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Contravention, délit, crime : les trois infractions
Le Code pénal classe les infractions en contraventions, délits et crimes. Les contraventions sont punies d’amendes, les délits jusqu’à dix ans de prison, les crimes de réclusion.
Mis à jour le 4 min de lecture
En droit pénal français, une infraction est un comportement interdit par la loi et puni d’une peine. Selon l’article 111-1 du Code pénal, « les infractions pénales sont classées, suivant leur gravité, en crimes, délits et contraventions ». Cette classification tripartite, héritée du Code pénal de 1810, détermine la juridiction compétente, la procédure et les délais de prescription. Elle repose sur la peine encourue, c’est-à-dire la peine maximale prévue par le texte, et non sur la peine finalement prononcée.
Tableau des trois catégories
| Contravention | Délit | Crime | |
|---|---|---|---|
| Gravité | Faible | Moyenne | Très grave |
| Texte qui la définit | Règlement (décret) | Loi | Loi |
| Peine principale | Amende jusqu’à 1 500 € (3 000 € en récidive pour certaines) | Emprisonnement jusqu’à 10 ans (20 ans en récidive) et/ou amende d’au moins 3 750 € | Réclusion criminelle de 15 ans à la perpétuité |
| Juridiction | Tribunal de police | Tribunal correctionnel | Cour d’assises ou cour criminelle départementale |
| Instruction préparatoire | Facultative, rare | Facultative | Obligatoire |
| Tentative punissable | Jamais | Si la loi le prévoit | Toujours |
| Prescription de l’action publique | 1 an | 6 ans | 20 ans |
Les contraventions
Les contraventions sont réparties en cinq classes :
| Classe | Amende maximale | Exemples |
|---|---|---|
| 1re | 38 € | Piéton traversant en dehors d’un passage protégé à proximité |
| 2e | 150 € | Certains stationnements gênants |
| 3e | 450 € | Excès de vitesse de moins de 20 km/h dans certains cas |
| 4e | 750 € | Téléphone tenu en main au volant, non-respect d’un feu rouge, tapage nocturne |
| 5e | 1 500 € (3 000 € en récidive) | Excès de vitesse de 50 km/h ou plus (première fois), violences ayant entraîné une incapacité totale de travail de huit jours au plus |
Beaucoup sont réglées par une amende forfaitaire, payable sans passage devant le juge, avec un montant minoré en cas de paiement rapide. Des peines complémentaires (suspension du permis, retrait de points) peuvent s’ajouter. Les contraventions sont définies par décret, car elles relèvent du domaine réglementaire (voir loi et règlement).
Les délits
Les délits sont jugés par le tribunal correctionnel. La peine d’emprisonnement peut aller jusqu’à 10 ans, et l’amende est d’au moins 3 750 €. Le juge peut aussi prononcer des peines alternatives : travail d’intérêt général, jour-amende, stage de citoyenneté, détention à domicile sous surveillance électronique, sursis probatoire.
Exemples : vol (3 ans et 45 000 € d’amende), conduite en état d’ivresse, escroquerie, harcèlement moral, violences ayant entraîné une incapacité de travail de plus de huit jours, diffamation publique, usage de stupéfiants.
Certains délits peuvent faire l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle, comme l’usage de stupéfiants ou la conduite sans permis, ou d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (« plaider-coupable »).
Les crimes
Les crimes sont les infractions les plus graves. Ils sont punis de la réclusion ou de la détention criminelle :
- 15 ans, 20 ans, 30 ans ou à perpétuité ;
- avec, le cas échéant, une amende et des peines complémentaires.
Exemples : meurtre (30 ans), assassinat, c’est-à-dire meurtre avec préméditation (perpétuité), viol (15 ans, davantage avec circonstances aggravantes), vol à main armée, actes de terrorisme, crimes contre l’humanité.
Ils sont jugés par la cour d’assises, composée de magistrats et de jurés tirés au sort, ou, depuis le 1er janvier 2023, par la cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats, pour les crimes punis de 15 ou 20 ans commis par des majeurs hors récidive. Une instruction menée par un juge d’instruction est obligatoire. Voir organisation de la justice.
La peine de mort a été abolie en France par la loi du 9 octobre 1981 et l’abolition inscrite dans la Constitution en 2007.
Principes communs
- Légalité des délits et des peines : nul ne peut être puni pour un fait qui n’était pas défini par un texte au moment où il a été commis, ni d’une peine qui n’était pas prévue (article 8 de la Déclaration de 1789, article 111-3 du Code pénal).
- Interprétation stricte de la loi pénale par le juge.
- Personnalité de la responsabilité : nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.
- Présomption d’innocence jusqu’à la condamnation définitive.
- Individualisation des peines en fonction des circonstances et de la personnalité de l’auteur.
L’action pénale n’exclut pas l’action en réparation : la victime peut se constituer partie civile pour obtenir des dommages-intérêts (voir responsabilité civile).
Au Canada et au Québec
Le droit criminel canadien, fédéral, ne reprend pas la classification française. Le Code criminel distingue les infractions punissables sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, les moins graves, les actes criminels, les plus graves, et les infractions mixtes, pour lesquelles la poursuite choisit la voie. Les infractions aux lois provinciales (Code de la sécurité routière, par exemple) relèvent de la procédure pénale provinciale.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un délit et un crime ?
Le crime est plus grave : il est puni de la réclusion criminelle (au moins quinze ans) et jugé par une cour d’assises ou une cour criminelle départementale. Le délit est puni d’une peine d’emprisonnement de dix ans au plus et jugé par le tribunal correctionnel.
Une contravention peut-elle mener en prison ?
Non. Depuis le Code pénal de 1994, les contraventions ne sont plus punies d’emprisonnement, seulement d’amendes et de peines complémentaires.
Un excès de vitesse est-il un délit ?
Le plus souvent, c’est une contravention. Il devient un délit en cas de récidive d’excès de 50 km/h ou plus au-dessus de la limite.
Une contravention apparaît-elle au casier judiciaire ?
Les condamnations pour crimes, délits et contraventions de 5e classe sont inscrites au casier judiciaire. Les contraventions des quatre premières classes ne le sont en principe pas, sauf lorsqu’elles s’accompagnent de certaines peines.