Psychologie · Émotions
L’anxiété
L’anxiété est une inquiétude face à une menace future ou incertaine. Normale à petite dose, elle devient un trouble anxieux quand elle est excessive, durable et gêne la vie quotidienne. Ces troubles se soignent bien.
Mis à jour le 4 min de lecture
L'anxiété est un état d’appréhension, de tension et d’inquiétude tourné vers ce qui pourrait arriver. Là où la peur répond à un danger présent, l’anxiété anticipe un danger possible : un examen, un rendez-vous médical, une conversation difficile. Elle a une utilité évidente, puisqu’elle pousse à se préparer. Les troubles anxieux, eux, sont parmi les troubles mentaux les plus fréquents : l’Organisation mondiale de la santé estimait à environ 300 millions le nombre de personnes concernées dans le monde en 2019.
Les symptômes de l’anxiété
| Domaine | Manifestations |
|---|---|
| Pensées | Inquiétudes répétées, scénarios catastrophes, difficulté à se concentrer, « et si… ? » |
| Corps | Tension musculaire, cœur rapide, souffle court, nœud à l’estomac, sueurs, fatigue |
| Sommeil | Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes |
| Comportement | Évitement, besoin de vérifier ou d’être rassuré, agitation |
| Émotions | Irritabilité, nervosité, sentiment d’être dépassé |
Une montée brutale et intense d’anxiété, avec palpitations et peur de mourir, est une attaque de panique.
Anxiété normale ou trouble anxieux ?
L’anxiété devient un trouble lorsqu’elle est :
- disproportionnée par rapport à la situation ;
- durable (plusieurs mois dans la plupart des troubles) ;
- difficile à contrôler ;
- source de souffrance ou de gêne importante (travail, études, relations, sorties).
Seul un professionnel (médecin, psychiatre, psychologue) peut évaluer s’il s’agit d’un trouble. Les descriptions ci-dessous sont informatives et ne permettent pas de s’autodiagnostiquer.
Les principaux troubles anxieux
| Trouble | Caractéristique principale |
|---|---|
| Anxiété généralisée | Inquiétudes excessives et incontrôlables sur de nombreux sujets du quotidien, la plupart des jours |
| Trouble panique | Attaques de panique répétées et peur d’en refaire une |
| Agoraphobie | Peur des lieux ou situations dont il serait difficile de s’échapper (transports, foule) |
| Anxiété sociale (phobie sociale) | Peur intense du jugement d’autrui dans les situations sociales, au-delà de la timidité |
| Phobies spécifiques | Peur intense d’un objet ou d’une situation précise (animaux, sang, avion, hauteur) |
| Anxiété de séparation | Peur excessive d’être séparé des personnes d’attachement, fréquente chez l’enfant |
Les classifications actuelles rangent à part le trouble obsessionnel compulsif et le trouble de stress post-traumatique, qui comportent aussi une forte anxiété.
Les causes
Il n’y a pas de cause unique, mais une combinaison de facteurs :
- héréditaires : les études de jumeaux attribuent une part modérée (de l’ordre de 30 à 50 %) des différences aux gènes ;
- tempérament : les enfants très inhibés face à la nouveauté sont plus exposés (voir tempérament) ;
- expériences : événements traumatisants, stress chronique, harcèlement, éducation surprotectrice ou très critique ;
- apprentissage : l’évitement entretient l’anxiété, car il empêche de découvrir que le danger redouté n’arrive pas ;
- facteurs physiques : certaines maladies (hyperthyroïdie, troubles cardiaques), la caféine, le sevrage de substances.
Les traitements qui ont fait leurs preuves
| Traitement | Principe | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Thérapie cognitivo-comportementale | Exposition progressive, travail sur les pensées anxieuses, arrêt de l’évitement | Traitement de première intention, très bien étudié |
| Médicaments antidépresseurs (certains ISRS notamment) | Prescrits par un médecin, efficaces dans plusieurs troubles anxieux | Bien établi |
| Anxiolytiques (benzodiazépines) | Soulagement rapide | Utilisation courte uniquement, risque de dépendance |
| Activité physique, sommeil, réduction de la caféine | Hygiène de vie | Utile en complément |
| Pleine conscience | Accepter les pensées anxieuses sans s’y accrocher | Effet modéré, en complément |
Ce qui aide au quotidien
- Respirer lentement, expiration plus longue que l’inspiration, pour calmer le corps.
- Réserver un « temps d’inquiétude » quotidien de 15 minutes : en dehors, noter les soucis et les reporter.
- Distinguer ce qui dépend de soi et ce qui n’en dépend pas, distinction héritée des stoïciens et reprise par les thérapies cognitives.
- Affronter progressivement au lieu d’éviter.
- Limiter la recherche de réassurance (vérifier, demander, chercher sur internet ses symptômes), qui entretient le doute.
Questions fréquentes
L’anxiété est-elle dangereuse pour le cœur ?
Une crise d’anxiété fait battre le cœur très vite mais n’est pas dangereuse chez une personne en bonne santé. Une douleur thoracique doit cependant toujours être évaluée par un médecin, surtout la première fois.
L’anxiété se guérit-elle ?
Les troubles anxieux répondent bien aux traitements. Beaucoup de personnes voient leurs symptômes disparaître ou devenir gérables. Une certaine anxiété, normale, reste partie de la vie.
Quelle différence entre anxiété et angoisse ?
Dans l’usage courant, l’angoisse désigne une anxiété intense, ressentie physiquement (gorge serrée, oppression). Les deux mots décrivent le même phénomène à des degrés différents.
Quelle différence entre stress et anxiété ?
Le stress répond à une contrainte présente et cesse avec elle ; l’anxiété peut persister sans déclencheur actuel.