Mythologies et religions · Fêtes et traditions
Yom Kippour
Yom Kippour, le « jour du Grand Pardon », est le jour le plus saint du judaïsme. Consacré au repentir, il est marqué par un jeûne de 25 heures et une journée de prière. En 2027, il commence le soir du 10 octobre.
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Yom Kippour (en hébreu Yom Kippour, « jour de l’expiation ») est célébré le 10 du mois de tichri, à l’automne. Prescrit par la Torah (Lévitique 16 et 23), c’est un jour de repentir (techouva), de jeûne et de prière, au cours duquel, selon la tradition juive, Dieu scelle le jugement de chacun pour l’année à venir. C’est aussi la fête la plus suivie du judaïsme : de nombreux juifs peu pratiquants le reste de l’année se rendent ce jour-là à la synagogue ou jeûnent.
Les dates
Comme toutes les fêtes juives, Yom Kippour commence au coucher du soleil la veille et s’achève à la tombée de la nuit le lendemain.
| Année | Début (veille au soir) | Fin |
|---|---|---|
| 2026 | Dimanche 20 septembre au soir | Lundi 21 septembre au soir |
| 2027 | Dimanche 10 octobre au soir | Lundi 11 octobre au soir |
Les jours redoutables
Yom Kippour clôt une période de dix jours qui commence avec Roch Hachana, le Nouvel An juif (1er et 2 tichri) : ce sont les jours redoutables (yamim noraïm) ou dix jours de pénitence. Selon la tradition, à Roch Hachana, le sort de chacun est inscrit dans le « livre de la vie » ; à Yom Kippour, il est scellé. Pendant ces jours, on est invité à faire son examen de conscience et à demander pardon à ceux que l’on a offensés. La tradition enseigne en effet que Yom Kippour obtient le pardon des fautes envers Dieu, mais que les fautes envers autrui ne sont pardonnées que si l’on a d’abord obtenu le pardon de la personne lésée.
Le jeûne et les interdits
Le jeûne dure environ 25 heures, du coucher du soleil à la tombée de la nuit du lendemain. La tradition rabbinique, à partir de l’expression biblique « vous affligerez vos personnes », énumère cinq interdits :
- manger et boire ;
- se laver (pour le plaisir) ;
- s’oindre de crèmes ou de parfums ;
- porter des chaussures en cuir ;
- avoir des relations conjugales.
S’y ajoutent les interdits du shabbat (travail, utilisation d’appareils électriques, conduite…), car Yom Kippour est appelé le « shabbat des shabbats ».
Les enfants de moins de 12 ans (filles) ou 13 ans (garçons) ne sont pas tenus de jeûner, et les personnes malades ou dont la santé serait menacée par le jeûne, ainsi que les femmes enceintes ou ayant récemment accouché dans certaines situations, en sont dispensées : selon la loi juive, la préservation de la vie l’emporte sur les commandements. Toute personne souffrant d’une maladie chronique est invitée à prendre l’avis de son médecin et de son rabbin.
Le déroulement
| Moment | Ce qui se passe |
|---|---|
| Veille, après-midi | Repas de fête, copieux, avant le début du jeûne ; certaines communautés pratiquent le rite des kapparot ou font des dons |
| Veille au soir | Allumage des bougies ; office de Kol Nidré (« tous les vœux ») |
| Journée | Prières presque continues à la synagogue : offices du matin, Moussaf, lecture de la Torah, livre de Jonas, issu des Prophètes de la Bible, l’après-midi |
| Fin de journée | Office de Néila (« clôture »), au moment où les « portes du ciel » se ferment |
| Tombée de la nuit | Sonnerie du chofar (corne de bélier) ; fin du jeûne ; repas de rupture |
Kol Nidré
L’office de la veille s’ouvre par le Kol Nidré, une formule araméenne chantée sur une mélodie célèbre, qui annule par avance les vœux personnels envers Dieu que l’on n’aurait pas pu tenir. Il est récité trois fois.
Les confessions
Au cours de la journée, les fidèles récitent à plusieurs reprises des confessions collectives (Viddouï), comme l'Achamnou (« nous avons fauté ») et l'Al 'het (« pour la faute… »), en se frappant la poitrine. Elles sont dites au pluriel : chacun prend part à la responsabilité de la communauté.
Les vêtements blancs
Beaucoup de fidèles portent des vêtements blancs, symbole de pureté, et certains hommes revêtent le kittel, robe blanche. Le châle de prière (talith) est porté même à l’office du soir, exception notable.
Le Yom Kippour du Temple
Dans l’Antiquité, Yom Kippour était le seul jour de l’année où le grand prêtre entrait dans le Saint des saints du Temple de Jérusalem. Il y accomplissait des rites d’expiation, dont celui du bouc émissaire (Lévitique 16) : un bouc, chargé symboliquement des fautes du peuple, était envoyé dans le désert. L’expression bouc émissaire vient de ce rite. Depuis la destruction du Temple en 70, la prière, le repentir et la charité ont pris la place des sacrifices ; l’office de Moussaf rappelle ce rituel.
Questions fréquentes
Que célèbre-t-on à Yom Kippour ?
Ce n’est pas une célébration joyeuse mais un jour de repentir et de pardon. Les fidèles demandent pardon à Dieu pour leurs fautes et prennent de bonnes résolutions pour l’année nouvelle.
Combien de temps dure le jeûne de Yom Kippour ?
Environ 25 heures, du coucher du soleil la veille à la tombée de la nuit le lendemain, sans nourriture ni boisson.
Qu’est-ce que la guerre du Kippour ?
La guerre déclenchée le 6 octobre 1973, jour de Yom Kippour, par l’Égypte et la Syrie contre Israël. Elle porte le nom de la fête car l’attaque eut lieu ce jour-là.
Que dit-on à Yom Kippour ?
On souhaite « Gmar 'hatima tova » (« que tu sois inscrit et scellé pour une bonne année ») et l’on souhaite un jeûne facile : « Tsom kal ».