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Arts · Architecture

La pyramide du Louvre

La pyramide du Louvre est une structure de verre et de métal de 21,6 mètres de haut, conçue par l’architecte Ieoh Ming Pei et inaugurée en 1989. Elle sert d’entrée principale au musée du Louvre.

Mis à jour le 4 min de lecture

La pyramide du Louvre est l’un des monuments les plus célèbres de Paris. Dressée au centre de la cour Napoléon, entre les ailes du palais du Louvre, elle a été conçue par l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei dans le cadre du projet du Grand Louvre, lancé en 1981 par le président François Mitterrand. Inaugurée en 1989 après une polémique virulente, elle abrite l’entrée principale du musée du Louvre et éclaire un vaste hall souterrain qui distribue les trois ailes du musée. Elle est devenue un symbole de la rencontre entre patrimoine et architecture moderne.

Fiche technique

CaractéristiqueDonnée
ArchitecteIeoh Ming Pei (agence Pei Cobb Freed & Partners)
CommandeProjet du Grand Louvre, 1981 – 1999
Inaugurationmars 1989
Hauteurenviron 21,6 mètres
Côté de la baseenviron 35,4 mètres
Penteenviron 51 degrés, proche de celle de la pyramide de Khéops
Vitrage603 losanges et 70 triangles de verre
Poidsenviron 200 tonnes (structure et verre)
StructureOssature en acier et câbles, nœuds en acier inoxydable
PyramidionsTrois petites pyramides autour, et une pyramide inversée dans le Carrousel (1993)

Le projet du Grand Louvre

En 1981, le Louvre est un musée vétuste et mal organisé : une entrée exiguë, peu de services, des collections dispersées dans un palais dont une aile entière, l’aile Richelieu, est occupée par le ministère des Finances. François Mitterrand annonce le projet du Grand Louvre : rendre tout le palais au musée et le moderniser. Il choisit en 1983, sans concours, l’architecte Ieoh Ming Pei, auteur de l’aile Est de la National Gallery de Washington.

Pei propose de creuser sous la cour Napoléon un vaste espace d’accueil, le hall Napoléon, d’où partent les trois ailes du musée (Denon, Sully, Richelieu), et de le couvrir d’une pyramide de verre qui fasse entrer la lumière et signale l’entrée. Les fouilles archéologiques préalables, de 1983 à 1985, mettent au jour les fondations de la forteresse médiévale de Philippe Auguste, aujourd’hui visibles dans le musée.

La polémique

Présenté en 1984 à la Commission supérieure des monuments historiques, le projet déclenche une bataille d’opinion. Des journaux, des intellectuels, des conservateurs dénoncent une « verrue », un « gadget » ou une profanation du palais des rois. Un sondage de l’époque montre une majorité de Parisiens hostiles. Pour convaincre, Pei fait monter en 1985 dans la cour une maquette grandeur nature, avec des câbles et une grue, que des milliers de curieux viennent voir.

Les défenseurs soulignent que la pyramide, transparente, ne cache pas les façades et que sa forme géométrique pure dialogue avec l’architecture classique. Après l’inauguration, l’opinion se retourne largement, et la pyramide devient l’emblème du musée.

L’architecture de la pyramide

Une forme symbolique

Pei a choisi la pyramide parce que c’est la forme qui offre le moins de volume pour une surface au sol donnée, ce qui réduit son impact visuel. Ses proportions reprennent celles de la pyramide de Khéops. La forme renvoie à l’Égypte, dont le Louvre possède une grande collection, et à la géométrie classique des jardins de Le Nôtre, dans l’axe historique qui va du Louvre à l’Arc de triomphe.

Un verre extra-clair

Pour que la pyramide soit aussi transparente que possible, Pei exige un verre sans la teinte verdâtre habituelle, due aux oxydes de fer. Saint-Gobain met au point un verre extra-blanc spécialement pour le chantier. Les losanges sont maintenus par une résille d’acier et de câbles tendus, dont les tendeurs sont issus du gréement des voiliers de course.

Le nombre de losanges

Une légende tenace prétend que la pyramide compte 666 vitres, « le nombre de la Bête ». Elle en compte en réalité 673 (603 losanges et 70 triangles), selon le musée.

La pyramide inversée

En 1993, à l’ouverture de l’aile Richelieu, Pei ajoute sous le carrousel du Louvre une pyramide inversée qui pointe vers le sol, au-dessus d’une petite pyramide de pierre. Elle a été rendue célèbre par le roman Da Vinci Code de Dan Brown (2003).

Chronologie du Grand Louvre

DateÉtape
1981François Mitterrand annonce le projet du Grand Louvre
1983Choix de Ieoh Ming Pei
1983 – 1985Fouilles archéologiques de la cour Napoléon et de la cour Carrée
1985Maquette grandeur nature dans la cour
1985 – 1988Construction de la pyramide et du hall Napoléon
mars 1989Inauguration de la pyramide
1993Ouverture de l’aile Richelieu, libérée par le ministère des Finances ; pyramide inversée
2025Annonce d’un projet de nouvelle entrée et de rénovation du musée, pour désengorger la pyramide

L’héritage

Conçue pour environ 4,5 millions de visiteurs par an, la pyramide en accueille aujourd’hui deux fois plus, ce qui pose des problèmes de saturation et de confort. Elle reste l’un des sites les plus photographiés au monde. Ieoh Ming Pei, mort en 2019 à 102 ans, l’a considérée comme l’un de ses projets les plus importants. La réussite du Grand Louvre a inspiré la modernisation de nombreux musées à travers le monde. Voir aussi le musée du Louvre.

Questions fréquentes

Qui a construit la pyramide du Louvre ?

L’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei (1917-2019), choisi par François Mitterrand en 1983. La pyramide a été inaugurée en 1989.

Combien de vitres compte la pyramide du Louvre ?

673 éléments de verre : 603 losanges et 70 triangles. Le chiffre de 666, souvent avancé, est une légende.

Pourquoi une pyramide au Louvre ?

Pour créer une entrée centrale lumineuse donnant accès aux trois ailes du musée, avec une forme géométrique simple et transparente qui gêne le moins possible la vue sur les façades historiques.

La pyramide du Louvre a-t-elle été critiquée ?

Oui, très violemment, lors de sa présentation en 1984 : de nombreux critiques y voyaient une atteinte au palais historique. Elle est aujourd’hui largement acceptée et considérée comme une réussite.

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