) avec ses feuilles en rosette et ses racines. Une longue tige fine, le stolon, part de la base et court sur le sol. Plus loin, à un nœud du stolon, on dessine une petite rosette de feuilles avec de jeunes racines qui s’enfoncent dans la terre : c’est une plante fille. Un second stolon part de cette plante fille vers une troisième, plus petite. Une légende précise : « Les plantes filles sont génétiquement identiques à la plante mère ; elles deviennent autonomes quand le stolon se rompt. »

Avantages et inconvénients

AvantagesInconvénients
Rapide, sans pollinisateur ni partenaireAucune diversité génétique : tous les individus ont les mêmes faiblesses
Conserve exactement les caractères d’une variété intéressante (goût, couleur)Une maladie ou un parasite peut décimer toute une culture
Colonisation rapide d’un milieu favorableDispersion sur de courtes distances
La plante fille profite des réserves de la plante mèreTransmission des virus de la plante mère

La grande famine irlandaise des années 1840 est souvent citée comme exemple : les pommes de terre cultivées, multipliées par tubercules, étaient génétiquement très proches et toutes sensibles au mildiou.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu’une pomme de terre est une racine : c’est une tige souterraine, car elle porte des bourgeons.
  • Penser que la multiplication végétative remplace toujours les graines : la plupart des plantes concernées font aussi des fleurs et des graines.
  • Confondre bouture et graine : la bouture est un fragment de la plante, sans fécondation ; la graine provient d’une fécondation.
  • Croire que les plantes filles sont « différentes » : elles forment un clone, sauf mutation rare.

Exercice corrigé

Énoncé. Un arboriculteur possède un pommier dont les fruits sont excellents. Il sème des pépins de ses pommes : les arbres obtenus donnent des fruits très différents et souvent médiocres. Explique, puis propose une méthode pour obtenir des arbres donnant les mêmes pommes.

Corrigé.

  • Les pépins sont des graines, issues d’une reproduction sexuée : le pollen provenait souvent d’un autre pommier. Chaque graine possède un mélange nouveau de gènes, d’où des fruits différents.
  • Pour reproduire exactement la variété, il faut une multiplication végétative : le greffage d’un rameau du pommier sur un porte-greffe.
  • L’arbre greffé forme un clone du pommier d’origine pour la partie qui porte les fruits : les pommes seront identiques.

Questions fréquentes

Toutes les plantes se bouturent-elles ?

Non : certaines bouturent très facilement (saule, géranium), d’autres presque jamais. Les jardiniers utilisent parfois des hormones de bouturage pour favoriser l’apparition des racines.

La banane a-t-elle des graines ?

Les bananes cultivées courantes n’ont pas de graines fertiles : elles sont multipliées uniquement par voie végétative, à partir de rejets. Leur faible diversité génétique les rend vulnérables aux maladies.

Les animaux peuvent-ils se multiplier ainsi ?

Certains animaux simples se reproduisent par bourgeonnement ou fragmentation (hydre, étoile de mer, certains vers). Chez les mammifères, cela n’existe pas naturellement ; voir clonage et régénération.

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