Sciences · Terre et climat
L’accord de Paris sur le climat
L’accord de Paris est un traité adopté le 12 décembre 2015 à la COP21. Il engage presque tous les pays à contenir le réchauffement nettement sous 2 °C, en visant 1,5 °C.
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Pour la première fois, pays riches et pays en développement se sont tous engagés à agir contre le réchauffement climatique. Le texte, négocié pendant deux semaines au Bourget sous présidence française, a été accueilli par une ovation à son adoption. Son principe est original : plutôt que d’imposer des quotas d’émissions à chaque pays, il fixe un objectif commun et laisse chaque État définir sa contribution, qu’il doit renforcer régulièrement.
Le contexte : de Rio à Paris
| Date | Étape |
|---|---|
| 1988 | Création du GIEC |
| 1992 | Sommet de la Terre de Rio : adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ; les conférences annuelles des parties (COP) commencent en 1995 |
| 1997 | Protocole de Kyoto : objectifs chiffrés de réduction pour les seuls pays industrialisés ; les États-Unis ne le ratifient pas |
| 2009 | Échec relatif de la COP15 de Copenhague, qui ne débouche pas sur un traité |
| 12 décembre 2015 | Adoption de l’accord de Paris à la COP21 |
| 22 avril 2016 | Ouverture à la signature à New York ; 175 pays signent le premier jour |
| 4 novembre 2016 | Entrée en vigueur, après ratification par au moins 55 pays représentant au moins 55 % des émissions mondiales |
L’accord a été conclu sous l’égide de l'ONU, dans le cadre de la CCNUCC.
Les objectifs de l’accord
L’article 2 fixe trois objectifs :
- Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, et poursuivre l’action menée pour la limiter à 1,5 °C ;
- Renforcer la capacité d’adaptation aux effets du changement climatique ;
- Rendre les flux financiers compatibles avec un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre.
Pour y parvenir, l’article 4 prévoit que les émissions mondiales atteignent leur pic le plus tôt possible, puis qu’un équilibre soit atteint entre les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre au cours de la seconde moitié du siècle : c’est la neutralité carbone.
Pourquoi 1,5 °C plutôt que 2 °C ?
Les petits États insulaires et les pays les plus vulnérables ont obtenu la mention de 1,5 °C. Le rapport spécial du GIEC publié en 2018 a montré que chaque demi-degré compte : à 2 °C plutôt qu’à 1,5 °C, les vagues de chaleur extrêmes sont nettement plus fréquentes, la montée des eaux plus forte, et la quasi-totalité des récifs coralliens tropicaux risque de disparaître, contre 70 à 90 % à 1,5 °C. Limiter le réchauffement à 1,5 °C sans dépassement durable suppose de réduire les émissions mondiales de CO2 d’environ 45 % entre 2010 et 2030 et d’atteindre la neutralité carbone vers 2050.
Comment fonctionne l’accord ?
Les contributions déterminées au niveau national (CDN)
Chaque pays présente sa propre contribution nationale, qui détaille ses objectifs de réduction d’émissions et d’adaptation. Ces objectifs ne sont pas juridiquement contraignants, mais les pays ont l’obligation de les publier, de rendre compte de leurs progrès et de les réviser tous les cinq ans, chaque nouvelle contribution devant être plus ambitieuse que la précédente : c’est le mécanisme de « cliquet ».
Le bilan mondial
Tous les cinq ans, un bilan mondial évalue les progrès collectifs. Le premier s’est conclu à la COP28 de Dubaï, en 2023 : il a constaté que le monde n’était pas sur la bonne trajectoire et a appelé, pour la première fois dans un texte de COP, à « opérer une transition hors des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques ».
La transparence
Un cadre commun impose à chaque pays de publier des inventaires d’émissions et des rapports réguliers, examinés par des experts. C’est l’une des principales obligations juridiques de l’accord.
Le financement et la solidarité
Les pays développés se sont engagés à mobiliser des financements pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions et à s’adapter. L’objectif de 100 milliards de dollars par an, fixé dès 2009 pour 2020, n’a été atteint qu’en 2022 selon l’OCDE. À la COP29 de Bakou, en 2024, un nouvel objectif a été fixé : au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. L’accord reconnaît aussi la question des pertes et préjudices subis par les pays vulnérables (article 8) ; un fonds dédié a été créé lors des COP27 et COP28.
Quel bilan dix ans après ?
Des progrès réels
- Avant l’accord, les projections annonçaient un réchauffement d’environ 4 °C d’ici 2100 ; avec les politiques actuelles, les estimations du Programme des Nations unies pour l’environnement se situent autour de 3 °C, et plus bas si toutes les promesses sont tenues.
- De nombreux pays et l’Union européenne ont adopté un objectif de neutralité carbone vers 2050 à 2070.
- Les énergies renouvelables se sont développées bien plus vite que prévu et sont devenues, dans de nombreux pays, les sources d’électricité nouvelles les moins chères.
Mais un écart persistant
- Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter et atteignent des records.
- L’année 2024 a été la première année civile où la température moyenne mondiale a dépassé d’environ 1,5 °C le niveau préindustriel. Cela ne signifie pas encore que l’objectif est formellement dépassé, puisqu’il se mesure sur des moyennes de vingt ans, mais selon le GIEC, ce seuil sera probablement atteint au début des années 2030.
- Les contributions nationales cumulées restent très insuffisantes pour atteindre les objectifs.
- Les États-Unis, deuxième émetteur mondial, se sont retirés de l’accord une première fois (effectif de novembre 2020 à février 2021), puis l’ont quitté à nouveau en janvier 2026, un an après leur notification de retrait de janvier 2025.
La France et l’Europe
L’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions nettes d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990 et à atteindre la neutralité climatique en 2050, objectifs inscrits dans la loi européenne sur le climat de 2021. La France a inscrit l’objectif de neutralité carbone en 2050 dans la loi énergie-climat de 2019 et se dote d’une stratégie nationale bas-carbone, qui fixe des budgets carbone par période. Chaque citoyen peut mesurer sa propre contribution grâce au calcul de son empreinte carbone.
Questions fréquentes
L’accord de Paris est-il contraignant ?
En partie. C’est un traité international juridiquement contraignant pour les obligations de procédure (présenter une contribution, la réviser, rendre compte). Mais le contenu des objectifs nationaux et leur atteinte ne sont pas sanctionnés : il n’existe pas de pénalité pour un pays qui manque son objectif.
Combien de pays ont ratifié l’accord de Paris ?
La quasi-totalité des pays du monde : 195 parties ont signé l’accord, et la très grande majorité l’a ratifié. Seuls quelques pays n’en font pas partie, dont les États-Unis depuis leur second retrait.
Que veut dire COP21 ?
COP signifie « conférence des parties » : la réunion annuelle des États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. La COP21, tenue à Paris-Le Bourget du 30 novembre au 12 décembre 2015, était la 21e.