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Mythologies et religions · Autres mythologies

Mythologie celte

La mythologie celte réunit les croyances des Gaulois, des Bretons et des Irlandais. Elle est connue par l’archéologie, les auteurs gréco-romains et des récits irlandais et gallois écrits au Moyen Âge.

Mis à jour le 5 min de lecture

Les Celtes n’ont jamais formé un empire unique : ce nom désigne un ensemble de peuples parlant des langues apparentées, répandus de l’Irlande à l’Anatolie au cours du Ier millénaire av. J.-C. Leur religion était transmise oralement par les druides, qui refusaient, selon César, de confier leur savoir à l’écriture. C’est pourquoi la mythologie celte est connue de manière fragmentaire et indirecte, ce qui impose une grande prudence : beaucoup d’idées répandues sur les « croyances celtiques » sont des reconstructions modernes.

Les sources disponibles

SourceÉpoqueIntérêtLimite
Archéologie (sanctuaires, statues, inscriptions, offrandes)Âge du fer, époque romaineTémoignages directsSans récits explicatifs
Auteurs grecs et latins (César, Strabon, Pline, Lucain)Ier s. av. – Ier s. apr. J.-C.Descriptions des druides et des ritesRegard extérieur, assimilations aux dieux romains
Textes irlandais (cycles mythologiques)Rédigés du VIIIe au XIIe siècleRécits complets de dieux et de hérosMis par écrit par des moines chrétiens
Textes gallois (Mabinogi)Manuscrits des XIIIe–XIVe sièclesRécits merveilleuxTardifs et remaniés

Les dieux gaulois

Dans La Guerre des Gaules (VI, 17), Jules César affirme que les Gaulois honorent surtout « Mercure », puis Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Il désigne leurs dieux par des noms romains, selon la pratique de l'interpretatio romana (voir mythologie romaine), sans donner leurs noms gaulois. Les inscriptions et la sculpture gallo-romaine permettent d’en identifier plusieurs :

DieuDomaine supposéRepères
Lugus (Lug en Irlande)Dieu aux multiples talents, probablement le « Mercure » de CésarA donné son nom à Lugdunum (Lyon) selon une étymologie répandue
TaranisTonnerre, cielReprésenté avec une roue ; cité par Lucain
TeutatèsDieu de la tribuCité par Lucain
ÉsusDieu associé à un arbre et à des taureauxPilier des Nautes (Paris, Ier siècle)
CernunnosDieu cornu (bois de cerf), abondance, natureNommé sur le pilier des Nautes ; figuré sur le chaudron de Gundestrup
ÉponaDéesse des chevaux et des cavaliersTrès vénérée, adoptée par l’armée romaine
BélénosLumière, guérisonAssimilé à Apollon
SucellusDieu au mailletSouvent avec la déesse Nantosuelta

Le pilier des Nautes, découvert sous le chœur de Notre-Dame de Paris en 1711, dédié à Jupiter par les bateliers de la cité des Parisii sous Tibère, est l’un des rares monuments portant à la fois des noms de dieux gaulois et romains.

Les druides

Les druides formaient, selon César, une classe savante, exemptée de guerre et d’impôts, qui présidait aux sacrifices, rendait la justice, enseignait la jeunesse pendant parfois vingt ans et se réunissait chaque année dans la région des Carnutes (autour de Chartres et d’Orléans). Ils enseignaient, d’après César, que l’âme ne meurt pas et passe d’un corps à un autre. Pline l’Ancien décrit la cueillette du gui sur un chêne avec une serpe d’or, le sixième jour de la lune, rite devenu célèbre mais connu par cette seule source. Le contexte historique est présenté dans la fiche Gaule et Gaulois.

La mythologie irlandaise

L’Irlande, jamais conquise par Rome, a conservé la tradition la plus riche. Les moines médiévaux ont mis par écrit plusieurs grands cycles :

  • Le cycle mythologique : le Lebor Gabála Érenn (« Livre des conquêtes de l’Irlande », XIe siècle) raconte les invasions successives de l’île. Les Tuatha Dé Danann (« peuples de la déesse Danu »), divinités savantes, battent les Fomoires, êtres monstrueux, lors de la seconde bataille de Mag Tuired. Vaincus plus tard par les Fils de Míl, ancêtres des Gaëls, ils se retirent dans les tertres (síde) et deviennent le peuple féerique.
  • Le cycle d’Ulster : il a pour héros Cúchulainn, guerrier invincible, et pour grand récit La Razzia des vaches de Cooley (Táin Bó Cúailnge).
  • Le cycle fenian : il raconte les aventures de Finn mac Cumaill et de sa troupe, les Fianna.

Parmi les dieux irlandais figurent le Dagda (« le bon dieu »), possesseur d’un chaudron inépuisable, Lug, maître de tous les arts, Brigit, déesse de la poésie, de la forge et de la guérison, et la Morrígan, déesse de la guerre souvent associée au corbeau.

La tradition galloise et la légende arthurienne

Le Mabinogi gallois conserve des figures d’origine probablement divine, comme Rhiannon (rapprochée d’Épona) ou Lleu (apparenté à Lug). La légende du roi Arthur, de Merlin et du Graal s’est développée à partir du XIIe siècle en mêlant des éléments celtiques, chrétiens et littéraires ; elle relève davantage de la littérature médiévale que de la mythologie celte antique.

Le calendrier et les fêtes

Les textes irlandais mentionnent quatre grandes fêtes saisonnières :

FêteDateSens
Samain1er novembreDébut de la saison sombre et de l’année ; frontière ouverte avec l’Autre Monde
Imbolc1er févrierAssociée à Brigit et à la lactation des brebis
Beltaine1er maiDébut de la saison claire ; feux, passage des troupeaux
Lugnasad1er aoûtFête de Lug, assemblées et récoltes

Le calendrier de Coligny (IIe siècle apr. J.-C., musée gallo-romain de Lyon), grande table de bronze en langue gauloise, confirme l’existence d’un calendrier lunisolaire complexe et mentionne un mois Samon-. Samain est souvent présentée comme l’ancêtre d’Halloween, filiation discutée par les historiens (voir Toussaint et Halloween).

Questions fréquentes

Qui est le dieu principal des Celtes ?

Il n’y avait pas de panthéon unifié. César dit que le dieu le plus honoré en Gaule est celui qu’il appelle « Mercure », souvent identifié à Lugus. En Irlande, le Dagda et Lug occupent une place centrale.

Les druides étaient-ils des prêtres ?

Ils étaient à la fois prêtres, juges, savants et enseignants, selon les auteurs antiques. Ils formaient l’élite intellectuelle et religieuse.

Pourquoi connaît-on mal la mythologie celte ?

Parce que les druides transmettaient leur savoir oralement. Les sources sont soit extérieures (auteurs romains), soit tardives (textes irlandais et gallois écrits par des chrétiens au Moyen Âge).

Quel est le lien entre les Celtes et Halloween ?

La fête irlandaise de Samain, au 1er novembre, marquait le début de l’hiver et passait pour ouvrir le passage vers l’Autre Monde. Elle a pu contribuer aux traditions d’Halloween, mais l’histoire de la fête est complexe et largement chrétienne.

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