Arts · Architecture
Le Mont-Saint-Michel
Le Mont-Saint-Michel est un îlot rocheux de Normandie, au fond d’une baie aux marées géantes, couronné par une abbaye bénédictine. Lieu de pèlerinage depuis le VIIIe siècle, il est l’un des sites les plus visités de France.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le Mont-Saint-Michel est une commune et un îlot granitique de la Manche, en Normandie, situé dans la baie du même nom, à l’embouchure du Couesnon, rivière qui marque la limite avec la Bretagne. Haut de 92 mètres, le rocher est entièrement bâti : au pied, un village fortifié ; au sommet, une abbaye dont l’église est surmontée d’une flèche et d’une statue dorée de l’archange saint Michel. Inscrit avec sa baie au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, il accueille chaque année plus de deux millions de visiteurs.
Chiffres clés
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Hauteur du rocher | 92 m |
| Circonférence du rocher | environ 960 m |
| Fondation du premier sanctuaire | 708, selon la tradition |
| Arrivée des bénédictins | 966 |
| Construction de la Merveille | 1211 – 1228 |
| Inscription à l’UNESCO | 1979, avec la baie |
| Marnage maximal dans la baie | jusqu’à environ 14 m |
| Habitants permanents | quelques dizaines |
La légende de la fondation
Selon un récit du IXe siècle, l’archange saint Michel apparaît en 708 à Aubert, évêque d’Avranches, et lui demande de construire un sanctuaire en son honneur sur le mont Tombe, îlot de la baie. Devant les hésitations de l’évêque, l’archange lui aurait enfoncé le doigt dans le crâne ; un crâne percé d’un trou, attribué à saint Aubert, est conservé à la basilique Saint-Gervais d’Avranches. Un premier oratoire est consacré le 16 octobre 709. Le mont devient l’un des grands pèlerinages de l’Occident chrétien ; les pèlerins, appelés « miquelots », traversent la baie à pied.
L’abbaye à travers les siècles
| Période | Étape |
|---|---|
| 708 – 709 | Oratoire de saint Aubert |
| vers 966 | Le duc de Normandie Richard Ier installe des moines bénédictins |
| 1023 – XIIe siècle | Construction de l’église abbatiale romane, posée sur des cryptes qui forment une plateforme au sommet du rocher |
| 1204 | Incendie lors de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste |
| 1211 – 1228 | Construction de la Merveille, sur le flanc nord |
| 1421 | Effondrement du chœur roman |
| 1446 – 1523 | Reconstruction du chœur dans le style gothique flamboyant |
| 1790 – 1863 | Après le départ des moines, le mont devient une prison |
| 1874 | Classé monument historique |
| 1897 | Pose de la statue de saint Michel, d’Emmanuel Frémiet, au sommet de la flèche |
| depuis 1969 | Retour d’une communauté religieuse, aujourd’hui les Fraternités monastiques de Jérusalem |
La Merveille
Financée en partie par le roi Philippe Auguste après l’incendie de 1204, la Merveille est un ensemble gothique de deux corps de bâtiments à trois niveaux, accrochés à la paroi nord du rocher. La hiérarchie des étages reflète la société médiévale : en bas, l’aumônerie et le cellier, pour les pauvres et les provisions ; au milieu, la salle des Hôtes et la salle des Chevaliers ; en haut, réservés aux moines, le réfectoire et le cloître, suspendu au-dessus du vide, avec ses colonnettes en quinconce.
La forteresse imprenable
Pendant la guerre de Cent Ans, le Mont-Saint-Michel est la seule place de Normandie à résister aux Anglais. De 1424 à 1434 environ, ses défenseurs soutiennent un long siège ; l’île de Tombelaine, toute proche, sert de base aux assiégeants. Les remparts du village datent en grande partie de cette époque. Cette résistance fait du mont un symbole national, et l’archange saint Michel, qui serait apparu à Jeanne d’Arc, devient l’un des protecteurs du royaume.
La « Bastille des mers »
Dès l’Ancien Régime, le mont sert de prison d’État pour des prisonniers enfermés par lettres de cachet. Après la Révolution, l’abbaye devient une prison où sont enfermés des prêtres réfractaires, puis des opposants politiques au XIXe siècle, comme Armand Barbès et Auguste Blanqui. Victor Hugo et d’autres écrivains dénoncent cette situation. Napoléon III fait fermer la prison en 1863.
La baie et les marées
La baie du Mont-Saint-Michel connaît parmi les plus fortes marées d’Europe continentale : l’écart entre la haute et la basse mer peut approcher 14 mètres lors des grandes marées. À marée basse, la mer se retire à plus de dix kilomètres ; elle remonte très vite, et les sables mouvants rendent la traversée dangereuse sans guide.
Au XIXe siècle, une digue-route (1879) et des aménagements agricoles favorisent l’ensablement de la baie. Pour rendre au mont son caractère insulaire, un vaste projet est mené entre 2005 et 2015 : un barrage sur le Couesnon (2009) chasse les sédiments, la digue est détruite et remplacée par un pont-passerelle sur pilotis, ouvert en 2014. Lors des plus grandes marées, le mont redevient une île.
Visiter le Mont-Saint-Michel
- La Grande Rue, unique rue du village, monte vers l’abbaye entre maisons anciennes, boutiques et restaurants, dont celui de la Mère Poulard, célèbre pour son omelette.
- L’abbaye, gérée par le Centre des monuments nationaux, se visite toute l’année, sauf quelques jours fériés.
- Les remparts offrent des vues sur la baie.
- La traversée de la baie à pied se fait uniquement avec un guide agréé, en raison des marées et des sables mouvants.
Questions fréquentes
Le Mont-Saint-Michel est-il en Normandie ou en Bretagne ?
En Normandie, dans le département de la Manche. Le Couesnon, qui marque la limite entre les deux régions, se jette dans la baie à l’ouest du mont ; un dicton dit que « le Couesnon, dans sa folie, a mis le Mont en Normandie ».
Le Mont-Saint-Michel est-il une île ?
Il est relié au continent par un pont-passerelle, mais redevient une île lors des grandes marées, depuis les travaux de rétablissement du caractère maritime achevés en 2015.
Combien de personnes vivent au Mont-Saint-Michel ?
Seulement quelques dizaines d’habitants permanents, dont les membres de la communauté religieuse de l’abbaye, pour plus de deux millions de visiteurs par an.