Arts · Architecture
La Grande Muraille de Chine
La Grande Muraille de Chine est un ensemble de fortifications construites du VIIe siècle av. J.-C. au XVIIe siècle pour protéger la Chine des peuples nomades du Nord. Toutes sections confondues, elle mesure plus de 21 000 km.
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La Grande Muraille de Chine (en chinois Changcheng, « le long mur ») n’est pas un mur unique mais un ensemble de murailles, de tours de guet, de forts et de fossés édifiés et reconstruits pendant plus de deux mille ans par les États et les dynasties qui se sont succédé en Chine du Nord. Les sections les plus célèbres, en pierre et en brique, datent de la dynastie Ming (1368-1644). Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987, elle est le symbole de la Chine impériale et l’un des monuments les plus visités au monde.
Chiffres clés
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Premières murailles | VIIe – Ve siècle av. J.-C. |
| Longueur totale, toutes époques | 21 196 km (relevé officiel chinois publié en 2012) |
| Longueur de la muraille des Ming | environ 8 850 km (relevé de 2009), dont environ 6 260 km de murs |
| Extrémité est (Ming) | Shanhaiguan, sur la mer de Bohai |
| Extrémité ouest (Ming) | Jiayuguan, dans le Gansu |
| Hauteur moyenne (Ming) | environ 6 à 8 m |
| Inscription à l’UNESCO | 1987 |
Les grandes étapes de la construction
| Période | Dynastie ou époque | Réalisations |
|---|---|---|
| VIIe – IIIe s. av. J.-C. | Printemps et Automnes, Royaumes combattants | Les royaumes rivaux (Qi, Chu, Yan, Zhao, Qin…) construisent des murs pour se protéger les uns des autres et des nomades |
| 221 – 206 av. J.-C. | Qin | Le premier empereur, Qin Shi Huang, unifie la Chine, fait abattre les murs intérieurs et relier les murs du Nord contre les Xiongnu |
| 206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C. | Han | Extension vers l’ouest, jusqu’au désert de Gobi, pour protéger la route de la soie |
| Ve – VIIe siècle | Wei du Nord, Qi du Nord, Sui | Nouvelles sections et réparations |
| 1368 – 1644 | Ming | Reconstruction massive en brique et en pierre, surtout après la défaite de Tumu (1449) face aux Mongols |
| 1644 – 1912 | Qing | La dynastie mandchoue, venue du Nord, n’entretient plus la muraille |
Les murailles des Qin et des Han étaient faites surtout de terre damée, de pierres et de branchages ; il en reste peu de chose. La muraille des Ming, avec ses créneaux, ses chemins de ronde et ses milliers de tours, est celle que visitent les touristes, notamment près de Pékin.
À quoi servait la Grande Muraille ?
- Défendre les terres agricoles chinoises contre les raids des peuples nomades des steppes : Xiongnu dans l’Antiquité, puis Mongols et Mandchous (voir empire mongol).
- Contrôler les échanges : les passes fortifiées servaient de postes de douane et de points de contrôle des migrations.
- Communiquer : des tours de signaux transmettaient l’alerte par la fumée le jour et le feu la nuit, plus vite qu’un cavalier.
- Marquer une frontière culturelle entre le monde agricole chinois et le monde pastoral des steppes.
Son efficacité militaire a été réelle contre les petits raids, mais limitée face aux grandes invasions : les Mongols au XIIIe siècle, puis les Mandchous en 1644, l’ont franchie ou contournée. En 1644, c’est un général ming qui ouvre la passe de Shanhaiguan aux Mandchous.
Comment a-t-elle été construite ?
Des centaines de milliers de soldats, de paysans réquisitionnés et de condamnés ont travaillé sur les chantiers. Les matériaux étaient pris sur place : terre damée dans les plaines et le désert, pierre dans les montagnes, brique cuite sous les Ming. Des analyses ont montré que certains mortiers ming contenaient du riz gluant mélangé à la chaux, ce qui les rendait très résistants. La tradition chinoise conserve le souvenir du coût humain de ces travaux, notamment dans la légende de Meng Jiangnü, dont les larmes auraient fait s’écrouler un pan de mur où était enterré son mari.
Les sections les plus visitées
| Section | Situation | Particularité |
|---|---|---|
| Badaling | À environ 70 km au nord-ouest de Pékin | La plus visitée, ouverte au public en 1957, entièrement restaurée |
| Mutianyu | Au nord-est de Pékin | Restaurée, très boisée, moins fréquentée |
| Jinshanling et Simatai | À la limite de Pékin et du Hebei | Spectaculaires lignes de crête, parties partiellement d’origine |
| Shanhaiguan | Hebei, au bord de la mer | Le « Premier passage sous le ciel » et la « Tête du vieux dragon » qui plonge dans la mer |
| Jiayuguan | Gansu | Forteresse marquant l’extrémité ouest de la muraille des Ming |
Une grande partie de la muraille, hors des sites touristiques, est en ruine. L’érosion, l’agriculture et le prélèvement de briques par les villageois ont fait disparaître une part importante des murs des Ming.
Visible depuis la Lune ? Une idée reçue
On répète souvent que la Grande Muraille serait la seule construction humaine visible depuis la Lune. C’est faux : à environ 384 000 km, aucun ouvrage humain n’est discernable à l’œil nu. Même depuis l’orbite basse, à environ 400 km, la muraille, large de quelques mètres et de la couleur du terrain, est extrêmement difficile à voir sans instrument ; le premier astronaute chinois, Yang Liwei, a déclaré en 2003 ne pas l’avoir vue. Cette idée circulait d’ailleurs bien avant le premier vol spatial.
Questions fréquentes
Quelle est la longueur de la Grande Muraille de Chine ?
Toutes époques confondues, 21 196 km selon le relevé officiel publié en 2012. La muraille des Ming, la plus connue, mesure environ 8 850 km en comptant les tranchées et les obstacles naturels intégrés.
Qui a construit la Grande Muraille de Chine ?
Aucun bâtisseur unique : elle est l’œuvre de nombreux États et dynasties. Qin Shi Huang a relié les premiers murs vers 214 av. J.-C. ; les Ming ont construit la plus grande partie de ce que l’on voit aujourd’hui.
Où voir la Grande Muraille depuis Pékin ?
Les sections de Badaling et de Mutianyu sont accessibles en une à deux heures depuis Pékin. Jinshanling est plus éloignée mais plus préservée (voir Chine).