Mythologies et religions · Fêtes et traditions
Toussaint et Halloween
La Toussaint, le 1er novembre, est la fête catholique de tous les saints ; le 2 novembre, on prie pour les défunts. Halloween, le 31 octobre, en est la veille et vient des pays anglo-saxons.
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La Toussaint et Halloween sont souvent associées, car elles se suivent dans le calendrier et ont un lien historique. Mais elles sont de nature très différente : la Toussaint est une fête religieuse chrétienne, devenue en France un moment de recueillement sur la tombe des proches ; Halloween est aujourd’hui une fête populaire et commerciale, faite de déguisements et de bonbons. Leur histoire mêle traditions chrétiennes médiévales et, dans une mesure discutée, coutumes celtiques.
Trois dates à distinguer
| Date | Nom | Nature |
|---|---|---|
| 31 octobre | Halloween (veille de la Toussaint) | Fête populaire d’origine irlandaise et anglo-saxonne |
| 1er novembre | Toussaint | Fête chrétienne de tous les saints ; jour férié en France |
| 2 novembre | Commémoration des fidèles défunts (« jour des morts ») | Prière pour les morts dans l’Église catholique |
La Toussaint : la fête de tous les saints
Ce qu’elle célèbre
Selon la tradition catholique, la Toussaint (« tous les saints ») honore l’ensemble des saints, connus ou inconnus : non seulement ceux qui ont été officiellement canonisés, mais tous ceux qui, selon la foi chrétienne, vivent auprès de Dieu. C’est une fête joyeuse dans son principe, centrée sur l’espérance de la vie éternelle. Elle est aussi célébrée par les anglicans et certaines Églises protestantes ; les orthodoxes fêtent tous les saints le premier dimanche après la Pentecôte.
L’histoire de la date
- Au IVe siècle, les Églises d’Orient honoraient déjà l’ensemble des martyrs à une date commune, au printemps.
- En 609 ou 610, le pape Boniface IV consacre le Panthéon de Rome, ancien temple païen, à la Vierge et à tous les martyrs, le 13 mai.
- Au VIIIe siècle, le pape Grégoire III consacre une chapelle de la basilique Saint-Pierre à tous les saints, et la fête est associée au 1er novembre.
- Vers 835, à la demande du pape Grégoire IV, l’empereur Louis le Pieux étend la fête du 1er novembre à tout l’Empire carolingien.
Le choix du 1er novembre a parfois été rapproché de la fête celtique de Samain, mais aucun texte ne permet d’établir que l’Église a voulu la remplacer ; cette hypothèse reste discutée.
Le jour des morts, le 2 novembre
La commémoration des fidèles défunts a été instituée par Odilon, abbé de Cluny, vers 998, pour les monastères dépendant de son abbaye. Elle s’est ensuite répandue dans toute l’Église latine. Ce jour-là, les catholiques prient pour les morts, en particulier pour les âmes du purgatoire selon la doctrine catholique (voir catholiques, protestants et orthodoxes).
En France, comme le 1er novembre est férié et non le 2, c’est le jour de la Toussaint que les familles se rendent le plus souvent au cimetière pour fleurir et entretenir les tombes, ce qui entretient la confusion entre les deux fêtes.
Pourquoi des chrysanthèmes ?
Le chrysanthème, qui fleurit à l’automne et résiste au froid, s’est imposé en France après la Première Guerre mondiale. Pour le premier anniversaire de l’armistice, en 1919, le gouvernement invita les Français à fleurir les tombes des soldats morts ; le chrysanthème, disponible et durable, devint la fleur du souvenir. Dans plusieurs pays voisins, il reste associé au deuil, ce qui explique qu’on évite de l’offrir en cadeau.
Halloween
Origine du nom
Halloween est la contraction de l’anglais All Hallows' Eve, « veille de tous les saints » (hallow signifiait « saint » en vieil anglais). C’est donc, par son nom même, la veille de la Toussaint.
Les racines irlandaises
Dans l’Irlande médiévale, la fête de Samain marquait, au 1er novembre, le début de la saison sombre. Les textes irlandais la décrivent comme un moment où la frontière avec l’Autre Monde s’ouvrait (voir mythologie celte). Les historiens discutent de ce qui, dans les coutumes ultérieures d’Halloween, vient de Samain, et de ce qui vient des fêtes chrétiennes de la Toussaint et du jour des morts. Parmi les coutumes attestées dans les îles Britanniques à l’époque moderne :
- le souling : des pauvres et des enfants passaient de maison en maison pour recevoir des gâteaux (soul cakes) en échange de prières pour les morts ;
- le guising en Écosse et en Irlande : des enfants déguisés récitaient des poèmes ou chantaient pour recevoir des fruits ou des pièces ;
- les lanternes creusées dans des navets ou des betteraves.
L’essor américain
Au XIXe siècle, les immigrants irlandais et écossais apportent ces coutumes aux États-Unis. Le navet est remplacé par la citrouille, plus abondante et plus facile à creuser : c’est la jack-o'-lantern, liée à la légende de Jack, un homme rusé condamné à errer avec une lanterne. Au XXe siècle, Halloween devient une grande fête populaire, avec le porte-à-porte des enfants (« trick or treat », « des bonbons ou un sort »), les déguisements effrayants et les décorations.
Halloween en France
Halloween s’est diffusé en France à partir de la fin des années 1990, porté par le marketing des fabricants de bonbons, de costumes et par certaines grandes enseignes. Après un fort engouement au tournant des années 2000, la fête s’est installée de manière plus modeste, surtout chez les enfants et les jeunes. Certains lui reprochent son caractère commercial ou son éloignement du sens de la Toussaint ; d’autres y voient simplement un jeu.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la Toussaint et Halloween ?
La Toussaint (1er novembre) est une fête chrétienne de tous les saints. Halloween (31 octobre) est sa veille, devenue une fête populaire profane, faite de déguisements et de bonbons, venue des pays anglo-saxons.
La Toussaint est-elle la fête des morts ?
Pas exactement. La Toussaint honore tous les saints ; la commémoration des défunts a lieu le 2 novembre. En France, on se rend toutefois souvent au cimetière le 1er novembre, jour férié.
Halloween est-il d’origine celtique ?
En partie, peut-être. Le nom est chrétien (veille de la Toussaint), mais certaines coutumes ont été rattachées à la fête irlandaise de Samain. La part exacte de cet héritage est discutée par les historiens.
Pourquoi met-on des chrysanthèmes sur les tombes ?
Parce que cette fleur d’automne, résistante au froid, s’est imposée en France en 1919, lorsque les Français furent invités à fleurir les tombes des soldats morts pendant la Première Guerre mondiale.